Les tortues de la Réserve François Leguat


Nous louons une voiture pour deux jours. Notre première visite nous emmène de l'autre côté de l'île, à la découverte des célèbres tortues.


Des animaux disparus

À une époque, Rodrigues abritait plusieurs espèces animales aujourd'hui disparues à cause des activités humaines. Les plus connues sont les tortues géantes. Avec leur long cou, elles pouvaient atteindre près d'un mètre cinquante de hauteur. Les navigateurs les embarquaient sur leurs navires, car elles étaient faciles à conserver vivantes. Elles leur fournissaient ainsi de la viande fraîche pendant de longues semaines.

Le second animal emblématique est le Solitaire de Rodrigues, un gros oiseau incapable de voler, cousin du Dodo mauricien. Son histoire ressemble beaucoup à celle de son célèbre cousin. Les colons et les marins les ont chassés jusqu'à leur disparition. Les rats arrivés à bord des bateaux ont ensuite achevé le travail en dévorant leurs œufs, entraînant également la disparition de plusieurs perroquets endémiques et d'autres espèces d'oiseaux.

Pour redonner à l'île un aspect proche de celui qu'elle avait autrefois, la réserve a introduit plusieurs espèces de tortues géantes, notamment la tortue géante d'Aldabra, des Seychelles, ainsi que des tortues de Madagascar.

Certaines espèces malgaches sont aujourd'hui victimes d'un important trafic dans leurs pays d’origine. Là-bas, les soigneurs gravent un numéro sur leur carapace afin de les identifier et de diminuer leur valeur sur le marché noir. C'est quand même triste, une fois de plus, on est obligé de mutiler légèrement des animaux pour mieux les protéger.

Les tortues importées de Madagascar portent un numéro, celles nées ici n’en portent pas.


Les tortues


La visite se fait en groupe, avec un guide. La première chose que l'on reçoit est… un casque de chantier! Sur le moment, ça surprend. Nous comprendrons pourquoi à la fin de la visite.

Notre guide nous emmène à travers le parc en racontant quantité d'anecdotes sur les tortues. Ce n'est pourtant pas notre première visite dans un sanctuaire de tortues, mais ici, j'en apprends davantage sur ces animaux que lors de toutes nos visites précédentes.

Saviez-vous que les tortues boivent en aspirant l'eau par les narines ? Ou encore qu'une eau trop froide peut leur provoquer une infection respiratoire, un véritable "rhume" de tortue ?

Nous nous promenons parmi elles. Nous pouvons même les caresser, ce qu'elles semblent apprécier. Elles ne sont pas enfermées dans des enclos. Le parc occupe le fond d'une ancienne grotte dont le plafond s'est effondré. 

Certaines sont regroupées et dorment, d’autres se promènent et quelques-unes se nourrissent.

En remontant les escaliers qui permettent de sortir du ravin, je remarque qu'il n'y a toujours aucune clôture. Intrigué, je pose la question. Les tortues peuvent effectivement grimper jusque-là, et certaines le font. Seul le pourtour du parc est clôturé afin qu'elles ne quittent pas la réserve. À l'intérieur, tout est laissé aussi naturel que possible.


En revanche, les espèces les plus menacées par le braconnage sont protégées dans un enclos. Il s'agit d'une ancienne volière qui accueillait autrefois des roussettes, les grands renards volants de Rodrigues, avant leur remise en liberté.



La flore

Le parc se situe dans l'une des régions les plus sèches de l'île. Depuis des années, la réserve mène également un important travail de reboisement. Les équipes replantent des espèces endémiques, ou des espèces très proches de celles qui ont disparu après des siècles d'exploitation du bois par les différentes puissances coloniales.

La disparition de la forêt a progressivement asséché les sols, les rendant beaucoup plus arides.

Une fois de plus, on est témoin des conséquences des activités humaines. Pendant longtemps, les ressources ont été exploitées sans vraiment penser aux conséquences.

Aujourd'hui, la flore du parc est magnifique. Au milieu de cette région sèche, c'est un véritable petit havre de verdure.


François Leguat

La réserve porte le nom de François Leguat, un huguenot français qui séjourna à Rodrigues à la fin du 17ème siècle. Il a laissé un récit très détaillé de l'île telle qu'elle était avant les grandes transformations causées par l'homme. Ses descriptions des tortues géantes, du Solitaire de Rodrigues et de la végétation constituent aujourd'hui une source précieuse pour comprendre l'écosystème d'origine de l'île.


La Grande Caverne


Notre groupe est séparé en deux pour visiter la grotte. Après une courte attente, c'est enfin notre tour de pénétrer son immense entrée pour aller découvrir les stalactites et stalagmites. 

Le chemin est aménagé et éclairé. Au fur et à mesure de notre progression, le guide allume puis éteint les lumières derrière nous.

Par endroits, le passage est étroit d’ailleurs, il faut faire attention à ne pas se cogner la tête. Voilà pourquoi nous avons reçu un casque au début de la visite.

Quelques marches mènent finalement à une porte qui débouche sur le plateau.

Il existerait de nombreuses autres cavernes dans cette région de Rodrigues, mais seules quelques-unes sont ouvertes au public.


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