Grand Baie nous plaît beaucoup et nous y resterions bien plus longtemps, mais notre guindeau est déjà arrivé à La Réunion, ainsi que plusieurs colis pour Jost.
La douane nous veut dans le pays pour dédouaner les colis, sinon ils vont être retournés à l’expéditeur.
Il est donc temps de retourner à Port-Louis pour y faire notre clairance de sortie.
Marina pleine malgré notre réservation
Cette fois, nous réservons une place à la marina de Caudan.
À notre arrivée, surprise : le bassin est plein et nous sommes déjà en dehors des horaires de bureau. Nous nous amarrons donc devant les restaurants, comme à notre arrivée.
Il y a pas mal de vagues lorsque des bateaux passent. Elles ricochent contre les murs, ce qui les fait durer un bon moment. On fait avec.
Nous faisons la clairance le lendemain matin et ils nous autorisent à rester sur place une nuit supplémentaire.
La Citadelle, enfin ouverte !
Une fois la clairance terminée, nous profitons enfin d’aller visiter la Citadelle.
C’est le nom donné au fort qui trône au-dessus de Port-Louis, officiellement appelé Fort Adélaïde. Il est construit par les Britanniques entre 1834 et 1840, à une époque où ils craignent notamment une attaque française, mais aussi des troubles dans la ville.
Cette fois, nous sommes pendant les horaires d’ouverture et pouvons visiter l’intérieur.
Comme les autres touristes, on fait le tour des remparts, on regarde l’intérieur de certains bâtiments par les fenêtres et on profite surtout de la vue.
Le fort est construit en pierres de basalte et possède encore ses anciens canons et différents bâtiments militaires. Depuis les remparts, la vue est impressionnante : Port-Louis, son port, la mer et les montagnes tout autour.
La Citadelle devait être une forteresse importante pour défendre la ville, mais elle n’a finalement pratiquement jamais eu à combattre. La menace française s’éloigne et le fort perd rapidement une grande partie de son utilité militaire.
Aapravasi Ghat
Il y a plusieurs musées que j’aurais voulu visiter avec les enfants, mais comme à notre arrivée, nous sommes à nouveau en week-end.
Nous visitons donc le seul des musées que j’avais listés qui est encore ouvert.
Après l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique, les plantations mauriciennes ont besoin de main-d’œuvre. Les Britanniques mettent alors en place un système de travailleurs engagés sous contrat, principalement venus d’Inde.
À leur arrivée en bateau, ils débarquent à l’Aapravasi Ghat, un dépôt d’immigration situé au bord du port. Ils y sont enregistrés, examinés et répartis avant de rejoindre les plantations ou leur employeur. Le site sert aussi de point de départ pour certains travailleurs envoyés ensuite vers d’autres colonies.
Aapravasi Ghat, c’est aujourd’hui ce qu’il reste de cet ancien dépôt, transformé en musée. Le lieu raconte l’histoire de ces hommes, femmes et enfants venus travailler à Maurice, mais aussi celle du système de travail sous contrat qui s’est ensuite répandu dans de nombreuses colonies.
Entre 1834 et 1920, près d’un demi-million de travailleurs engagés arrivent à Maurice par ce site, marquant profondément l’histoire et la population de Maurice.
Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2006.
Olena, Olena, Olena !
Au petit matin, encore à moitié dans notre sommeil, nous entendons une voix appeler le nom de notre bateau.
C’est le douanier qui nous demande l’autorisation d’accoster un autre bateau au nôtre.
N’ayant plus de place pour d’éventuelles arrivées, nous avions prévu le coup en mettant des pare-battages, indiquant qu’on pouvait s’amarrer à nous.
Un catamaran arrive de La Réunion. L’équipage est super sympa. Il s’agit de plusieurs couples, le catamaran étant en copropriété.
L’un d’eux rentrent à La Réunion en avion d’ici quelques jours. Nous espérons nous revoir.
Petit retour sur l’île Maurice
L’île est très belle, la population multiculturelle et accueillante, le climat parfait.
On se sent bien à Maurice ! J’y serais bien restée un peu plus longtemps.
Au début, on se méfiait un peu après avoir lu qu’un bateau se serait fait siphonner son carburant et en voyant les barbelés autour des parkings de centres commerciaux et des temples. Mais jamais nous ne nous sommes sentis en danger et nous n’avons eu aucun problème.
Ce qui nous a beaucoup étonnés, c’est à quel point la culture française est encore présente, alors que Maurice n’a été française qu’environ 95 ans, contre 158 ans sous domination britannique, jusqu’à son indépendance en 1968.
Et pourtant, le français est partout : dans les conversations, les médias, les enseignes… Il côtoie le créole mauricien et l’anglais, qui reste la langue officielle et celle de l’administration et de l’enseignement.
Les Britanniques ont largement conservé les usages et les institutions hérités de la période française, ce qui explique en partie cette étonnante continuité.




