Eric, un ami voileux suisse qui voyage beaucoup en Asie, m’avait chaudement recommandé cette petite ville et de prendre notre temps. J’ai donc réservé une chambre à trois pour plusieurs nuits dans un hostel backpacker proche du centre.
Mauvaise réservation
On arrive à l’hostel avec nos bagages, et surprise : notre réservation est pour le lendemain ! Il ne me faut pas longtemps pour comprendre l’erreur. Voyageant au jour le jour, je réserve souvent la veille au soir ; sauf que hier, il était déjà passé minuit. J’éclate de rire de ma bêtise, mais les enfants, eux, ne rigolent pas du tout : ils s’imaginent déjà dormir dans des conditions pourries.
Le réceptionniste cherche un peu et nous annonce que notre chambre est prise, mais qu’il peut nous donner une chambre pour quatre au même prix – on changera demain. Pas de souci !
L’hostel a une petite piscine près de la réception, mais personne ne s’y baigne : elle est trop exposée aux regards. Il y a une petite terrasse avec deux longues tables entre l’hostel et le trottoir ; des jeunes et moins jeunes y sont attablés pour l’apéro. Avec deux ados, on détonne un peu.
On se promène dans la rue alentour et il ne nous faut pas longtemps pour trouver un petit restaurant sympa pour le souper.
La vieille ville de Hoi An
Hoi An est une petite ville magnifique au bord de l’eau. Les vieux bâtiments sont bien entretenus ; beaucoup sont des musées ou des maisons ouvertes à la visite.
En plus du charme des maisons jaunes, des ponts et surtout du fameux pont couvert japonais (construit au XVIIe siècle par la communauté japonaise, il abrite un petit temple à l’intérieur), la ville est illuminée de lampions partout. De toutes les couleurs, suspendus aux arbres, aux maisons, aux ponts : c’est simplement magique.
Musée des produits locaux
Muséede la médecine
On achète un passe et on visite quelques maisons anciennes, le musée des produits locaux, le musée de la médecine, et on assiste même à un spectacle de musique et danse.
Il y a plusieurs temples ; on en visite certains. Hoi An est magnifique, mais c’est beaucoup trop touristique – je crois n’avoir jamais vu autant de monde concentré dans si peu d’espace.
Le soir tombe ; les lampions ajoutent encore plus de charme. Des centaines d’embarcations promènent les touristes sur la rivière Thu Bồn éclairés par des lampions. C’est presque féérique.
Location de vélos
Suivant les conseils d’Eric, on loue des vélos. L’hostel en propose ; ça tombe bien. Un vieux monsieur nous les amène devant l’entrée depuis un coin pas loin, mais je n’y prête pas vraiment attention.
On part en direction des rizières. Timeo commence à avoir des soucis avec son guidon : plus on avance, moins il répond. Il faut resserrer la vis, mais on n’a pas d’outils. On échange les vélos et on fait demi-tour pour retourner à l’hostel.
Le réceptionniste appelle le loueur ; il vient nous l’échanger. C’est là que je réalise que l’hostel n’est qu’un intermédiaire. Le loueur n’est pas très content qu’on ne soit pas venus directement chez lui et nous montre son échoppe en nous demandant de rendre les vélos là-bas.
Les jours suivants, on louera directement chez le « vieux monsieur », qui s’avère être très sympa. Me voyant seule avec deux enfants, il me demande où est mon mari. De fil en aiguille, on se rend compte qu’on a le même âge et que sa femme a deux ans de moins que moi. Le choc ! On les pensait bien plus vieux.
Balades en vélo dans les rizières
On repart, traversant à nouveau un bout de la ville. Puis nous voilà dans les rizières. On n’est pas seuls : on croise des vélos et motos, mais il y a beaucoup moins de trafic que sur la route.
On voit deux buffles ; le propriétaire est couché sur le dos de l’un d’eux en train de se reposer. On retourne sur la route le temps de traverser le pont qui nous amène à l’île de Tra Que, le jardin potager de la région.
Village potager de Tra Que
Tra Que est un petit village étendu sur une île, connu pour ses herbes aromatiques et légumes bio (coriandre, basilic, menthe…) cultivés sans produits chimiques. C’est le fournisseur historique des restaurants de Hoi An ; l’odeur des plantes est partout.
On se balade au hasard, passant devant un jardin après l’autre ; parfois on voit des gens travailler la terre.
On s’arrête dans un petit restaurant. Un groupe de touristes est en train de prendre un cours de cuisine ; le cuisinier est très marrant. Ils font une sorte d’omelette qu’ils flambent. L’omelette terminée, le cuisinier se plante en face avec une assiette et demande au touriste de lui balancer l’omelette – qu’il rattrape. On rit avec les touristes qui s’attablent pour manger.
Puis le cuisinier vient chercher Timeo : il lui fait faire la même omelette, avec les mêmes gags. Il fredonne, demande de fredonner, puis joue des timbales sur les couvercles. Timeo finit par jeter l’omelette que le cuisinier rattrape.
Le bord de mer
On retourne sur la grande route pour aller au bord de la mer. C’est similaire à tous les endroits touristiques, la seule différence vietnamienne : les paniers ronds (thúng chai), ces bateaux circulaires en osier, loués aux touristes.
Après quelques pas dans l’eau, on quitte l’endroit surpeuplé, on achète d’énormes donuts délicieux à une marchande, puis on enfourche les vélos pour rentrer à Hoi An.
Un buffle se baigne
On emprunte d’autres routes à travers les rizières pour le retour. En longeant une voie d’eau, on voit un buffle se baigner entre les feuilles de lotus. On s’approche ; le voilà qui sort de l’eau.
Café aux fruits au Tri Long Coffee
On rentre en ville au niveau d’un grand café avec une belle terrasse donnant sur les rizières. La déco a l’air sympa, on a soif, on y va. Ambiance cool ; un coin est aménagé en musée de cafetières. Des dessins rigolos sont peints sur les murs.
La carte des cafés est impressionnante pour nous, Européens : café à l’œuf, à la coco, à la banane, à la mangue, à l’avocat, et même café salé ! Soyons fous : on goûte au café à la mangue. On nous sert un smoothie à la mangue sur lequel on coule un café vietnamien. Le doux du fruit enlève l’amertume ; c’est bon !
Ils proposent aussi des cours de café à l’œuf ou salé, que j’aurais bien fait sur place, mais c’est dans leur succursale en ville. Je laisse tomber.
Les temples Cao Đài
En retournant vers la vieille ville, on passe devant une église que j’ai déjà vue ailleurs ! En cherchant dans mes photos, je la retrouve à Huế, puis au loin en bas des Montagnes de Marbre. C’est exactement la même !
Je me renseigne : ce sont des temples Cao Đài. Cette religion vietnamienne syncrétique mélange bouddhisme, taoïsme, confucianisme, christianisme et même spiritisme. Elle vénère un panthéon très large (Bouddha, Jésus, Victor Hugo, Jeanne d’Arc…). Le temple le plus connu est celui de Tây Ninh, près de Ho Chi Minh-Ville, avec sa cérémonie colorée où les fidèles s’habillent tout en blanc.
Je vais la voir d’un peu plus près, les colonnes de la porte principale sont ornées de dragons ; de chaque côté, un soldat blanc et un coloré, style temples chinois. À l’intérieur, pas de bancs : des coussins blancs alignés. La déco est très colorée.














