Le village de la soie


On sort une seconde fois de la ville pour visiter le village de la soie. À l’arrivée, on nous invite à rejoindre un groupe pour un petit tour guidé.

Les vers à soie

L’œuf éclot après 10-12 jours. Le ver mue quatre fois en 6-8 jours avant de tisser son cocon avec un seul fil continu. 10-12 jours plus tard, il coupe le cocon pour sortir et devient un papillon (ressemblant à un papillon de nuit).

On voit l’élevage : les vers sont triés par taille, tous en train de dévorer des feuilles de mûrier. Puis les cocons, vides et pleins, et quelques papillons qui n’ont pas survécu. Ils tissent dans des grilles de branches posées sur l’élevage au bon moment. C’est marrant: certains cocons sont jaunâtres, d’autres blancs.


Le filage

Les cocons sont plongés dans l’eau bouillante avant que le papillon n’éclose. Une fois le papillon sorti, le cocon est inutilisable car le fil est coupé. L’eau bouillante tue le ver et ramollit la soie pour dérouler le fil sans le casser.

Avec des baguettes, une personne relie le début du fil à la machine. Ils combinent une quinzaine de fils pour faire un fil à tisser (selon l’épaisseur voulue). On voit les cocons se dérouler dans l’eau pendant que la fileuse fabrique le fil. Une personne actionne la machine, une autre enlève les cocons vides et en rajoute.


Le tissage

Après teinture, on passe aux métiers à tisser. Ils ont de très larges, actionnés par une pédale pour faire passer le fil d’un côté à l’autre. D’autres dames travaillent sur de petits métiers pour faire de longues et étroites « écharpes » (en vietnamien, ce sont des khăn quàng cổ ou khăn lụa – des écharpes fines décoratives pour les áo dài traditionnels).

Ces métiers sont manuels ; les fils de couleurs sont pendus à des coraux qu’elles montent et descendent selon le motif. Elles actionnent les pédales et tapent avec un bois pour serrer le tissu. Elles avancent de 2 mètres par jour – un travail patient.



Reconnaître de la soie

Ensuite, la guide nous explique comment tester la soie. Elle pose différents tissus sur la table ; on doit trier : soie pure, mélange, synthétique. On se fait avoir presque à chaque fois.

Le vrai test : brûler un bout. Si la flamme ne prend pas et que ça sent les cheveux roussis, c’est de la soie. Les mélanges soie/synthétique sentent pareil mais brûlent plus facilement.

Je me vois mal mettre le feu aux habits pour vérifier…


Combien de vers tués pour un mètre carré ?

Pendant la visite, je réalise vraiment le nombre énorme de vers sacrifiés pour un tissu. J’ai demandé combien de cocons pour 1 m² ; ils n’ont pas pu me répondre précisément (ça dépend de l’épaisseur du fil), mais c’est beaucoup.

Quand j’en parle à la guide, elle me répond un peu gênée : « Ces vers sont élevés exprès pour ça. Dans la nature, très peu survivraient jusqu’au stade papillon. »

C’est vrai, mais ça reste impressionnant et triste aussi.


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