Un mini-bus nous prend à l’hôtel ; apparemment, ils n’ont pas été avertis que nous ne revenons pas avec eux à Hanoï et que nous aurons tous nos bagages avec nous. Mais il y a bien assez de place, nous sommes juste nous trois avec un couple allemand, accompagnés d’un chauffeur et d’un guide. ![]()
Une maison monumentale
On passe devant Lâu Đài Thành Thắng, une maison impressionnante. C’est une résidence privée monumentale construite par un entrepreneur local en béton, inspirée de la basilique Saint-Pierre du Vatican. Malgré ses dimensions spectaculaires, elle serait la résidence d’un couple et leurs deux enfants.
D’après les informations et photos visibles en ligne, l’intérieur serait luxueux à la hauteur de l’extérieur : bois précieux, marbres, dorures (parfois en or 24 carats). Le coût est estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros (souvent évoqué autour de 40 millions).
C’est un chef-d’œuvre architectural qui force l’admiration, tout en laissant un sentiment de vertige face à l’abîme social au Vietnam, où beaucoup vivent dans des maisons très étroites, parfois de moins de 1,5 m de large, avec un confort minimal.
La montagne au dragon
On nous dépose à Hang Mua, au pied de la montagne au dragon. On emprunte les près de 500 marches raides et inégales pour monter aux deux sommets. Il y a des chèvres un peu partout ; certaines sont installées sur les escaliers et attendent des caresses.
Le sommet principal, le plus haut à environ 100 mètres d’altitude, est décoré d’une statue de Quan Am (Avalokitesvara) et surplombé d’un dragon couché – le Lying Dragon.
J’ai suivi les autres touristes pour m’approcher du dragon ; j’ai été assez proche de la tête, mais l’endroit me paraît trop dangereux pour aller plus loin, surtout avec tous ces touristes qui grimpent partout et se retournent avec leurs sacs à dos. J’ai préféré redescendre.
Puis, reliés par un chemin au milieu, on se rend à l’autre sommet où se trouve une petite pagode/stupa stylisée.
La vue y est belle : la vallée plate parcourue par des rivières et des étendues d’eau, flanquée de gros monts karstiques un peu partout.
Temples impériaux
Ensuite, on visite les temples des empereurs Đinh Tiên Hoàng et Lê Đại Hành, qui sont l’un à côté de l’autre. Notre guide nous fait faire le tour en nous racontant un peu l’histoire : Đinh Tiên Hoàng a unifié le pays au Xe siècle après des siècles de domination chinoise et fondé la dynastie Đinh – il a même pris le titre d’empereur, chose rare à l’époque. Lê Đại Hành lui a succédé et a consolidé l’indépendance en repoussant les invasions.
Les temples originaux datent de cette époque, mais ce qu’on voit aujourd’hui a été largement reconstruit au XVIIe siècle. L’ensemble est calme, avec de beaux jardins bien entretenus, des autels richement décorés, des statues imposantes et ces nagas qui gardent les escaliers comme partout. On sent que c’est un lieu important pour les Vietnamiens : il y a des locaux qui viennent prier, brûler de l’encens, et le guide nous explique que ces deux empereurs sont vénérés comme des héros nationaux qui ont marqué le début de l’indépendance.
Les tunnels de Tràng An
Après un bon repas de midi dans un restaurant avec un grand buffet (où on se régale de spécialités locales comme du chèvre grillé – la région en est plein), on nous dépose au quai des grottes de Tràng An pour un tour en bateau à rames sur la rivière.
Une vieille femme nous prend en charge ; elle rame avec une force impressionnante, pieds nus, en maniant les avirons comme une pro. On glisse doucement entre les immenses montagnes karstiques qui surgissent de l’eau, dans un calme presque irréel. On traverse plusieurs grottes – certaines basses où il faut baisser la tête, dont un long tunnel sombre et frais qui débouche sur une lumière éclatante. Puis on passe près d’un petit temple isolé au milieu d’un lac : l’ambiance est magique, presque surnaturelle.
On nous dépose ensuite au temple de Cao Sơn, dédié à la divinité de la montagne qui protège la nature et l’agriculture. Le temps de visiter on reprend le bateau pour boucler la boucle.
On arrive juste à temps au mini-bus pour récupérer nos affaires : une grosse pluie diluvienne s’abat soudain. On se réfugie avec nos bagages dans un restaurant voisin pendant que le mini-bus repart vers Hanoï avec d’autres passagers à nos places vides.
En ville à Ninh Binh
On prend un Grab pour la station de bus et on passe quelques heures à attendre dans un resto sympa du coin. Comme ils ont des Bahn Mi, on ne résiste pas ! Je commande aussi un café à l’œuf (cà phê trứng), spécialité vietnamienne inventée à Hanoï dans les années 1940 quand le lait manquait : on fouette du jaune d’œuf avec du sucre et du lait condensé pour remplacer la crème. C’est onctueux, sucré, avec une mousse épaisse qui fond sur le café fort en dessous – un vrai délice. Je ne comprends pas que je n’en aie jamais entendu parler avant : les bonnes recettes voyagent !
Je me balade un peu à pied et passe devant une autre maison privée impressionnante, dans le même style extravagant que Lâu Đài Thành Thắng, mais en plus petit. Selon Google Maps, c’est appelée « White Cathedral » mais je n’ai pas trouvé d’infos précises. C’est probablement une résidence d’un entrepreneur local, inspirée d’architecture gothique ou néo-classique avec des touches blanches dominantes, typique des nouveaux riches vietnamiens.




