À peine installés, nous sortons car on a faim ! On opte pour prendre à droite vu qu’on est venus en taxi depuis la gauche. On marche 300 m jusqu’au bout de l’allée et surprise : on se trouve sur la grosse intersection de la rue du train.
Pourtant je l’avais cherchée sur Google Maps qui me l’a pointée ailleurs plus au sud ; après contrôle, il y en a deux. En tout cas, pour une entrée en la matière, c’est une belle surprise, car c’est en première position de notre liste de choses à voir.
La rue du train
La rue du train figure sur toutes les pubs touristiques de Hanoï : c’est une petite allée où le train passe littéralement entre les maisons, à quelques centimètres des façades. En temps normal, les habitants utilisent les rails comme une rue ordinaire ; aux heures de passage, ils dégagent tout à coups de sifflets.
Comme l’endroit est ultra-touristique, les maisons bordant les voies se sont transformées en petits restaurants avec des terrasses minuscules – parfois à peine 1 m de profondeur. Nous nous installons à l’un des premiers pour manger un phở, plat traditionnel emblématique du Vietnam, (qui s’avère avoir été le phở le moins bon qu’on ait eu dans tout le pays). Ce plat national est une soupe de nouilles de riz plates servie dans un bouillon très parfumé aux épices (badiane, cannelle, gingembre, cardamone, girofle…) souvent accompagné de viande et d’herbes fraîches.
On observe les touristes se balader, se photographier, et les vendeurs de tout et n’importe quoi. L’une vient vers nous avec des beignets et nous en tend un ; on pense qu’elle veut nous faire goûter. J’ai envie d’en acheter, alors on en prend : ils sont délicieux. Plus tard, on apprendra que ce geste est une technique classique pour imposer une vente – un attrape-touriste parmi d’autres.
Nous essayons de nous renseigner sur les horaires des trains : l’info reste vague, mais c’est le soir.
Je retourne donc un peu plus tard seule – les enfants n’ont aucune envie de venir. Je me promène de l’autre côté du croisement, là où la rue est un peu courbe, puis je m’installe sur une terrasse où d’autres attendent le train, dont une famille française super sympa. À la fin du menu du restaurant… on trouve les horaires du train ! Information précieuse.
Le train arrive !
C’est l’heure : le train arrive. Ça siffle de partout ; pendant bien 5 à 10 minutes, les restaurateurs se transforment en policiers, parquant les gens entre les tables des bistrots. Certains doivent même plier quelques tables.
Puis voilà qu’on entend le sifflement du train, puis le voilà enfin, phares allumés. Il passe, pas trop vite, en rasant les terrasses, les balcons et les touristes : c’est impressionnant. Les stores de certains restaurants sont juste assez hauts pour que le train passe au-dessous.
Pendant une minute, on retient tous notre souffle ; on filme, on admire, pourtant ce n’est qu’un train comme on en voit partout ailleurs. Mais il est si proche qu’on est tous en admiration à regarder passer les 14 wagons avec une locomotive à chaque bout. La fin du train passée, certains applaudissent ; d’autres se ruent sur les voies pour avoir de meilleures images ou pour récolter la pièce de monnaie ou le bouchon de bière posés sur les rails afin de se les faire aplatir.
Les trains suivants
La rue du train étant sur notre chemin pour se rendre un peu partout dans la ville, nous allons encore assister au passage du train à plusieurs reprises. Certaines fois par hasard, on se retrouve coincés au barrage à niveau ; d’autres, nous faisons en sorte d’y être au bon moment.
Cyliane m’accompagne un soir sur l’une des terrasses. Une fois alors que je rentre après avoir été tirer de l’argent, j’arrive par hasard au bon moment et j’ai juste le temps de gravir les marches pour me rendre au balcon au premier étage d’un restaurant.

