Retour à l’atoll d’Ari

Dérive pour faire le plein

Il est temps de mettre le cap au sud. D’abord, on passe par la petite île de Thoddoo, située entre l’atoll de Goidhoo et celui d’Ari, notre destination. L’endroit n’est pas propice au mouillage : les récifs du pourtour sont peu profonds et les fonds plongent rapidement dans les abysses.

On coupe le moteur et on se laisse dériver. Stéphane prend les jerricanes d’essence et part faire le plein, car ils en ont sur l’île. Pendant ce temps, je surveille notre dérive et corrige notre trajectoire, revenant parfois légèrement sur nos pas.

SERENITY arrive à son tour et se met également en dérive pendant que Stéphane va remplir son jerricane.



Maavaru, ses raies mantas et son corail


On s’arrête dans un petit atoll faisant partie du pourtour nord-ouest de l’atoll d’Ari. L’endroit est réputé pour ses raies manta et ses récifs coralliens.

On mouille non loin du fameux « caillou aux mantas », suffisamment loin tout de même pour ne pas se retrouver au milieu du ballet des touristes qui passent durant la journée. Mais il s’avère qu’il n’existe pas qu’un seul caillou : tous les petits amas rocheux disséminés dans le secteur sont des « cailloux aux mantas ». Les opérateurs déposent leurs clients autour de nos deux bateaux, selon l’endroit où se trouvent les raies.

Avec Jost, on se met plusieurs fois à l’eau. Les fameux cailloux sont à 15 ou 20 mètres de profondeur. On les distingue parfaitement depuis la surface, mais c’est un peu profond pour les snorkeleurs. On aperçoit plusieurs mantas. Elles se promènent, s’arrêtent quelques instants au-dessus d’un amas rocheux, puis poursuivent leur chemin.

Une fois les mantas parties, je retourne vers OLENA. Un opérateur juste à côté me fait de grands signes: une manta est en train de venir droit sur moi.

On part aussi explorer l’extérieur du récif. On se laisse dériver dans le courant en tirant l’annexe derrière nous. Stéphane se joint à nous pour découvrir les récifs de la côte est de l’atoll.



La belle épave de Fesdu


Suivant les recommandations de Shahym, on se rend dans le petit atoll de Fesdhoo. L’intérieur est un peu profond, alors on franchit une barrière de corail pour entrer dans un lagon moins profond.

Quelque part là-dehors se trouve la célèbre épave de Fesdu. En cherchant, j’ai trouvé deux coordonnées GPS complètement différentes. L’une des deux est-elle correcte ? En plus, il y a du courant, ce qui ne facilite pas les recherches. Heureusement, les bateaux de croisière de plongée sont là.

Le temps que nous soyons prêts à partir, plusieurs dhonis ont déjà déposé leurs plongeurs sur l’épave. On s’approche, Jost et moi sautons à l’eau et... suivons les petites bulles des plongeurs ! Ainsi, on arrive pile sur l’épave. Par contre, c’est la foule.

On visite l’épave puis on rejoint le petit récif voisin, qui remonte jusqu’à quelques mètres de la surface. Le récif est magnifique. Voilà enfin la vie sous-marine dont je me souvenais aux Maldives.


Le site n’est pas très grand, mais chacun trouve sa place. Entre-temps, il y a bien sept dhonis en surface, soit une bonne centaine de plongeurs sur le même site.


Puis arrive une raie manta.


Étonnamment, personne ne bouge. Personne ne lui nage derrière pour essayer d’être au plus près. Chacun reste à sa place, admire et filme le spectacle. Elle vient vers nous, passe tout près de Jost, puis va évoluer devant d’autres plongeurs. Elle déambule presque comme un mannequin, prenant soin d’être vue par tout le monde.

Je suis agréablement surprise. J’ai souvent eu de mauvaises expériences avec certains groupes de plongeurs asiatiques. Dès qu’ils apercevaient quelque chose, ils se ruaient dessus pour filmer, sans égard pour les autres. Une fois, leurs mouvements brusques m’avaient même arraché masque et détendeur. Là, la grande majorité des plongeurs sont asiatiques et tous, sans exception, se montrent très respectueux.

Une fois hors de l’eau, c’est au tour de Stéphane et Cyliane de plonger. Ils descendent le long du récif, visitent l’épave puis remontent le magnifique tombant. À lui seul, ce site vaut le détour.

Le lendemain, tous les bateaux de croisière sont partis, nous laissant seuls sur le site. On en profite. À nouveau, nous plongeons chacun notre tour. Sans la foule, c’est tellement mieux. Cette fois, la manta rend visite à Stéphane et Cyliane. Ainsi, nous l’avons tous vue.



Mandhoo, moins accueillante


Shahym nous a donné tellement d’informations sur l’atoll d’Ari que j’ai enregistré les points GPS sans vraiment me souvenir de tous ses commentaires. On s’arrête à Mandhoo pour la nuit. Dans mon souvenir, il avait dit que c’était un endroit sympa.

On se rend à terre et l’ambiance est différente des autres îles locales. Les habitants paraissent plus distants. On se promène dans le village. L’école n’a plus que ses murs, mais les dessins qui les décorent sont très réussis.

Le premier restaurant ne sert que des nouilles. Traduction : des paquets de nouilles instantanées bon marché auxquels ils ajoutent un peu d’oignon, un œuf et parfois du poulet. On poursuit notre balade.

À la pointe sud de l’île se trouve un resort. On se renseigne auprès d’un garde. Oui, il est ouvert aux visiteurs, mais c’est cher : le buffet coûte environ 50 USD par personne. Il nous conseille un autre restaurant et nous accompagne même pour nous montrer où il se trouve. Malheureusement, le cuisinier n’est pas sur l’île et ils ne servent pas de repas pour le moment.

Nous rebroussons chemin et allons souper à bord.



Dhangethi pour la dernière fois


Jost voulant absolument retourner plonger à Dhangethi, et nous souhaitant faire passer à Cyliane son cours Advanced, nous voici de retour.

Cette remontée puis redescente de l’atoll d’Ari a définitivement enterré notre projet d’explorer davantage l’atoll de Malé Sud et de retourner dans sa baie aux dauphins.

Malheureusement, nous arrivons au mauvais moment. L’ancienne cheffe d’Elina part bientôt à Singapour pour un salon de la plongée et n’a pas le temps de donner le cours. Tant pis, Cyliane le fera ailleurs.

Jost part plonger avec le centre. Pendant ce temps, Timeo et Stéphane profitent de faire une petite plongée sur l’épave proche du mouillage.



Centre médical


Quant à Cyliane et moi, nous partons faire une petite visite au centre médical du village.

Nous avons toutes les deux attrapé une infection, probablement à cause des plongées. Cyliane souffre d’une otite et moi d’une cystite. Rien de grave, mais autant profiter d’avoir un médecin à proximité plutôt que d’attendre d’être loin de tout.

C’est amusant, l’uniforme du personnel ressemble à un maillot de football. Chacun porte un grand numéro dans le dos et son nom en plus petit. En les croisant dans la rue, je pensais qu’ils faisaient partie d’une équipe sportive.

Ordonnances en main, nous nous rendons dans une première pharmacie. Il s’agit en réalité d’un coin aménagé dans un autre centre médical, avec quelques médicaments sur une étagère. Ils ont ce qu’il faut pour Cyliane, mais rien pour moi. Ils n’ont pas non plus de monnaie sur mon billet de 500 rufiyaa (environ 33 USD) et ne prennent pas la carte.

La pharmacie ferme dans vingt minutes. Je vais acheter une bouteille d’eau à l’épicerie voisine pour faire de la monnaie, mais eux non plus n’ont pas de quoi changer mon billet. Me voilà bien embêtée.

C’est alors qu’arrive un plongeur du centre voisin, avec qui nous discutons souvent. Lorsque je lui demande où je pourrais faire du change, il prend mon billet, monte sur son scooter et revient quelques minutes plus tard avec la monnaie. Mieux encore, il me rapporte exactement la somme nécessaire pour payer la pharmacie.

Nous nous rendons ensuite dans une seconde pharmacie qui vient d’ouvrir. Ici, les horaires sont variables et beaucoup de commerces ferment pendant les heures de prière.

La pharmacie est toute petite elle aussi. Le pharmacien ouvre plusieurs boîtes mais finit par réunir juste assez d’antibiotiques pour mon traitement. Quelle chance ! Je me voyais déjà devoir chercher dans plusieurs îles.



Ciao Dhangethi


Notre serveur préféré ayant quitté l’île, on visite le restaurant voisin

Après quelques jours, il est temps de quitter notre île préférée.

On s’arrête en dérive pendant quarante-cinq minutes près de l’île voisine, Dhigurah, dans l’espoir de remplir quelques jerricanes de diesel. Malheureusement, il n’y a personne à la pompe et personne ne répond au téléphone.

Stéphane revient bredouille.


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