Nous resterions volontiers à Meedhoo, un endroit qui nous plait beaucoup et qui offre un bon mouillage. Mais les autorités douanières se trouvent de l’autre côté de l’atoll, vers Gan et Feydhoo.
Nous explorons plusieurs possibilités de mouillage, mais c’est compliqué : les profondeurs sont importantes. Deux ou trois bateaux ont réussi à s’ancrer par 25 m, mais la plupart sont sur 30 m ou davantage.
Il existe bien un port artificiel nettement moins profond, mais partout les navigateurs signalent que le fond tient mal et qu’il est impossible d’y entrer à marée basse. En cas de problème à ce moment-là, nous serions bloqués dans un petit bassin. Nous choisissons donc de rester à l’extérieur.
On tente d’abord de mouiller avec l’ancre de secours par 32 à 33 m de fond, mais sans surprise cela ne tient pas. Nous n’avons pas le choix : il faut utiliser l’ancre principale.
Trente-trois mètres de chaîne suspendus dans l’eau, ça pèse lourd ! Pour la remonter, nous devrons soulager la chaîne à l’aide de nos trois bouées de marquage de plongée afin de faciliter le travail du guindeau.
Nous faisons quelques derniers achats. Nous allons passer quatre à cinq semaines loin de toute civilisation, alors nous privilégions les légumes qui se conservent longtemps.
Parfois nous nous retrouvons devant des supermarchés fermés en pleine journée parce que c’est l’heure de la prière. Décidément, malgré tout ce temps passé dans les pays musulmans, nous ne connaissons toujours pas les horaires des prières.
Puis vient le moment des formalités de sortie. L’agent maritime obligatoire pour le pays dispose d’un collègue sur place. Il vient chercher nos papiers, les fait tamponner et nous les rapporte.
Retour sur notre séjour aux Maldives
Nous avons passé près de trois mois aux Maldives. Le temps a filé à toute vitesse.
C’était ma troisième visite dans ce pays, mais la première fois que j’ai réellement l’impression de l’avoir découvert.
Quand on séjourne sur une île privée, comme c’est le cas de la plupart des resorts, ou à bord d’un bateau de plongée liveaboard — comme lors de mes deux précédents voyages — on entre peu en contact avec la culture locale. Aujourd’hui, la majorité des employés des resorts sont étrangers et, sur un bateau de croisière plongée, on met rarement pied à terre.
Cette fois, nous avons découvert le pays autrement. Nous avons visité des villages et beaucoup échangé avec les habitants. Nous avons énormément apprécié notre séjour et l’aurions volontiers prolongé.
Les locaux sont très gentils et serviables. Stéphane, Jost et moi avons trouvé les hommes particulièrement ouverts et sympathiques, alors que la plupart des femmes restent davantage en retrait. À vrai dire, je n’ai eu un vrai contact qu’avec une seule femme, à Dhangethi, alors que nous avons eu de nombreuses discussions intéressantes avec des hommes.
Par moments, nous avions l’impression que certains hommes travaillaient moins que les femmes. Les commerçants emploient souvent des travailleurs étrangers et passent beaucoup de temps à discuter entre eux sur des bancs devant les commerces. Certains se rendent à la mosquée pour chacune des cinq prières quotidiennes, ce qui représente une part importante de la journée.
J’ai aussi beaucoup aimé leurs mosquées traditionnelles, construites selon leur propre architecture. Certes, ils possèdent également quelques mosquées de style oriental qui sont très belles, mais j’apprécie la diversité culturelle et architecturale. C’est une des choses qui me plaît dans le voyage. Je trouvais dommage de retrouver le même style oriental dans tant de pays musulmans. Ici, c’est souvent différent.
Par contre, comme dans une partie de l’Asie du Sud-Est, l’intégralité des prières et récitations religieuses sont diffusées par haut-parleurs installés sur les minarets. Pour les non-musulmans, cela ressemble souvent à des chants, généralement sur des tonalités plutôt mélancoliques. Personnellement, cela me donne parfois un peu le cafard.
Souvent, plusieurs mosquées diffusent en même temps, chacune avec son propre récitant, ce qui crée parfois une cacophonie. Cela peut durer plus d’une heure et se répète cinq fois par jour, la première fois avant le lever du soleil.
Se faire réveiller à l’aube ne va pas me manquer, tout comme le fait de devoir porter des pantalons pour aller à terre par des températures de 30 à 35 °C.
