Quelques heures après notre arrivée à Huế, nous retrouvons Sylvie, la Française du bus de nuit, pour un petit-déjeuner partagé. Ensuite, nous partons tous les quatre vers la citadelle.
La Cité impériale
La Cité impériale de Huế est le cœur de l’ancienne capitale royale (1802-1945), classée UNESCO. C’est un immense complexe fortifié avec douves, remparts, palais, temples et jardins, construit sous la dynastie Nguyễn.
On entre par la porte principale Ngọ Môn, impressionnante avec ses cinq passages et sa tour d’observation. On suit les chemins pavés, on visite le Điện Thái Hòa (palais du Grand Harmonie, où les empereurs recevaient les dignitaires), le Tả Vũ (pavillon des cérémonies), et on lit les panneaux sur les empereurs et la pression coloniale française. Puis on passe par le Nhật Thành Lâu et le Thái Bình Lâu (deux tours élégantes), avant d’arriver au Điện Kiến Trung, le palais privé de l’empereur Bảo Đại – magnifique avec ses mosaïques colorées et son architecture franco-vietnamienne.
On revient par le Cung Diên Thọ (résidence des reines-mères) et le Thế Miếu (temple des ancêtres), mais il y a des travaux, donc on ne voit pas tout. Pour finir, on monte au premier étage de Ngọ Môn : gros tambour, cloche et trône exposés. C’est vaste, un peu fatiguant sous la chaleur, mais on sent vraiment l’histoire royale ici.
On se promène ensuite le long des murs extérieurs pour retourner vers le centre, tout en cherchant un resto sur Google Maps. On trouve notre bonheur dans un petit restaurant tout en longueur qui sert des menus traditionnels – simple, bon, pas cher.
Tour en bus rouge
On traverse le pont enjambant la Rivière des Parfums pour rejoindre le centre-ville où nous avons notre hôtel. Les bus rouges sont parqués près du pont, l’un va bientôt partir en tour complet, sans arrêt hop on hop off. On profite de l’occasion.
Nous nous installons en haut contre l’arrière, l’avant étant prise par un groupe de gens qu’on suppose venir d’Inde.
Une guide est à l’avant car nous ne suivons pas tout à fait le même itinéraire que le tour standard, donc les informations par écouteurs ne sont pas correctes. La guide essaye d’expliquer les choses mais nous l’entendons très peu à l’arrière et le comportement du groupe devant nous est juste intolérable. Ils sont debout se promènent, streament en live, parlent, rigolent, un papa debout a son fils qui doit avoir dans les 2 ans assis sur ses épaules alors que nous sommes en train de rouler ! En cas de coup de frein ou d’accident, je n’aimerais mieux pas penser à ce qu’arriverait à cet enfant. La guide continue comme si de rien n’était. Nous essayons de photographier ce que l’on peut en restant assis comme indiqué partout vers les sièges. On fera comprendre à certains qu’il serait sympa de s’asseoir afin qu’on voie aussi devant, mais ça ne change pas grand-chose.
La guide qui avait l’air ennuyée pendant tout le trajet du comportement de ces passager ne leur a pas fait une remarque. On le lui dira au moment de partir, que c’est aussi son travail de faire respecter les règles, tant pour la sécurité que pour le confort des autres passagers qui ont aussi payé leur tiquet.
Karaoke = Maisons closes ?
On se promène un peu dans la ville, mes enfants ayant passé une bonne partie de la journée sur internet (voir blog suivant), il me faut une bonne raison pour les faire sortir de l’hôtel. Un mot suffit : MIXUE
Mixue est le « Mac Do » des glaces et thés. C’est une enseigne chinoise qui a surpassé Mac Do dans le nombre de succursales. On adore et ses thés, et ses glaces, et avec la chaleur qu’il fait en Asie, on y va régulièrement.
On se promène donc dans les rues, j’achète des bananes frites délicieuses à un marchand de rue, puis nous voici traversant une rue pleine de maisons Karaoke. Mais voilà, au Vietnam c’est le nom donné aux maisons closes (Grok, à contrôler). Ce sont juste des bâtiments genre hôtel avec une réception, on ne voit rien d’autre. Rien à avoir avec les rues chaudes des villes d’Europe.
Au marché
Je commande un Grab pour nous emmener au marché. On fait un stop à l’hôtel pour déposer Timeo qui en a assez. Le taxi traverse la Rivière des Parfums et nous dépose au marché – un endroit très populaire, même le soir.
Nourriture partout au rez-de-chaussée, vêtements au premier. Les marchands nous appellent, essaient de vendre tout et n’importe quoi. Certains ont la technique : t’enfiler l’habit sans demander.
Une vieille marchande m’attrape assez fermement par le bras au moment où je passe près de son étal. Je me retourne, un peu surprise. Elle me fait signe de ranger quelques paquets tout en haut de l’étal pour elle, parce qu’elle est trop petite. Ensuite, ce sont de gros sourires et un joli selfie.
Une touriste essaie un chemisier qui me plaît ; je l’essaie et l’achète. Puis je trouve un t-shirt marrant pour Stéphane. On achète aussi des graines de lotus – il faudra apprendre à les cuisiner ou pâtisser.
Trafic routier
On reste bouche bée devant le trafic à Huế. L’intersection qui connecte le pont à la route parallèle au nord de la rivière est incroyable : les deux côtés de la route parallèle ont vert en même temps, certains vont tout droit, d’autres tournent pour le pont. Imagine le bordel avec des voitures et des centaines de deux-roues.
Eh bien non, c’est un chaos parfaitement organisé. Tout s’emboîte comme une roue dentée. On y passe plusieurs fois, et à chaque fois je m’arrête pour contempler et filmer.
Anecdote : WC du marché (ou l’art vietnamien de l’improvisation)
Ça fait partie du voyage – un moment surréaliste qui deviendra après-coup une histoire à raconter. Désolée si ça fait grimacer, mais c’est vu et vécu.
Au marché, Cyliane et moi avons besoin d’aller aux toilettes. On entre : trois parois couvertes de portes de WC turcs. Au milieu, deux grosses cuves métalliques (genre cuves à lait) avec deux ouvertures chacune. Une dame me met un seau dans la main et me fait signe de le remplir à la cuve pour rincer après usage.
Toutes deux encore devant l’entrée à regarder les cuves, on voit une dame au fond de la pièce accroupie… en train de faire pipi par terre, juste devant la porte de la dernière toilette (ouverte et libre comme toutes les autres de ce côté). Puis elle part.
Cyliane tient les sacs pendant que je vais aux WC. Et voilà qu’elle voit une autre dame aller au même endroit faire pipi par terre, toujours devant des WC libres.
À mon tour d’attendre avec les sacs : une dame se rend au fond, remplit seau après seau pour nettoyer la dernière toilette avant d’y aller… sans rincer devant la porte où les autres ont fait pipi, là où elle se tient.
Un peu perplexe, je me retourne : vue directe sur une paire de fesses ! Une dame fait pipi à l’envers sur les toilettes turques, dos tourné, porte grande ouverte.
On pensait avoir vu pas mal de bizarre aux WC, mais là, c’est le pompon.
En sortant, on croise notre vendeuse de chemisier. Je lui demande pourquoi deux dames ont fait pipi par terre devant les WC libres. Elle répond, un peu gênée et s’excusant : « Elles devaient être pressées. »







