Goidhoo et ses requins

On part au nord-est, cap sur l’atoll de Goidhoo, où un voileux nous a dit avoir fait ses plus belles plongées.


Rasfari

C’est trop loin pour y arriver en un jour, on s’arrête donc à Rasfari, un petit lagon formant le pourtour de l’atoll Malé Nord. Arrivant assez tôt dans l’après-midi, Jost et moi partons faire un peu de snorkeling, espérant trouver les raies mantas, absentes en ce moment.

L’île possède une longue jetée. On voit trois hommes en train d’arroser quelque chose. Il n’y a aucun bâtiment, juste une grosse antenne qui interpelle, car il n’y a aucune île habitée aux alentours. On a lu qu’il est interdit d’aller à terre : ce serait une île gouvernementale.

En nous mettant à l’eau à différents endroits, nous tombons sur une ferme de corail. Ils sont en train de créer un nouveau récif.



A l’eau avec les requins nourrices


Après six heures de traversée, nous voici mouillés dans un petit lagon à côté de la passe entrant dans l’atoll de Goidhoo. On a dû s’y reprendre à trois fois pour entrer dans ce petit lagon : il n’y a pas de passe et les divers waypoints trouvés contenaient des patates de corail un peu trop hautes à mon goût.

À nouveau, nous ne sommes que Jost et moi pour aller faire du snorkeling. On se rend directement dans un mini-lagon aux requins nourrices perdu au milieu d’un grand banc de sable. Apparemment, ils seraient nourris par les opérateurs qui amènent régulièrement des touristes.

Le banc est peu profond et le bruit du hors-bord en attire plusieurs. Ils nous suivent, ça fait drôle. Arrivés en bordure du mini-lagon, on mouille l’ancre et on se prépare. Une bonne dizaine de gros requins nourrices nous tournent autour, c’est impressionnant. On les observe un moment avant d’avoir le courage de nous mettre à l’eau.

Couchés dans moins d’un mètre d’eau, des requins nous passent carrément dessous. On se hâte de rejoindre le lagon, qui est plus profond. Là, devant nous, se trouve l’épave d’un bateau à moteur ; à peine plus loin, celle d’un vieux voilier local en bois. Tous deux ont été coulés ici pour rendre le lagon plus intéressant à explorer en snorkeling.

Les requins se promènent, certains sont vraiment très gros. L’un d’eux a un hameçon planté sur le côté de la gueule. C’est dommage qu’on ne puisse pas le lui enlever. On le reconnaît de loin : il est toujours accompagné d’un petit attroupement de poissons jaunes rayés de noir qui nagent autour de sa tête.

L’endroit nous plaît. On y retournera plusieurs fois, avec les enfants, en snorkeling et même une fois en plongée pour finir nos bouteilles après une autre immersion. Les bulles de notre respiration éloignent un peu les requins.



Plongées vers la passe


Venus ici pour plonger, on va découvrir la passe et ses deux côtés. Toujours dans le courant, il nous faut quelqu’un en sécurité de surface. On décide de plonger à quatre, un binôme après l’autre. Cyliane n’a pas le choix, elle doit plonger avec nous. Rassurez-vous, elle ne s’en plaint pas.

Jost et moi sautons en premier. On fait un bout de chemin pendant 45 à 50 minutes avant de remonter. Selon l’endroit, Cyliane et Stéphane continuent depuis notre point de sortie ; parfois, on retourne à l’endroit où l’on s’était mis à l’eau.

Pour chaque sortie plongée, on passe plus de deux heures en mer. Mais notre organisation fonctionne à merveille et les plongeurs peuvent profiter sans souci.

Je trouve certains endroits un peu monochromes, dans le sens où les coraux durs ont plus ou moins les mêmes couleurs. Mais les structures sont intéressantes. On croise aussi d’autres bateaux de plongée.



Sortie plongée

Ancrés devant la ville de Goidhoo, on engage Alba et son bateau pour aller plonger sur le récif à l’est de Goidhoo. Tony de NO MORE TEARS et Khaled, de NISMA, nous accompagnent.

Comme à notre habitude, je plonge avec Jost, tandis que Stéphane plonge avec Cyliane. Timeo n’est pas très motivé par la plongée ces temps-ci ; il préfère rester à bord d’OLENA pour jouer à Minecraft.

C’est une plongée dérivante. On se laisse porter par le courant. Jost et moi descendant un peu plus profond, on perd rapidement les autres de vue, car les courants n’ont pas la même force selon la profondeur.

De retour sur le bateau, on reste encore un moment à admirer les dauphins qui sautent juste à côté des nombreux bateaux de pêche.



Snorkeling

On passe pas mal de temps à faire du snorkeling avec Jost.

On n’a pas vu les fameux poissons chauve-souris qui seraient nourris par les opérateurs lorsqu’ils viennent avec des touristes. On aperçoit bien quelques groupes de visiteurs, mais on les évite, n’appréciant pas de snorkeler au milieu de la foule. On rate donc ces poissons, mais ce n’est pas grave, on en a déjà vu beaucoup en plongée.

On va voir leurs fameux « coraux roses ». Je cherche l’endroit en repérant une couleur rosée, mais ce n’est pas ça. Il s’agit en réalité de magnifiques coraux en forme de salade qui émergent à marée basse. Nous y allons à marée haute et il y a juste assez d’eau pour passer au-dessus.

D’ailleurs, j’y découvre une jolie langouste. Jost la prendrait bien, mais heureusement pour elle, il n’a pas de gants. Quant à nous, nous préférons les voir vivantes sur les fonds marins que dans l’assiette. Je ne dis pas qu’on ne les aime pas, c’est un peu comme les crevettes.

D’ailleurs, savez-vous que les langoustes sont parfois surnommées les cafards des mers ?

Timeo nous accompagne une fois, on profite de faire un petit tour sur un banc de sable.


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