NO MORE TEARS, un bateau copain, s’est rendu dans une baie de la côte nord-ouest du pays. Son capitaine n’arrête pas d’envoyer des photos sur les différents groupes WhatsApp et donne envie à Jost de le rejoindre. Tous deux passionnés de surf et de foil, l’endroit serait idéal.
Au pire, on fait demi-tour
Les hommes décident de profiter d’une fenêtre météo pour nous y rendre. Les 20 miles de descente le long de la côte ouest risquent de ne pas être faciles. Nous décidons de tenter le coup, avec l’option de faire demi-tour si ça ne va pas.
Le voyage est prévu sur 3 jours d’environ 60 miles nautiques chacun, donc de grosses journées de navigation.
Les mouillages sont espacés et il y en a peu qui sont bien protégés d’est et d’ouest. Nous avons appris que les vents à Madagascar sont surtout des vents thermiques, du secteur est à partir d’environ 3 heures du matin, puis du secteur ouest à partir d’environ 3 heures de l’après-midi, avec quelques heures de pause au milieu.
Les vents et les vagues
La première journée, nous sommes beaucoup au moteur. Le vent est trop faible, ça ne correspond pas au vent thermique. Nous passons la nuit à Nosy Mitsio où nous retrouvons les copains d’AN CALA et NISMA pour l’apéro.
La seconde journée commence pas mal, on est sous voile au près, ça avance bien. S’ensuit le creux sans vent, mais avec pas mal de vagues, on continue au moteur.
Puis voilà que le vent reprend, presque de face. On remonte un peu au vent, sans pourtant être en ligne directe.
Il nous reste environ 13 miles à parcourir jusqu’au prochain mouillage et la nuit tombe dans 3 heures. Sous voile, on doit remonter au vent, ce qui rallonge beaucoup notre chemin. On tente de nous aider du moteur pour y aller en ligne directe.
Les vagues sont très courtes et assez grandes et viennent d’exactement devant l’étrave. OLENA saute dans les vagues, c’est infernal.
Demi-tour !
Ça ne vaut pas la peine de faire des dégâts au bateau. Un catamaran n’est pas fait pour remonter pareillement au vent et, dans ces conditions, ça ne va pas. On prend la décision de faire demi-tour.
En faisant demi-tour, on loupe la fenêtre météo pour passer le cap nord du pays. J’en informe Jost par VHF, il comprend. Je l’encourage à continuer, lui a un monocoque, c’est plus facile, même si ce n’est pas agréable.
Nous arrivons dans un mouillage protégé juste avant la tombée de la nuit.
Le lendemain, nous partons vers midi pour profiter de vents favorables et nous ramener à Nosy Mitsio, où l’on retrouve les NISMA.
N’ayant presque pas de réseau sur place, nous apprenons par NISMA que Jost est bien arrivé. Plus tard, Jost nous informera qu’on a bien fait de faire demi-tour. Il lui a fallu 10 heures pour faire les 20 miles le long de la côte ouest, contre le vent et les vagues. C’était pénible et il n’avançait presque pas, malgré qu’il était sous voile et moteur. Ça aurait été impossible avec notre catamaran.
Les alentours de Nosy Ankarea
Nous profitons de passer une journée avec Katharina et Khaled de NISMA.
Le lendemain de notre arrivée, nous levons les ancres pour nous rendre un peu plus loin, vers un récif et Nosy Ankarea, une petite île toute proche de celle de Mitsio.
Nosy est le mot « île » en malgache, ce qui explique pourquoi les noms des îles commencent toutes par « Nosy », comme en Thaïlande avec « Ko » (ou « Koh » selon l’écriture) et « Pulau » en Indonésie et en Malaisie.
La visibilité n’est pas des meilleures, mais les coraux et surtout la faune sous-marine sont présents.
Stéphane et moi allons visiter Nosy Ankarea. Des amis sont grimpés au sommet, ce qui n’est pas notre but. Nous arpentons la plage.
Il y a quelques petits abris de pêcheurs faits de branches et de feuilles. D’ailleurs, certains sont couchés un peu plus loin, en train de se reposer entre deux sessions de pêche.
Un petit sentier nous fait passer près d’une allée d’une sorte d’arbre bouteille aux jolies fleurs, mais dont le tronc et les branches sont couverts d’épines bien dangereuses. Je regrette d’être partie sans caméra.
Le sentier se termine au pied d’un joli baobab.
Nous retournons à l’ancrage au fond de la baie de Nosy Mitsio pour la nuit. Les vents sont trop forts pour passer la nuit vers la plage au nord de la même île, comme prévu.
