Rodrigues

Après avoir payé les frais de biosécurité et amené la quittance au bureau concerné, nous nous promenons dans les rues de Port Mathurin. Ça fait du bien de se dégourdir les jambes.


Port Mathurin


Les rues du centre sont organisées en quadrillage. Ça a l'air bien pensé : elles sont à sens unique et une rue sur deux va dans le même sens.

À un peu plus de 14 heures, les petits bistrots sont déjà fermés. Nous trouvons un restaurant au premier étage. D'après la carte et les prix, c'est un établissement plutôt haut de gamme. Tant pis pour le budget, après cette fin de traversée peu glorieuse, on a envie de mettre les pieds sous la table.

L'office du tourisme se trouve dans un joli bâtiment colonial. Juste en face se dresse la maison où logeaient les administrateurs lorsqu'ils venaient de Maurice. La porte du mur l’entourant est malheureusement toujours fermée et il m'est difficile de faire une photo du bâtiment, De ce qu’on en aperçoit, il semble très beau.

Concert d’oiseaux de fin de journée


Un petit air de Nouvelle-Calédonie


En passant devant un kiosque, ça me rappelle la Nouvelle-Calédonie. Certes, les bâtiments ne sont pas les mêmes, mais le kiosque, la flore et le climat me donnent une impression de déjà-vu.

Les enfants doivent ressentir la même chose, car ils me demandent s'il y a une bibliothèque comme à Nouméa. Comme le hasard fait bien les choses, nous passons justement, quelques minutes plus tard, devant la bibliothèque de la ville.

Pendant que les hommes visitent les quincailleries, les enfants et moi partons flâner dans les rayons de livres. Timeo n'étant pas très lecture, il s'installe à une table et profite de la Wi-Fi.


Le Créole


Quand les gens parlent, c'est une véritable mélodie ! Même les Blancs ont l'accent créole en parlant français. J'adore ! Même si je ne comprends pas grand-chose.

Quand on entend des gens parler, on tend l’oreille, essayant de grapiller quelques mots par-ci par-là. 

On s'amuse à lire les panneaux. Parfois, il nous faut un peu de temps pour comprendre. Leur façon d'écrire les mots comme ils se prononcent est géniale.


Sur les hauteurs de Port Mathurin


Port Mathurin est plutôt plat, mais dès qu'on s'éloigne un peu du centre, ça grimpe sérieusement. Rodrigues est une île montagneuse dont le point culminant, le mont Limon, atteint 398 mètres d'altitude.

Cyliane et moi montons sur les hauteurs de la ville pour admirer la vue depuis la statue de la Reine de Rodrigues. On sent que nos jambes ont perdu l'habitude de bouger, mais ça fait du bien !

L’endroit rappelle un parc, il est joliment aménagé avec plusieurs coins pique-nique couverts d’un toit. Quelques locaux y sont regroupés et profitent de ce chouette endroit et de la magnifique vue sur Port Mathurin. On voit même OLENA et SERENITY au mouillage !

Le petit fort de Pointe Canon est aux abords du parc. On se promène autour des quelques bâtiments construits en pierres de basalte. Il n’y a rien de très spécial, mis à part le canon.

Devant l’entrée du parc, construit dans le contour de la route, se trouve la station météorologique.


Le PEROS BANHOS


Les autorités portuaires autorisent les bateaux de passage à s'amarrer au port de commerce tant que le bateau de ravitaillement n'est pas là. Nous profitons d'y rester quelques jours. C'est toujours agréable d'avoir pied à terre, et les enfants peuvent rentrer plus tôt lorsque nous traînons un peu trop en ville.

Au bout de quelques jours, nous devons aller mouiller à l'extérieur du port pour la nuit, car le bateau ravitailleur est attendu au petit matin.

Nous sommes derrière le récif, mais il ne nous protège pas de la houle. Nous passons une nuit bien mouvementée et gardons la VHF allumée au cas où, car nous ne sommes pas loin du chenal qui mène au bassin du port.

Au petit matin, alors qu'il fait encore nuit, j'entends le PEROS BANHOS appeler les autorités portuaires. Ce nom me surprend : c'est celui d'un atoll des Chagos que nous aurions aimé visiter, mais dont l'accès nous était malheureusement interdit, des Chagossiens s'y étant installés illégalement.

Une fois le cargo amarré, nous retournons au port. Cette fois, nous mouillons dans le bassin portuaire. Pour aller à terre, nous amarrons notre annexe à quelques mètres à peine derrière le cargo, en passant sous ses énormes amarres. Jamais nous n'avions approché un cargo d'aussi près ! A nos passages, les matelots s’amusent à nous faire de gros signes.

Quelques jours plus tard, lorsqu'il quitte le port, nous devons à nouveau aller mouiller quelques heures à l'extérieur afin de faciliter sa manœuvre.


Les horaires rodriguais


Cette petite île nous plaît beaucoup. Les habitants sont accueillants, l'ambiance est authentique et la nature magnifique.

La vie y est paisible. Les magasins ferment tôt et les gens prennent le temps de vivre.

Nous avons croisé une Mauricienne qui nous a confié adorer venir à Rodrigues. Elle nous a dit :

« C'est si calme ici, les commerces ferment vers 15 ou 16 heures. À Maurice, on doit travailler jusqu'à 17 heures ! »

J'ai esquissé un sourire. Ce qu'elle dit de Rodrigues est tout à fait vrai. Quant à la vie à Maurice, je me suis simplement dit qu'elle n'avait encore jamais dû aller en Suisse !




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