Malé et sa région

Après 14 jours passés à Dhangethi, nous voici en chemin pour Malé. 


Rasdu atoll


On remonte l’atoll d’Ari par l’extérieur. Le vent nous aide bien, alors on continue directement jusqu’au petit atoll de Rasdu.

On y passe deux nuits et on se balade un peu dans l’île locale. C’est marrant, pas mal de restaurants se ferment ici avec des portes coulissantes de grange.

On arrive à la fin du Ramadan et, le soir, les mosquées sont pleines.



Séparés pour une nuit

Cap à l’est, enfin, au plus près du vent possible. Le mouillage pour la nuit n’est pas encore défini, on a plusieurs possibilités selon notre progression et l’angle de navigation. Une seule chose est certaine : on n’arrivera pas à Himmafushi avant le lendemain.

SERENITY est un monocoque et remonte mieux au vent que nous, en catamaran. Tous deux naviguons au plus près, mais l’écart se creuse progressivement. Jost arrive à rallier la passe permettant d’entrer dans l’atoll de Malé Nord, nous non. Cela n’a aucun sens qu’il fasse un détour pour nous rejoindre, alors nous passons la nuit dans deux mouillages différents.

On entre dans l’atoll de Malé Sud et allons mouiller au nord-ouest dans un petit atoll. Pas mal de speed-boats et de pêcheurs passent dans le coin, mais on trouve un endroit à l’écart du trafic.

Au matin, on sort du petit atoll en passant au-dessus du récif à un endroit censé être suffisamment profond. Des pêcheurs sont à l’eau avec leur filet exactement là où nous comptions sortir en suivant le waypoint d’un autre bateau.

À l’avant, je surveille l’eau tandis que Stéphane est à la barre, prêt à ralentir. L’alarme de profondeur est enclenchée, même si le sondeur se trouve au milieu du bateau. Tout se passe bien, il y a largement assez d’eau.

On quitte ensuite l’atoll de Malé Sud par une étroite passe, en suivant le gros du trafic et en longeant l’unique marina du pays.

Malé

Sous moteur contre le courant, on longe Malé, puis le pont qui relie la capitale à l’aéroport. On contourne ensuite l’aéroport avant de longer Hulhumalé sous voile. On apprécie la vue tandis que Stéphane suit les avions sur Flight Radar.

Hulhumalé

Le vent nous pousse bien. On continue donc en longeant Himmafushi. Cela nous fait faire un petit détour, mais permet d’économiser du moteur tout en profitant du calme et du paysage.



Himmafushi


Nous voici pour la seconde fois dans ce lagon. Cette fois, on visite les lieux.

Les îles locales se ressemblent souvent, mais ici, la proximité de l’aéroport attire davantage de touristes.

Avec Jost, je fais le tour du village. C’est le dernier jour du Ramadan et l’ambiance est très calme. Les habitants attendent le soir pour sortir.


Près d’une fontaine, il y a beaucoup de monde. Tout le monde remplit des bouteilles. Certains les alignent sur un muret, d’autres remplissent des brouettes entières.

Après renseignements, on apprend qu’une usine de production d’eau potable s’est installée sur l’île. En remerciement pour l’espace qui lui a été accordé, elle fournit gratuitement de l’eau potable aux habitants.

Jost a besoin d’un peu d’essence pour son annexe. Pour en trouver, il faut se rendre... à la boulangerie ! Enfin, plutôt à l’échoppe qui vend aussi du pain frais. C’est là qu’ils vendent l’essence, conditionnée dans d’anciennes bouteilles d’eau.


Cours de peinture


On entre dans un bâtiment, mi-musée, mi-boutique de souvenirs. Jost et moi passons un bon moment à discuter avec Hussain, le propriétaire. C’est un passionné de beaucoup de choses. Il fabrique des bijoux et fait également de la peinture.


Quand il apprend que j’ai des enfants, il me demande de revenir avec eux. Il souhaite leur donner un cours de peinture.

Quelques heures plus tard, nous revenons. Hussain remet un petit cadre à chacun, puis commence son cours. Il explique les bases avant de faire une démonstration sur son propre cadre.


Pour le ciel, l’important est d’aller vite. Il leur donne deux minutes et profite de ce moment pour me prendre à part et discuter.

Hussain est un excellent professeur. Les tableaux sont magnifiques. Il nous propose de revenir pour continuer, mais malgré plusieurs tentatives, nous ne réussirons malheureusement pas à nous recroiser.



Maintenance et entretien


Les hommes organisent un ravitaillement en diesel. Il n’y en avait pas à Dhangethi, toutes les îles n’en disposent pas.

Avec cette guerre, les Iraniens ont bloqué un détroit stratégique par lequel transite une grande partie du pétrole. Tous les pays craignent des pénuries et les prix flambent de jour en jour. Ici, ils ont déjà plus que doublé.

Même si les prix sont désormais comparables à ceux de l’Europe, la comparaison s’arrête là : les salaires locaux n’ont rien à voir avec les salaires européens.

Le spinnaker de Jost s’est déchiré pendant la traversée vers les Maldives. Le tissu était en fin de vie. Il en a commandé un nouveau au Sri Lanka et celui-ci est arrivé à Malé. Les hommes prennent le ferry pour aller le récupérer. Ils en profitent pour visiter quelques magasins d’accastillage, mais arrivent juste trop tard au bureau de livraison, qui n’ouvre pas l’après-midi. Ils rentrent donc sans la voile, qui sera finalement acheminée par ferry le lendemain.

Le mouillage est calme et bien protégé. Stéphane en profite pour faire l’entretien du hors-bord et remplacer les échangeurs des moteurs.

Jost m’a donné les parties encore utilisables de son ancien spi. Nous récupérons les bordures rouges et vertes pour fabriquer de nouveaux penons à coller sur les voiles. Beaucoup ont disparu avec le temps. À présent, il sera à nouveau plus facile de bien régler les voiles.



Entre voileux

Le nuage de la photo de droite ressemble beaucoup au logo de la bière polynésienne HINANO 


Himmafushi étant le mouillage le plus abrité de la région, nous ne sommes pas seuls.

Nous avons le plaisir de retrouver trois autres bateaux : VENTURE LADY, NO MORE TEARS et FIDELIS. Nous les avions déjà croisés lors de la rencontre de Phuket, et nous connaissons VENTURE LADY depuis les Marquises, où nous avions passé le confinement ensemble.

Un gros bateau à moteur est mouillé derrière nous. Apparemment, ce serait un bar flottant. L’alcool étant interdit à terre, certaines îles disposent de bars installés sur l’eau.

Celui-ci semble fermé, nous ne l’avons donc pas testé.


Escapade à Hulhumalé


Ayant besoin d’essence et de davantage de diesel, nous décidons de de partir à Hulhumalé avec OLENA pour la journée.

Jost nous confie également son jerrican d’essence. Il aurait bien aimé nous accompagner, mais sa nouvelle voile doit lui être livrée aujourd’hui.

Une fois l’ancre levée, nous parcourons les 7,5 milles nautiques qui nous séparent du port de Hulhumalé. Cette fois, nous entrons mouiller directement dans le port.

Ce qui, il y a moins de deux ans, était un lagon rempli de bateaux est aujourd’hui presque entièrement remblayé au nord et totalement saturé au sud. Les bateaux semblent attachés les uns aux autres.

Il y a énormément de trafic, aussi bien sur l’eau que dans les airs, puisque nous sommes au bout de la piste de l’aéroport.

Comme les copains avant nous, nous mouillons juste après l’entrée, le long du remblai.

Stéphane et Timeo partent en annexe avec tous les jerricans. Pendant ce temps, je surveille le bateau. Si le vent tourne au nord, nous nous retrouverons au milieu du passage ; s’il tourne au sud, nous finirons dans le sable.

De retour à bord, Cyliane et moi partons visiter Malé. Timeo n’a pas envie de venir.

Le vent ayant changé de direction, Stéphane ajoute une seconde ancre pour nous maintenir correctement en place.



Malé entre filles

Stéphane nous dépose à terre. Nous tombons en plein dans les trois heures sans ferry. Nous prenons donc le bus.

Ils disposent d’une excellente application pour les transports publics. Elle affiche les lignes, les arrêts et même, pour les bus, leur position en temps réel ainsi que le temps d’attente.


Le bus longe l’aéroport et nous offre de belles vues sur la base des hydravions ainsi que sur le tarmac international.

Après avoir traversé le pont, nous voici dans la capitale. On traverse toute la ville, qui n’est pourtant pas très grande : à peine 2,5 km sur 1 km.


En descendant du bus, dépaysement total. Malgré la petite taille de l’île, on est vraiment en pleine ville. Il y a du monde partout, beaucoup de voitures et des immeubles à perte de vue.


Les alentours du mémorial du tsunami étant en travaux, on ne le voit que de loin. En regardant par-dessus la digue, on aperçoit également les travaux du futur pont qui reliera la capitale à l’île voisine.

Pour rejoindre le nord de l’île, on emprunte des rues au hasard. Elles ont toutes leur personnalité et ne se ressemblent pas vraiment.


On va voir la plus vieille mosquée du pays, construite en blocs de corail sculptés. Elle est toujours utilisée aujourd’hui. Nous arrivons juste avant l’une des cinq prières quotidiennes et elle est momentanément fermée aux visiteurs. Une autre petite mosquée en corail trône dans le jardin du musée.


Nous ne visitons pas le musée. Plusieurs voileux nous ont dit qu’il ne valait pas vraiment le prix de l’entrée. Nous avons lu qu’il y a quelques années, des extrémistes y avaient détruit plusieurs artefacts bouddhistes datant de l’époque préislamique, dans le but d’effacer une partie de l’histoire du pays.


Après quelques courses, un passage au marché et un coup d’œil à plusieurs bâtiments intéressants, nous reprenons le bus. On fait assez vite le tour de la capitale. Et puis, il faut rentrer à temps si l’on veut retourner mouiller à Himmafushi pour la nuit.




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