Goidhoo
On rejoint les NISMA à l’ancrage devant la ville de Goidhoo. Suivant les recommandations des copains passés avant nous, on contacte Alba, un local très serviable qui aime s’occuper des voileux. Rendez-vous est pris le lendemain matin pour aller visiter la ferme.
Alba nous attend au port à l’heure convenue. Il possède un tricycle avec deux places à l’avant et a installé deux planches dans la benne arrière pour servir de bancs. C’est ainsi qu’il nous fait découvrir son île.
Visite de la ferme
On commence notre tour par la visite de la ferme, ou plutôt des fermes.
Des Bangladais ont loué des parcelles pour y faire des plantations. Au début, les propriétaires leur demandaient un pourcentage des bénéfices. Bizarrement, ils ne faisaient jamais de bénéfices. Ils ont donc changé de système et leur font payer un bail. Depuis, tout se passe bien.
Chacun a son coin et ses récoltes. On se promène à travers les champs en récoltant d’énormes choux chinois – qu’ils appellent salade et qui sont excellents crus – des concombres, des potirons, des aubergines, une sorte d’épinards et des bananes plantains. Nous sommes étonnés de voir tous ces légumes pousser dans un sol sableux. Certes, le sable est mélangé avec le peu de terre formée par la végétation, mais au toucher, ça reste du sable.
Alba fait le lien entre les fermiers et nous pour les paiements.
Tour du village
Ensuite, il nous fait faire un petit tour du village.
Comme Goidhoo ne produit que des bananes plantains, il commence sa visite en nous emmenant chez des habitants afin que nous puissions leur acheter quelques bananes à manger crues. Ils les font venir par régimes d’une autre île et nous en vendent volontiers quelques-unes. Nous recevons également quelques mangues.
Puis il nous emmène voir le récif extérieur. Des dauphins sautent au loin. Il nous explique que l’endroit regorge de thons, raison pour laquelle il y a toujours beaucoup de bateaux de pêche.
L’île possède également un étang et il nous en montre les abords.
Après avoir visité quelques échoppes, on termine sur la terrasse d’un bistrot local où nous invitons Alba pour le repas de midi, car il refuse tout paiement pour sa visite guidée.
Tour de pêche
Les hommes engagent Alba pour sortir faire un tour de pêche. Tony, de NO MORE TEARS, arrivé entre-temps, se joint à eux.
Chacun est équipé de ses cannes ou lignes à main, et les voilà partis en espérant attraper quelques thons.
Sur le tombant se trouve déjà un bon nombre de bateaux. Les pêcheurs sont sur le pont et pratiquent tous la pêche à la ligne à main. Alba leur explique que le gouvernement interdit la pêche au filet. Quand on voit les ravages que peuvent provoquer les filets, on salue cette réglementation qui préserve les fonds marins et les espèces.
Ils constatent que la technique locale fonctionne bien : ça mord et les pêcheurs remontent pas mal de poissons. Par contre, leur propre méthode, qui consiste à traîner les lignes tout en avançant le long du tombant, ne donne rien. Ils rentrent bredouilles, mais ont passé un bon moment.
Visite de l’île voisine
On décide ensuite de faire un saut à l’île voisine. Les NISMA y ont rencontré une famille allemande qui se réjouit de faire notre connaissance.
Notre annexe à peine amarrée près du centre de plongée, le propriétaire nous invite à monter dans son caddie de golf. Il veut nous conduire chez les Allemands.
La famille, qui a deux filles adolescentes et un garçon plus jeune, nous accueille dans la maison qu’elle a louée pour les vacances. On passe un chouette moment ensemble, Timeo jouant beaucoup avec le garçon.
On se rend ensuite à l’hôtel près du centre de plongée, qui possède un restaurant avec terrasse au dernier étage. La réception nous informe que c’est déjà fermé. Il est vrai qu’il est bientôt 14 heures. Alors que nous cherchons une alternative sur Google Maps, le réceptionniste revient nous annoncer que la cuisine accepte finalement de nous accueillir. On se fait un bon repas, car c’est l’anniversaire de Stéphane.
Apéros et anniversaire
A présent nous sommes 6 bateaux au mouillage. En plus de NISMA et SERENITY, nous avons été rejoints par NO MORE TEARS, BELLA VITA et du bateau moteur ETHERNAUT. Plus on est de fous, plus on rit ! C’est ainsi qu’on se retrouve certains soirs pour le fameux « sundowner ». C’est aussi avec eux que nous fêtons l’anniversaire de Stéphane.
Notre guindeau nous lâche
On change d’ancrage et nous nous déplaçons vers Innafushi, une île plus à l’ouest du lagon.
Afin d’économiser le diesel, nous faisons le trajet à la voile, à la vitesse d’un escargot. Il nous faut plus de trois heures pour parcourir un peu plus de six milles nautiques.
Lors de la manœuvre d’ancrage, on réalise être un peu trop près d’une patate de corail. Pas de souci, on remonte l’ancre pour recommencer. Mais voilà que le guindeau s’arrête. Impossible de le faire fonctionner. J’entends bien les relais, mais le moteur reste bloqué.
Tous sur le pont, on remonte la chaîne mètre par mètre à l’aide du winch électrique du mât. Dans le puits à chaîne, une fois celle-ci un peu remontée, je la tire à la main pour la faire passer au-delà du guindeau et la ranger correctement. Jost passe voir ce qu’on fabrique et nous prête main-forte.
Une fois réancrés en toute sécurité, Stéphane démonte le guindeau. Il a l’âge du bateau, soit vingt-cinq ans. Il est temps d’envisager son remplacement, mais ça ne se trouve pas aux Maldives. Le temps d’en faire venir un, avec les délais de transport et de douane, nous serons déjà repartis.
Stéphane nettoie les charbons. Il est clair que le problème vient de là : ils sont extrêmement usés. Le guindeau refonctionne, pour une durée inconnue.
Décision est prise d’ancrer manuellement et de n’utiliser le guindeau que pour remonter l’ancre.
D’ailleurs, on pense beaucoup à Patrice qui, à l’époque, nous avait conseillé cette méthode afin de préserver le guindeau. Nous suivions ses recommandations aux Caraïbes, lorsque nous mouillions dans peu d’eau. Je ne me souviens plus exactement quand j’ai arrêté. Je suppose que c’est lorsque les mouillages sont devenus plus profonds et que je ne voyais plus passer les marquages de longueur sur la chaîne.





