Les îles sont belles, la flore est magnifique, le lagon est un peu plus bleu foncé que turquoise, mais il reste beau. Les gens sont souriants et ont l’air accueillants, mais, vu la courte durée de notre escale, nous n’avons pas vraiment eu le temps de tisser de liens.
Par contre, ce que les gens ont fait de ces îles est dommage. Des déchets partout, des bidonvilles, des voitures et autres engins qui ne fonctionnent plus simplement abandonnés au bord de la route. Si une voiture finit dans un petit ravin en bord de route, elle y reste et y rouille.
Les gens n’y peuvent pas grand-chose concernant les bidonvilles. Dans une très grande pauvreté, ils font ce qu’ils peuvent. C’est juste que nous sommes en sol français et que ça surprend.
Je me demande aussi quelle part de ce que nous voyons est la conséquence du cyclone Chido, passé vingt mois plus tôt. J’ai entendu des gens dire qu’Internet n’était toujours pas rétabli dans certaines parties de l’île. Mais j’ai aussi lu que Chido aurait détruit le plus gros bidonville français, donc il y en avait déjà avant le cyclone.
Cyclone Chido
Partout en bord de mer, on voit des épaves. Les dégâts causés par Chido sont encore très visibles.
Le cyclone, très dévastateur, a frappé Mayotte en décembre 2024. Selon Météo-France, le dernier cyclone d’une violence comparable remontait à 1934. Les rafales ont dépassé 200 km/h sur le territoire et ont pu approcher les 250 km/h dans les zones les plus exposées.
On nous explique qu’une centaine de bateaux se trouvaient au mouillage à Dzaoudzi et qu’après le cyclone, seuls sept y étaient encore, dont deux sans dommage. Beaucoup de bateaux ont été détruits ou emportés.
On nous raconte aussi que beaucoup de personnes ne croyaient pas vraiment au passage du cyclone et pensaient qu’il allait mourir sur Madagascar. Lorsque Chido a contourné Madagascar, il ne restait plus beaucoup de temps pour se préparer.
Le bilan humain aurait été assez lourd et particulièrement difficile à établir. On entend parler de personnes mortes dans les bidonvilles et enterrées rapidement, notamment en raison des pratiques religieuses.
Vingt mois après, les traces du cyclone sont encore bien présentes.
L’histoire de Mayotte
L’histoire de Mayotte est assez différente des autres îles colonisées.
Mayotte fait géographiquement partie de l’archipel des Comores. Ayant été envahis au fil des siècles par plusieurs pays, le sultan des Comores cède l’île à la France en 1841, notamment pour la protéger des attaques extérieures. La France établit ensuite progressivement son protectorat sur les autres îles des Comores.
En 1946, l’ensemble de l’archipel des Comores devient un territoire d’outre-mer français. Puis arrive la période de décolonisation.
En 1974, la France organise un vote sur l’indépendance des Comores, les résultats sont comptés par île. Alors que les 3 autres îles votent l’indépendance, Mayotte choisit de rester française, vote qui sera à nouveau confirmé par d’autres votes.
Les trois autres îles devenues indépendantes, les habitants des Comores résidant à Mayotte sans nationalité française deviennent progressivement des étrangers soumis au droit de l’entrée et du séjour. La séparation politique a transformé une circulation interne à un même territoire colonial en frontière internationale entre Mayotte française et les Comores indépendantes.
Aujourd’hui encore, une grande partie de la population étrangère de Mayotte est comorienne, parce que les conditions de vie y sont perçues comme meilleures.
Suite à divers votations, Mayotte devient officiellement le 101e département français en 2011.
Déçus par Mayotte
J’avoue, sur ce point, je pense qu’on a notre part de responsabilité de cette déception.
Nous aimons voyager et nous laisser surprendre. Mais là, aucune idée pourquoi, on s’était imaginé Mayotte. Grosse erreur ! Si on s’imagine quelque chose à l’avance, on risque la plupart du temps de finir déçu, même si on est plutôt du genre à voir le verre à moitié plein.
Mayotte: territoire français… Nous sommes déjà passés par plusieurs territoires français d’outre-mer, donc on s’attend un peu à retrouver ce qu’on connaît déjà. Les numéros de téléphone commencent par le même indicatif que celui de La Réunion et les bateaux sont immatriculés à La Réunion. On s’imaginait donc un peu une ambiance de La Réunion en musulman, avec un lagon similaire à ceux en Polynésie.
Rien de tout ça. C’est l’Afrique, avec un vrai dépaysement qui nous ravit, car c’est justement ce que nous aimons en voyage. Mais le reste nous plaît beaucoup moins : une très grande pauvreté, un sentiment d’insécurité assez présent et énormément de déchets.
On nous déconseille fortement de rester sur Grande-Terre une fois la nuit tombée. Certains voileux ont même reçu le conseil de ne pas louer de voiture pour se promener seuls sur Grande-Terre. Personnellement, même après avoir traversé par erreur un quartier qui ne nous inspirait vraiment pas confiance, nous n’avons pas fait de mauvaise rencontre. Heureusement !
Quant au lagon, il est beau, certes, mais ça n’a rien à voir avec les eaux turquoise de Polynésie que nous avions imaginées. Et, suite au cyclone, on voit encore des épaves un peu partout à marée basse.
Mais comme déjà dit, c’est un peu notre faute. Ne jamais s’imaginer à l’avance un lieu qu’on va aller visiter !

