Le temps d’enfin recevoir mon visa, il n’y a plus de place dans les vols directs entre Chiang Mai et Hanoï pour les prochains dix jours. On a dû stipuler l’endroit d’entrée au Vietnam, donc nous n’avons pas le choix : il nous faut atterrir à Hanoï.
Toutes les routes mènent à Rome
La croisière sur le Mékong pour nous rendre à Luang Prabang au Laos, où se trouve un aéroport, me tente, mais c’est trois jours de croisière et notre temps de voyage est compté. Il y a certes les speed boats qui font ce voyage en un jour, mais après renseignements, les passagers portent un casque non sans raison : régulièrement, l’un des bateaux tape dans les roches qui jonchent le fond du fleuve. Et puis c’est 10-12 heures de bateau avec le bruit hurlant des hors-bords à fond : très peu pour nous.
Nous n’avons d’autre choix que de retourner à Bangkok. Les vols que je trouve, arrivée 23 h, départ 6 h, ne nous laissent même pas le temps de nous rendre à un hôtel. Je regarde les enfants et leur demande « bus de nuit ? » ; là, je vois deux visages radieux avec les pouces en l’air criant « yeah ! ».
Une nuit de plus dans le bus
Nous voilà donc partis pour une nouvelle nuit dans le bus, sur un peu plus de 600 km de route. J’ai fini par trouver un vol un peu plus tard ; comme ça, on ne risque pas de rater celui de 6 h.
Nous arrivons largement en avance à la gare routière, prenons un Grab pour l’aéroport. J’espère nous faire changer sur le vol de 6 h, mais malgré un vol plus cher payé et un appareil qui part bientôt à moitié vide, ils demandent un supplément conséquent. Tant pis : on reste sur nos vols de 10 h et on « chill » comme disent mes ados.
Nous trouvons un endroit chaud et tranquille dans l’aéroport où nous nous installons, avec vue sur le tarmac ! Par endroit chaud, j’entends un endroit où la clim n’est pas à fond. L’aéroport Don Muang à Bangkok est un vrai congélateur ; on l’avait déjà expérimenté lors de nos passages avec ma maman.
Arrivée à Hanoï
Comme tous les touristes, nous nous rendons à un bancomat de l’aéroport pour sortir quelques millions de dongs. Nous voilà millionnaires ! Mais bon, malgré les gros chiffres, ça ne vaut pas grand-chose : 1 000 000 VND = environ 31 CHF. Puis nous organisons deux cartes SIM.
Un autre touriste à côté de moi marchande un peu et obtient sa carte SIM moins chère ; du coup, je fais pareil et j’obtiens un rabais sur les nôtres. Ce n’est pas la première fois qu’un vendeur de carte SIM donne des réductions ; ça surprend toujours.
Taxi !
Pendant toute la transaction, nous avons un chauffeur de taxi qui nous tient la jambe avec l’image du logo Grab sur son téléphone. Je sais que c’est un leurre, qu’il n’est pas un chauffeur Grab. Ça fait partie des nombreux attrape-touristes vietnamiens que beaucoup avertissent sur les réseaux.
Je sais aussi que je vais me prendre la tête à essayer de trouver notre hébergement sur la carte ou d’essayer d’entrer l’adresse sans avoir les caractères vietnamiens. Je lui montre l’adresse et on s’accorde pour un prix ; puis nous le suivons à sa voiture alors que d’autres chauffeurs, qui se font aussi passer pour des chauffeurs Grab, essaient de nous convaincre d’aller avec eux.
Ça roule à droite ! Ça nous fait tout bizarre ; on devra être très vigilants. Ça fait si longtemps qu’on est dans des pays roulant à gauche qu’on a vraiment pris l’habitude : c’est devenu comme normal.
À notre arrivée, notre chauffeur essaie d’ajouter les frais d’autoroute. Je le cloue directement : quand on a convenu le prix, il savait qu’il allait passer par l’autoroute et je sais qu’il n’est pas un chauffeur Grab et que le prix convenu est plus cher que par Grab. Il n’insiste pas.
Grab est une application similaire à Uber, qui a remplacé Uber en Asie du Sud-Est. Les courses sont moins chères qu’avec les taxis ; les prix sont fixés avant de réserver la course et varient selon la distance, la demande et le trafic.
Hôtel
J’ai réservé deux nuits dans un hôtel, c’est tout. On fera comme à notre habitude : on se laisse guider. Mais d’abord, il nous faut trouver l’hôtel.
Le taxi nous dépose le long d’une allée pas mal empruntée, au niveau d’une petite ruelle (pas assez large pour les voitures) qui part dans un genre d’arrière-cour où se trouve tout un quartier. Il y a un hostel (hôtel avec des dortoirs prisés par les backpackers), mais ce n’est pas le nôtre. Impossible de trouver l’adresse ; l’employée de l’hostel essaie de nous aider et appelle un voisin, qui lui aussi n’a aucune idée. Je finis par appeler le loueur qui ne parle pas un mot d’anglais. À l’aide de Google Translate, nous communiquons par messages WhatsApp et nous trouvons le bâtiment au bord de l’entrée de la petite ruelle. Il n’y a pas de réception ; nous sommes priés de prendre la clé qui pend et de mettre le montant de la location dans un placard.
Le bâtiment est étroit et haut. Il y a une chambre par étage. La chambre pour trois est grande, jolie salle de bain, mais la literie et les linges ne sentent pas très bon. Au point où je demande au logeur si ça a été lavé ; je doute de sa réponse positive. D’ailleurs, on croisera nos voisins du dessus qui ont les mêmes doutes.
Malgré le confort de la chambre, nous prolongerons notre séjour en prenant une chambre à quatre à l’hostel voisin, au 4ème sans ascenseur. Nous la partagerons avec une femme arrivée peu après nous, apparemment bien contrariée de devoir partager la chambre avec nous au point qu’elle ne nous adressera jamais la parole.
