Premiers pas à La Réunion

Tout le séjour à la marina


La Réunion n’a malheureusement pas de véritable mouillage. Même si, vue de loin, l’île ne donne pas cette impression, ses sommets dépassent les 3’000 mètres et la pente descend progressivement jusqu’à la mer, puis continue sous l’eau. Les fonds deviennent rapidement trop profonds, sauf à de rares endroits qui ne sont pas protégés. C’est bon pour une sortie à la journée, mais pas vraiment pour y séjourner.

Nous n’avons donc pas d’autre choix que de nous rendre à la marina de la ville du Port, la seule équipée pour accueillir des bateaux de voyage de notre taille.

Les tarifs de la marina sont plutôt ceux pratiqués en Europe qu’en Asie. Aïe, le budget va en prendre un coup !


Une bonne place… en dehors de la marina

Nous sommes amarrés dans le chenal qui mène à l’un des bassins de la marina. Il n’y a pas de place pour les bateaux de passage dans le bassin et l’autre est réservé aux monocoques. Ça fait partie de la marina et la place est facturée au même prix que dans le bassin. Jost décide d’amarrer SERENITY devant nous, même si l’endroit ne semble pas très accueillant, plutôt que d’aller dans le bassin prévu pour les monocoques.

Finalement, nous ne sommes pas si mal placés ! Les sanitaires sont proches, ainsi que les différents services : magasin d’accastillage, soudeur, voilerie…

Et, surtout, les lampes du port éclairent bien l’endroit. C’est plutôt rassurant, contrairement à une place tout au bout d’un ponton de la marina.

Pour couronner le tout, malgré les panneaux d’interdiction de pêche collés tous les dix mètres, des pêcheurs locaux s’installent sur le ponton flottant. Tous les jours, le même pêcheur sympathique vient passer la journée entre OLENA et SERENITY. Sans le vouloir, il nous donne un peu l’impression d’avoir quelqu’un qui garde un œil sur les bateaux pendant nos absences.


Attention à la délinquance

Nous suivons les recommandations de la marina : nous vidons le cockpit de tout ce qui pourrait tenter des personnes mal intentionnées de monter à bord pour s’en emparer.

Pour le 14 juillet, nous ne suivons toutefois pas la recommandation de décrocher les canots de survie. Il paraît que des jeunes sont déjà venus les ouvrir pour s’emparer des fusées de détresse, et que cela s’est produit plusieurs fois les années précédentes.

Le ton est donné : on nous met en garde contre la délinquance et on nous déconseille même de traverser certains quartiers de la ville à pied la nuit.


Un lieu de rencontre

Nous sommes amarrés en face d’un ancien bar qui a visiblement eu pas mal de succès. Aujourd’hui, il est fermé, mais tous les soirs, des habitants de tout âge viennent s’installer sur l’ancienne terrasse ou au bord du quai, avec vue directe sur nos bateaux.

Ils se retrouvent entre amis, parfois en famille avec les enfants – qui viennent parfois papoter avec Timeo – avec des boissons, de la nourriture et beaucoup de bonne humeur.

On les entend rire et passer du bon temps. Pendant les matchs de la Coupe du monde, on les entend même crier à chaque but, malgré l’heure très tardive.

Personnellement, ça ne nous dérange pas du tout. Ils sont dans la bienveillance et, de toute façon, nous sommes souvent encore réveillés. Stéphane se rend chez Jost pour regarder les matchs importants et les enfants les rejoignent pour la finale.

Chaque jour, ce sont de nouvelles personnes, mais toujours des gens qui semblent heureux d’être là.

On s’était un peu inquiétés en voyant toutes les recommandations de prudence, mais pour l’instant, nous n’avons que de bonnes expériences.

Le seul point négatif, ce sont les déchets. Des poubelles se trouvent à moins de cinq mètres du bord du quai, en direction de l’ancien bar. Malgré cela, la plupart laissent tout sur place : bouteilles vides, emballages de nourriture…


Un accent bien français

Mais ce qui nous surprend le plus à notre arrivée, c’est l’accent des habitants.

Ils n’ont pas l’accent créole que nous avons entendu à Maurice ou à Rodrigues. Ils parlent français avec un accent qui nous paraît tout simplement… français ! Même ceux qui parlent créole à la maison.

On a vraiment l’impression d’être en France, ce qui n’est finalement pas si étonnant : La Réunion est un département et une région d’outre-mer français.


Découverte de la ville du Port


Le lendemain de notre arrivée, les hommes sont occupés à récupérer leurs colis et à faire la maintenance des bateaux. Je pars donc seule en ville à la recherche de cartes SIM pour Jost et nous.

Aucune information concernant l’achat de cartes SIM ne se trouve encore dans la super application de partage d’informations entre voileux NoForeignLand.com.  La marina me conseille de me rendre au supermarché Carrefour.

Je me rends à l’autre bassin, amarre l’annexe à côté d’un bateau que nous avons déjà croisé à Maurice, puis je fais les deux kilomètres qui me séparent du centre commercial à pied, tout en découvrant cette nouvelle destination.

Je passe dans une petite ruelle avec de jolis restaurants, puis pousse la porte d’une église pour jeter un œil à l’intérieur.

Un petit tour du supermarché me donne un premier aperçu de ce que nous pourrons trouver ici. C’est la France, mais en beaucoup plus cher !

J’apprends que les marchandises importées sont soumises à des taxes spécifiques, notamment l’octroi de mer. Les taux varient selon les produits, et peut monter jusqu’à 25%, ce qui explique en partie les prix plus élevés.

On trouve également des produits créoles, mais leurs prix sont dans le même registre que ceux des produits importés.

Pas de cartes SIM ici. On me conseille d’aller en centre-ville, chez Free.

Sans Internet, je suis bien contente d’avoir consulté Google Maps avant de partir de la marina et d’avoir téléchargé les cartes hors ligne. Le magasin ferme dans vingt minutes, il faut que je me dépêche !

J’arrive chez Free à temps. Les cartes sont à commander sur un automate dans le magasin. L’un des employés m’aide avec les adresses à entrer et me fait ainsi gagner du temps.

Trois cartes SIM plus tard, je retourne aux bateaux. Nous sommes enfin à nouveau joignables !


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