Mayotte, un sacré dépaysement


De l’exercice pour arriver à terre

Nous posons pied à terre au Yacht Club vers Dzaoudzi. Arriver à terre est un peu un challenge en ce moment. Le passage de Chido en décembre 2024, l’un des cyclones les plus puissants ayant frappé Mayotte ces dernières décennies, a notamment arraché les pontons.

Le Yacht Club a installé un ponton flottant un peu plus loin de la terre, car à marée très basse, la partie proche du rivage est à sec. Un bout de ponton flottant, que l’on tire d’un bout à l’autre, sert de liaison jusqu’au mur. La marée est assez basse, nous devons grimper une échelle improvisée, bricolée avec des pneus de voiture, nous tenir à différentes cordes tout en faisant attention à l’aller-retour de la corde qui sert à déplacer le bout de ponton de liaison, qui est au chemin puisque la poulie est attachée au même endroit.

Petite séance d’escalade avant même d’avoir commencé la journée !



Taxis partagés pour l’aéroport

Nous sommes accueillis au Yacht Club par l’un des tenanciers, qui nous donne les formulaires et toutes les informations nécessaires. Après avoir rempli la paperasse, il est temps d’aller à l’aéroport faire tamponner tout ça.

Les taxis se trouvent non loin de là, sur le débarcadère de la barge qui relie Petite-Terre, où nous sommes, à Grande-Terre. Ici, les taxis sont partagés et le prix est par personne. À Petite-Terre, peu importe la course, c’est 2 €. Parfois, ils attendent d’être au complet pour partir. Nous prenons un minibus dans lequel se trouvent déjà quelques personnes qui attendent.

L’aéroport est petit. Sur les tableaux sont indiqués trois vols : deux vers et depuis la France en passant par La Réunion, et un autre en provenance d’Afrique. Il y a peu de monde, nous ne sommes pas dans les heures d’arrivée et de départ.

La police aux frontières prend nos papiers et nos passeports pour nous les ramener quelques minutes plus tard. La clairance est déjà terminée. Bienvenue en France, les formalités y sont toujours faciles et rapides !


Le centre-ville de Labattoir


On reprend un taxi pour le centre-ville. Le chauffeur nous pose directement devant le magasin qui vend les cartes SIM, en récupérant des passagers au passage. C’est pas mal ces taxis partagés, c’est un mix entre les transports en commun et les taxis, avec les avantages des deux.

Les employés de l’enseigne téléphonique sont adorables, et nous partons vite dans de chouettes conversations. Mais le reste de la ville, soyons francs, ne nous plaît pas vraiment. C’est très sale, peu accueillant. Peut-être nous attendions-nous à un endroit un peu similaire à La Réunion ? Rien de ça. Ça a l’air assez pauvre.

Ici, c’est l’Afrique musulmane. Nous sommes un peu surpris, car on s’attendait à retrouver davantage l’ambiance des îles françaises comme La Réunion ou la Martinique… en plus musulman. Mais on est aussi surpris positivement, car le dépaysement et les changements de culture, c’est justement une des raisons pour lesquelles on voyage.

On se promène un peu dans le centre-ville, puis on pousse jusqu’au supermarché Carrefour, histoire de voir ce qu’il y a et à quel prix.

C’est cher ! Comment se fait-il que le même supermarché soit bien plus cher à Mayotte qu’à La Réunion ? Surtout que les Mahorais, sans parler des expatriés français, sont bien plus pauvres que les Réunionnais.


Barbecue du Yacht Club


Les vendredis soirs, c’est BBQ au Yacht Club ! Les locaux, les habitants des bateaux au mouillage et les voileux de passage se regroupent pour partager un repas.

Le Yacht Club est bien organisé : il y a une cuisine commune ouverte à tous, un grand grill fait de deux fûts et une plancha à gaz. Chacun amène sa nourriture, certains plats sont partagés. Les boissons se prennent au bar du club, qui est ouvert tous les jours !

Nous y retrouvons CATCH US, qu’on avait connu aux Maldives. Il nous raconte son voyage par les Seychelles, la Tanzanie et Zanzibar. Nous faisons aussi connaissance avec SABRE II, qu’on a déjà croisé plusieurs fois aux Maldives sans jamais faire connaissance.

On partage également de bons moments avec les locaux. Quant aux enfants, il y a deux ados de leur âge sur place : l’un est en vacances, l’autre vit ici sur un bateau.

On réalise aussi que les communautés de personnes qui vivent à l’année sur leur bateau, tout en restant sur place et en faisant véritablement leur vie ici, on en a surtout rencontré dans les îles françaises. C’est assez amusant de voir que certains ont fait du bateau leur maison tout en ayant une vie presque aussi sédentaire que n’importe qui à terre.

Le mouillage du Yacht Club est proche de la piste de l’aéroport



Mode vestimentaire atypique


Les Mahoraises ont un mode vestimentaire assez particulier, elles peuvent s’habiller à l’occidentale un jour, puis porter une tenue traditionnelle le lendemain.

Les femmes portent souvent des tenues dans un beau tissu très coloré ou décoré, le salouva. C’est une grande pièce de tissu cousue sur un seul côté, qu’elles nouent autour de la poitrine. 

Elles portent également souvent un kishali, qui est un genre de châle. Certaines le nouent autour de la tête, un peu comme un bandana, d’autres le portent simplement sur les épaules.

Certaines femmes portent aussi des couvre-chefs qui, vus de loin, nous font penser à des bonnets de bain ou de nuit, avec une bordure élastique assez large. 

Certaines femmes ont le visage barbouillé d’une poudre jaunâtre. C’est le m’sindzano, un masque de beauté traditionnel à base de poudre de bois de santal. Il sert à protéger la peau du soleil et peut être appliqué sur tout le visage ou en motifs.

Quant aux hommes, certains portent une longue tunique, le boubou, ainsi qu’un petit chapeau brodé, le kofia.


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