Pont suspendu
La route passe à la fin d'un grand ravin. C'est là que se trouve un pont suspendu fait de câbles. On voit quelques personnes le traverser. Demi-tour : il faut qu'on essaie ça.
Jost et les enfants sont enthousiastes. Stéphane décide de passer son tour et d'amener la voiture de l'autre côté, puisque le pont est à sens unique. Quant à moi… j'hésite. C'est quand même assez impressionnant.
Nous voilà équipés de nos harnais pendant que l'employé nous explique comment traverser. Jost s'élance aussitôt. Les enfants suivent en gardant un peu de distance. Moi, je ferme la marche, en me demandant franchement ce que je fais là.
Le sol est constitué de deux câbles sur lesquels sont posées des planches d'une vingtaine de centimètres de large et d'environ deux mètres de long. La consigne est simple : une seule personne par planche. Malgré ça, le pont vacille énormément. Je pose soigneusement mon pied au milieu, mais ça bouge comme si je marchais sur un fil. Et mes gamins, devant, s'amusent évidemment à faire osciller le pont !
Deux câbles passent de chaque côté à hauteur des mains, auxquels on peut se tenir. Un troisième sert de ligne de vie pour accrocher notre harnais.
À mi-chemin, une plateforme permet de faire une pause. Parfois, ils y installent même une balançoire. Se balancer au-dessus d'un tel ravin… je ne suis pas certaine d'avoir envie d'essayer !
La vue est superbe. Le ravin est couvert de végétation. En contrebas, un cochon fait tranquillement la sieste. Plus loin, une dame lave son linge dans un bassin naturel. On se fait un petit coucou.
Une église en forme de bateau
En récupérant nos harnais, l'employé nous conseille de faire quelques kilomètres en arrière pour aller voir une église dont la forme rappelle un bateau.
Effectivement, son architecture est originale. Ses murs en pierres de basalte évoquent une coque renversée, tandis que la toiture renforce cette impression.
Elle trône seule, un peu en hauteur, en dehors du village. On en fait un peu le tour pour profiter de la vue, qui n’a rien d’exceptionnel.
Le clin d'œil au monde maritime est réussi. Nous avons bien fait de faire le détour, même si je ne ferais pas des dizaines de kilomètres uniquement pour la voir.
La plus grande cathédrale de l’Océan Indien
Nous passons ensuite devant la cathédrale de Saint-Gabriel, souvent présentée comme la plus grande de l'océan Indien.
Construite en basalte, la pierre volcanique de l'île, elle surprend par ses joints très marqués qui lui donnent beaucoup de relief.
Sa construction a duré plusieurs décennies et les habitants ont largement participé aux travaux, transportant eux-mêmes pierres, sable et matériaux à dos d'homme jusqu'au chantier. Quand on connaît la topographie de Rodrigues, on imagine facilement le travail que cela a représenté.
L’ossature métallique qui soutient son toit est très présente. La plupart des îles que nous visitons au cours de notre voyage ont des toits soutenus par ces structures métalliques. Ça me surprend toujours, sachant qu’elles se trouvent sur le passage des cyclones.
Mont Limon
Avec ses 398 mètres d'altitude, le mont Limon est le point culminant de Rodrigues.
Pas besoin d'être un grand randonneur pour atteindre son sommet. La route monte presque jusqu'en haut, il ne reste qu'une quinzaine de minutes à monter les marches d’un petit sentier.
Après avoir profité de la belle vue panoramique depuis la plateforme, on s’aventure un petit bout sur le sentier qui commence à descendre de l’autre côté. Ça a l’air de nous amener sur la route en contrebas. On décide de faire demi-tour, le sentier est bien plus agréable que la route.
Trou d’Argent
Le Trou d'Argent est l'un des sites les plus connus de Rodrigues. Évidemment, nous allons y faire un tour.
Il s'agit d'une magnifique petite crique, coincée entre les falaises. Les rochers sculptés par l'océan et les eaux limpides rendent l'endroit vraiment superbe.
Avant d'y arriver, une longue plage s'étend le long de la côte. À notre grande surprise, elle est complètement déserte.
Jost et moi nous aventurons sur la plage. Sur l’un des côtés, une formation rocheuse forme un creux dans lequel on s’assoit un moment pour profiter du paysage à l’ombre.
Chez Solange et Robert
Lorsque l'on cherche un restaurant local, un nom revient sans cesse : Chez Solange et Robert. L'endroit ne paie pourtant pas de mine. Une simple paillote installée au bord de la plage, juste avant le Trou d'Argent.
Nous avons un peu mal organisé notre visite et passons devant beaucoup trop tôt. Finalement, nous décidons d'y revenir plus tard, décision que nous ne regretterons pas.
À notre arrivée, du pain, des saucisses et du poisson grillent sur un barbecue fabriqué à partir d'un demi-fût métallique. C'est toute la cuisine !
Nous avons de la chance : il reste une table libre. La serveuse nous apporte un petit morceau de papier écrit à la main. C'est le menu du jour. Jost choisit le poisson. Quant à nous, nous optons pour des saucisses créoles fumées accompagnées de frites, de pain grillé et d'une salade de papaye.
Le service est assez lent. La cuisine est petite, le couple prépare tout lui-même et le restaurant affiche complet. Un panneau prévient même les clients qu'il est inutile de demander combien de temps ça prendra.
Mais l'attente est largement récompensée. Le poisson est pêché du jour, les saucisses sont faites maison et le menu change selon les produits disponibles.
Nous devons l'avouer : de tout notre séjour à Rodrigues, Chez Solange et Robert est notre meilleure table. Une adresse que nous recommandons sans hésiter… et où nous retournerions avec plaisir.
Une carrière de corail
En passant juste à côté d'une ancienne carrière de corail, je demande à faire une halte.
Apparemment, je suis la seule que ça intéresse.
Le corail pousse sous l'eau. Alors comment peut-il y avoir une carrière située à plus d'une centaine de mètres du rivage et bien au-dessus du niveau de la mer ?
En réalité, Rodrigues est une ancienne île volcanique qui s'est lentement soulevée au fil des millénaires. D'anciens récifs coralliens se retrouvent aujourd'hui à l'air libre. Ce corail fossilisé a longtemps été extrait pour servir de pierre de construction ou pour fabriquer de la chaux.
Je trouve toujours fascinant de tomber sur ce genre d'endroit qui raconte l'histoire de l'île bien mieux qu'un panneau explicatif.








