Raie aigles
Le temps passe vite, il est temps de nous rendre au sud du pays. On cabote, changeant d’atoll chaque nuit.
Arrivés dans l’atoll de Haddhunmathi, on s’arrête trois heures au nord, le temps d’aller faire un peu de snorkeling avec les raies aigles. À nouveau, ma famille reste à bord. Les enfants ne sont pas du tout fans de snorkeling et ce n’est pas non plus ce que préfère Stéphane. Jost est toujours partant, je ne suis donc pas seule dans l’eau.
Puis on se rend au sud de l’atoll, où l’on retrouve des copains ancrés par plus de 35 m de fond, ce qui est bien trop profond pour nous. On cherche un peu et on finit par ancrer dans un lagon un peu plus loin.
Longue traversée entre les atolls
Plus de 60 milles nautiques nous séparent du prochain mouillage, situé au nord de l’atoll d’Huvadhu. Nous partons tôt le matin pour une longue journée de navigation.
On croise la route de baleines à deux reprises. La seconde fois, on les voit mieux : ce sont des globicéphales, aussi appelés baleines pilotes. Ce sont des cétacés qui ressemblent un peu à de gros dauphins sans bec. On voit plusieurs souffles, au moins trois individus, mais il pourrait y en avoir davantage.
Le soleil se couche tôt sous les tropiques et nous arrivons de nuit. SERENITY passe par une autre passe et va ancrer quelques kilomètres plus au sud de l’endroit où nous pensions mouiller. On regarde nos cartes et, n’ayant pas de sondeur à l’avant du bateau, on décide de rester sur notre plan initial. On entre par la passe la plus proche du mouillage, longe le récif puis mouille l’ancre.
Snorkeling avec les dauphins
Le récif en face de notre mouillage est réputé superbe, alors on va voir ça.
Alors qu’on rejoint Jost, déjà en train de snorkeler sur le récif, on se retrouve entourés de dauphins. Déjà tôt ce matin, ils chassaient près du bateau.
Tout doucement, pour ne pas les effrayer, je me mets à l’eau avec ma caméra. Je les observe et tente de les suivre. C’est à peine si on les voit bouger, mais ils avancent vite et il n’est pas simple de rester avec eux. Je m’en mets plein les yeux. Les images filmées ne rendent pas justice à ce que je vois en vrai.
De retour à l’annexe, on rejoint Jost qui poursuit sa dérive le long du récif. Il a laissé son annexe à l’ancre et Stéphane tire la nôtre.
Le récif est effectivement magnifique. On se laisse porter par le courant, admirant les coraux et les poissons. Puis, sans transition progressive, tout change. Le récif devient terne et largement dégradé. Les coraux vivants se font rares et le paysage perd soudain toute sa richesse.
On remonte à bord de l’annexe et repartons en sens inverse. Là encore, le récif paraît plutôt abîmé. Puis, tout aussi brusquement, on retombe sur la portion splendide, couverte de coraux en pleine santé et grouillante de vie. C’est étonnant de voir à quel point l’état du récif peut varier sur de si courtes distances.
On loupe le passage de l’équateur
À nouveau, les distances entre les deux derniers atolls du pays sont importantes et, cette fois, on n’a pas envie d’arriver de nuit.
Au lieu de naviguer une journée, dormir au sud de l’atoll puis repartir tôt le lendemain pour une très longue étape avec le risque d’arriver encore de nuit, on décide de partir en fin d’après-midi et de faire la traversée d’une traite.
Étant au nord de l’atoll d’Huvadhu, on sort par la première passe afin d’être hors des récifs une fois la nuit tombée. On longe d’abord l’atoll avant d’entamer la traversée vers Addu.
On passe l’équateur pour la neuvième fois avec OLENA. Cette fois, sans même s’en rendre compte.
J’avais pourtant tracé une ligne sur la carte le long de l’équateur pour ne pas manquer le passage. Mais de nuit, on baisse la luminosité des écrans et je ne l’ai tout simplement pas vue.
Peu avant l’heure du réveil de Stéphane, je remarque notre position GPS toute proche de l’équateur et me dis que je vais le réveiller pour l’occasion. Puis, bizarrement, les chiffres augmentent au lieu de diminuer et sont suivis d’un « S » pour sud.
Oh mince ! On a déjà franchi l’équateur !
C’est au début de l’après-midi que nous mouillons devant Meedhoo, au nord-est de l’atoll.


