Après une magnifique semaine à Rodrigues, il est déjà temps de repartir.
Des vagues, mais dans le bon sens
La mer est toujours aussi formée que lors de notre arrivée, mais cette fois les vagues viennent de l’arrière. Le comportement du bateau est complètement différent. Ça secoue toujours, mais beaucoup moins violemment. Certaines vagues nous font même surfer avec une belle accélération. Malheureusement, trois estomacs sur OLENA supportent mal cette mer agitée.
Le ciel reste instable. Des grains nous rendent régulièrement visite, accompagnés de pluie. Curieusement, sous les grains, les vagues s’aplatissent un peu tandis que le vent augmente à peine.
Le trafic maritime est assez dense. La plupart des cargos semblent faire route vers Singapour.
Quand la météo change d’avis
Durant la nuit, le vent diminue progressivement.
Plus le vent faiblit, plus la grand-voile claque d’un bord à l’autre au rythme de la houle. Vers deux heures du matin, nous finissons par démarrer les moteurs.
Ce qui nous agace un peu, c’est que les prévisions ont changé après notre départ. Lorsque nous avons annoncé notre départ aux autorités, comme exigé vingt-quatre heures à l’avance, le manque de vent était prévu uniquement pour le jour de notre arrivée prévue à Maurice. Le matin du départ, les prévisions confirmaient encore ce scénario. Une fois en mer, elles ont changé, le tout a avancé d’un jour. C’est trop tard pour modifier nos plans.
Les cargos et pétroliers sont nombreux sur l’AIS, mais aucun ne se trouve sur notre route.
Les vagues se calment petit à petit. Au réveil, les trois estomacs sont enfin remis sur pied. La vie reprend à bord.
Arrivée nocturne
Le manque de vent nous ralentit davantage que prévu et nous comprenons rapidement que nous n’atteindrons pas Port-Louis avant la nuit.
Avec notre bateau ami SERENITY, nous décidons de passer quelques heures au mouillage à Mon Choisy avant de rejoindre le port au matin. Comme il est équipé d’un sondeur orienté vers l’avant, SERENITY ouvre la route.
Peu après la passe, la situation devient confuse. SERENITY évite un bateau au mouillage puis découvre au dernier moment un second bateau, un navire de pêche, sans aucun éclairage.
Le radar de SERENITY est en panne, le nouveau en cours de livraison. Le nôtre affiche une large zone rouge devant nous. Nous remarquons qu’il présente un décalage, problème que nous corrigerons plus tard. Nous pensons donc observer le récif décalé sur l’écran et ne réalisons pas qu’il y a en réalité deux bateaux dans la zone. Heureusement Jost nous en informe.
Vers trois heures trente du matin, nous avons finalement tous deux franchi la passe sans encombre et mouillé derrière le récif.
Une nuit pas vraiment reposante
Peu après avoir mouillé l’ancre, je profite encore quelques instants de la magnifique lumière de la lune depuis la plage arrière.
C’est alors que j’aperçois une forme étrange dans l’eau derrière le bateau. J’éclaire avec ma lampe de plongée. Un rocher. Puis un deuxième. Puis plusieurs autres.
L’eau est d’une telle transparence qu’il est impossible de savoir à quelle profondeur ils se trouvent réellement. Ils paraissent juste sous la surface.
Une chose est certaine : nous n’avons probablement pas choisi le meilleur endroit pour passer la nuit. Mais déplacer le bateau dans l’obscurité au milieu des rochers ne semble pas être une meilleure idée.
Nous décidons donc de rester où nous sommes et d’aller dormir. Enfin... essayer de dormir. Je passe une bonne partie de la nuit à écouter le moindre bruit suspect et à vérifier régulièrement notre position.
Bienvenue à Maurice
Peu après le lever du soleil, nous remontons l’ancre et faisons route vers Port-Louis.
SERENITY reçoit rapidement l’autorisation d’entrer dans le canal.
Pour nous, c’est différent. Les autorités nous demandent d’attendre à l’extérieur pendant une demi-heure car il leur manquerait un document. Pourtant, nous avons envoyé exactement les mêmes formulaires que SERENITY.
Une fois l’autorisation obtenue, nous le rejoignons. On s’amarre à couple à SERENITY, devant les restaurants du front de mer. C’est ici que les autorités mauriciennes nous attendent pour effectuer les formalités d’entrée. On est en plein centre-ville !

