Traversée Maurice – La Réunion

Après quelques semaines à Maurice, il est déjà temps de reprendre la mer. La Réunion n'est qu'à 136 milles nautiques de Port-Louis. Une petite traversée, du moins sur le papier.

Nous quittons Maurice un dimanche matin en compagnie de notre bateau ami SERENITY. Les prévisions annoncent du vent soutenu et une mer bien formée, mais rien d'inquiétant.


Épidémie de mal de mer

À peine sortis de la protection de l’île, les premiers symptômes apparaissent.

Cyliane est la première victime. Pour éviter que la situation ne s'aggrave, elle se couche et ne bouge pratiquement pas de toute la traversée. 

Stéphane ne tarde pas à suivre le même chemin. À chaque fois qu'il se lève pour venir m'aider à changer une voile ou effectuer une manœuvre, il finit par nourrir les poissons.

En fin de journée, la mer se renforce encore. C'est alors au tour de Timeo de suivre le mouvement.

Me voilà donc pratiquement seule aux commandes d'OLENA, entourée d'un équipage dont la principale activité consiste à rester couché et d’attendre impatiemment l’arrivée.


Le popcorn de la discorde

Avant que Timeo ne succombe à son tour au mal de mer, je nous prépare du « popcorn tropical », une recette découverte grâce à nos copains du bateau OCELOT. De petits morceaux de noix de coco fraîche frits puis salés. C'est délicieux.

Enfin, pour ceux qui ont encore l'estomac solide. L'odeur de coco, et surtout celle de l'huile de coco chaude, achève littéralement Cyliane et Stéphane.

Devant le succès mitigé de cette expérience culinaire, je renonce à préparer le repas du soir. À la place, je fais un service à la demande : un bouillon par-ci, une soupe de nouilles chinoises par-là.

Avec l'état de la mer, circuler dans le bateau devient d'ailleurs un exercice à part entière. Pour passer du carré au cockpit, j'utilise une bonne largeur du bateau, rebondissant d'un côté à l'autre comme si j'avais abusé du rhum.


De longs quarts de veille

Comme je ne suis pas fatiguée et que Stéphane est complètement hors service, je prends de longs quarts de veille.

SERENITY naviguant entre un et trois milles de nous, nous gardons également un œil sur lui. Le trafic maritime est faible, ce qui permet à Jost, seul à bord, d'espacer un peu ses rondes et de grappiller quelques moments de sommeil.

De mon côté, j'enchaîne les heures à surveiller l'horizon, les grains et les écrans.

À un moment, j'essaie tout de même d'aller me coucher. J'abandonne au bout de deux heures, n’arrivant pas à dormir. En entendant le réveil de Stéphane sonner toutes les dix minutes, je sais qu'il est couché dans le cockpit et qu'il effectue une ronde à chaque sonnerie.

Je finis donc par ressortir et reprendre la veille jusqu'au lever du jour. Ce n'est qu’à l’aube que je peux enfin aller dormir quelques heures. Et cette fois, je dors vraiment.


Une traversée bien secouée


Tout au long du trajet, nous naviguons dans une houle croisée de deux à trois mètres, agrémentée de quelques vagues cassantes encore plus grosses.

Le vent souffle entre force 5 et 6 Beaufort, avec de nombreux grains montant régulièrement à force 7.

Nous nous faisons abondamment doucher et secouer. Heureusement, la traversée est courte.

Le lundi matin, nous arrivons à la marina dans la ville du Port. Après seulement vingt-cinq heures de navigation, nous retrouvons la terre ferme. Et, surtout, trois estomacs qui espèrent ne plus voir de vagues pendant un bon moment.


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