Nosy Be, des tuk-tuk, des pizzas et quelques menaces


Jost, Stéphane et moi nous rendons à terre en quête de cartes SIM. Les enfants ne sont pas motivés à aller à terre, ils restent à bord.


Menaces

Timeo nous dépose au dock pour ne pas y laisser notre annexe. Nous sommes accueillis par la même personne que la veille, qui commence par remercier Jost de l’avoir payé hier, au prix correct, puis me suit en réclamant.

Je lui explique qu’il a voulu nous rouler en doublant le prix, la confiance est rompue, on n’aime pas les arnaqueurs. Sur quoi il compare son prix à la valeur de notre annexe, puis me menace de ne pas nous étonner si, la prochaine fois, on retrouve notre annexe cassée !

Wow, ça commence bien.


Hell-Ville


On apprécie la balade à travers la ville. Cette fois, on a un peu plus le temps d’apprécier que la veille. Nous sommes littéralement dans un autre monde.

Des voitures se partagent la route avec un grand nombre de tuk-tuk jaunes (des tricycles-taxis), des gens qui promènent leurs chèvres, des zébus (un bovin local ressemblant à des bœufs) tirant des charrettes, et des femmes transportant leurs achats sur la tête.

Certaines personnes sont couchées, parfois endormies, au bord de la route où elles vendent quelques fruits et légumes. Des restaurants de rue sont remplis de monde.

Nous trouvons rapidement le magasin Orange, où nous trouvons nos sésames. Les prix sont assez conséquents malgré la pauvreté du pays. Nous sommes surpris de voir des prix plus proches de ceux pratiqués en Europe que de ceux pratiqués en Asie.


Pizzeria sicilienne

Il fait chaud, nous optons pour aller boire quelque chose juste à côté. Plusieurs Européens sont attablés à un petit bistrot, on suit le mouvement.

On se retrouve parmi plein d’Italiens, apparemment des expats vivant ici. On est dans une pizzeria tenue par un Sicilien, d’ailleurs c’est aussi le nom du restaurant.

Notre voisin de table reçoit un bout de pizza bien alléchant. Nous optons pour en prendre également, et deux parts en plus à emporter pour les enfants.

Puis voilà que le couple d’une table voisine reçoit de belles grosses pizzas. On entre en conversation. Elle est Malgache de Nosy Be, lui est Suisse alémanique ! Ils sont ici en vacances et on serait dans la meilleure pizzeria de l’île.

Décision est prise d’y revenir un jour pour les goûter.


Crater Bay


Nous déplaçons les bateaux de quelques kilomètres pour mouiller dans la baie du cratère, qui porte ce nom à cause d’un cratère qui se trouve juste à côté.

Il y a même une « marina », avec un seul et unique ponton pour les annexes et les petits bateaux. Le bout peut être loué à l’heure pour venir y faire le plein d’eau ou autre et il est très sollicité par les bateaux charter du coin.


Le Yacht Club se trouve juste à côté de, un bistrot bien sympa établi dans d’anciens wagons de train avec leur locomotive à vapeur. Ils ont un four à pizza et nous y dégustons les meilleures pizzas mangées depuis bien longtemps.

Crater Bay serait l’endroit le plus « cruiser friendly » du pays, autrement dit, le plus adapté aux besoins des navigateurs.


Deux bateaux sœurs d’OLENA se trouvent dans la baie. On va les voir d’un peu plus près, l’un est le numéro après le nôtre et l’autre encore un peu plus jeune. Mais tous deux ne sont pas dans le même état que notre bateau. On voit que Stéphane entretien OLENA comme un chef.


La berge de déchargement


Un village assez touristique se trouve tout près de la marina. A peine sortis de la marina, une clique de chauffeurs de tuk-tuk nous attendent, ils pratiquent des prix bien trop chers. Nous prenons l’habitude de nous déplacer à pied, découvrant ainsi les berges où ils déchargent les bateaux à dos d’homme.

Les bateaux locaux s’échouent en grand nombre sur la plage et des centaines de porteurs font l’aller-retour entre les bateaux et la berge, transportant jusqu’à 3 sacs de sable sur leurs épaules, environ 60kg ! 

Cette vision est incroyable, elle me rappelle un peu les images des livres égyptiens sur les bâtisseurs des pyramides.



Le village près de la baie du cratère


Le village est assez grand, une rue comprenant pas mal de commerces et restaurants. On voit un peu de tout dans les rues, tuk-tuks, voitures, camions, des gens qui promènent leurs chèvres et des femmes transportant leurs achats sur la tête.


Voilà deux restaurants aux noms marrants. Truc et bidule, qui se font face !





La plage de Nosy Be


Jost, Stéphane et moi partons faire un petit tour du côté de la plage. Comme souvent, les enfants – ah, ces ados ! – ne veulent pas nous accompagner et préfèrent rester à bord.

Le but de notre petit tour est de trouver un centre de plongée. Il y en a plusieurs, nous optons pour nous rendre dans l’un d’eux, pas trop loin.

Nous sommes accueillis par deux sympathiques Italiens, l’un est divemaster, l’autre instructeur. Munis de toutes les informations nécessaires, nous réservons quelques plongées et organisons pour qu’ils viennent nous prendre directement aux bateaux.

S’ensuit une balade sur la plage. Nous sommes agréablement surpris d’y trouver tout autant de locaux que de touristes. C’est là qu’on se rend compte que, malheureusement, presque toutes les plages touristiques sont désertées par les locaux, et même souvent, ils y sont interdits. D’ailleurs, nous apprenons par la suite que près des hôtels italiens au nord de l’île, c’est déjà le cas : les Malgaches n’ont pas accès à leurs plages.

J’ai beaucoup de plaisir à voir ces petits Malgaches jouer sur la plage alors que leurs parents tiennent de petits commerces dans les environs.

De petits bateaux locaux ainsi que des pirogues de pêche un peu plus grosses s’échouent sur la plage. De suite, une foule arrive pour les aider à remonter leur navire.

Quant au bateau de pêche, il a l’air d’être attendu. Une fois la pirogue en place, le pêcheur se met à distribuer sa récolte dans les différents récipients tendus par une foule de villageoises.



On nous pose un lapin

Un groupe de voileux organise un souper en commun dans un restaurant sur la plage un peu plus loin, on se joint à eux.

Jost et les enfants s’y rendent en tuk-tuk, le chauffeur leur ayant demandé le prix normal. Les autres chauffeurs nous réclament jusqu’à 20 fois ce prix ! On décide de faire les 1'500 mètres à pied.

Il faut savoir qu’on ne doit surtout pas comparer ces prix aux prix européens, ça n’a rien à voir. Il faut comparer aux prix locaux.

Si les touristes acceptent de payer des prix fantaisistes, 20 fois supérieurs aux prix normaux, sous prétexte que c’est moins cher qu’à la maison, ils contribuent à l’inflation. On a déjà vu plein d’endroits où des locaux ne peuvent plus se permettre de se rendre dans certains restaurants ou autres à cause de ça.

Arrivés au restaurant, Jost et les enfants nous attendent seuls. Le groupe de plaisanciers a changé d’avis : certains n’ont plus voulu aller à terre, d’autres ont commandé dans un autre bistrot.

On reprend une fois de plus des pizzas, conseillés par ces plaisanciers. Elles sont bonnes. Stéphane en a une avec de la vraie mozzarella de buffle, et pas qu’un peu !

On finit par rentrer à la marina, tous les cinq entassés dans un tuk-tuk.



Vide-grenier et braai


Une ex-voileuse, expatriée d’Afrique du Sud, organise un petit vide-grenier avant le braai habituel du week-end.

Nous apprenons que « braai » est le nom sud-africain pour barbecue, souvent appelé potluck chez les plaisanciers. Chacun amène sa viande à griller et un plat à partager. Ici, nous prendrons nos boissons au Yacht Club.

On a tous plein de choses inutiles sur un bateau. On fait le tour et partons en famille au vide-grenier. Les enfants veulent profiter de l’occasion pour vendre les porte-monnaie qu’ils fabriquent depuis des années avec les berlingots de jus.

Il y a peu de monde. Apparemment, cette fois, ils ont oublié de publier l’info sur Facebook. Nous ne sommes que quatre à proposer des choses à vendre, dont deux anciens voileux qui se sont installés ici.

Stéphane vend la plupart des choses (palmes et gilets d’enfants devenus trop petits, restes de câbles électriques…) à petit prix à l’Autrichien qui tient le magasin d’accastillage de l’île, qui serait, selon lui, l’un des plus grands du pays.

Le BBQ est assez sympa. On retrouve les VENTURE LADY, un couple avec lequel nous étions en confinement aux Marquises en 2020. On ne s’était plus revus depuis Chagos, un peu plus de trois mois auparavant.

Un couple de navigateurs chinois se joint à nous. Eux, c’est depuis la Malaisie qu’on ne s’était plus revus.

D’autres équipes sont installées à d’autres tables.


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