Plusieurs ferrys relient les deux îles principales de Mayotte, avec un départ toutes les 30 minutes. La traversée de Petite-Terre est gratuite, le retour coûte 0,75 € par passager, un peu plus pour les scooters et les voitures.
Munis de ces informations, on se rend au terminal, en suivant les locaux qui entrent tous dans un container. C’est la salle d’attente ! Neuf containers ont été attachés ensemble, meublés de bancs et équipés de ventilateurs.
Nous n’avons pas le temps d’attendre : le ferry est là, on peut directement monter à bord. La traversée est courte et nous voilà à Mamoudzou, la capitale de Mayotte.
Ça grouille de monde. Des vendeuses de snacks divers sont assises au sol le long du chemin qui sort du débarcadère. La nourriture est dans des caisses, je vois l’une d’elles préparer un sandwich au-dessus de sa caisse, trempant son couteau dans un sac posé à côté.
Bidonvilles
Nous faisons route vers le sud. Les copains nous ont vanté des plages bordées de baobabs, il faut qu’on voie ça !
Depuis la route, on voit des villages et des bidonvilles un peu plus haut. Les maisons sont faites de tôle et de matériaux peu coûteux, elles ont l’air assez entassées.
On nous a dit que le soir, mieux vaut ne pas traîner à Grande-Terre, car ça peut être dangereux. Plus tard, on apprendra que des bandes arrêtent parfois des voitures pour les piller, même en journée. Heureusement, nous n’en rencontrons pas.
Apparemment, il y aurait beaucoup de personnes en situation irrégulière, venues notamment des Comores.
Les baobabs
Premier arrêt : la plage de Sakouli. Un petit Resort s’y trouve, nous en profitons pour boire un jus à leur restaurant. L’endroit est vraiment sympa et je profite de l’occasion pour goûter au jus de baobab.
J’apprends qu’ils trempent l’intérieur des fruits dans de l’eau chaude pour détacher la pulpe des graines. C’est un peu comme on fait avec le tamarin. D’ailleurs, le goût me rappelle un peu celui du jus de tamarin, en plus amer. Ce n’est pas mauvais, mais je préfère les autres jus.
Puis on s’arrête à Musicale Plage, où se trouve le Baobab majesté, un énorme baobab vieux de plus de 600 ans, considéré comme l’un des plus gros de l’île.
Une équipe de militaires est en pause à l’ombre des toits de l’aire de pique-nique. Des enfants déçus jouent autour : ils sont venus en groupe pour nager dans la piscine, mais le maître-nageur a eu un empêchement.
Une piscine à la plage ? Oui ! Une zone de baignade aménagée en mer, délimitée par des flotteurs, au bout d’un ponton flottant. Ça permet de se baigner dans une sorte de bassin directement dans le lagon.
Les baobabs sont magnifiques. Il y en a partout : sur la plage, sur les hauteurs, le long de la route… Mais ce ne sont pas tous les mêmes que ceux qu’on voit sur les images de Madagascar.
Mayotte possède deux espèces de baobabs : le baobab africain, très répandu, et le baobab malgache, beaucoup plus rare. La plupart de ceux qu’on voit ont le gros tronc caractéristique des baobabs africains. Mais parfois, on en aperçoit un au tronc beaucoup plus haut avant les branches : on suppose qu’il s’agit de l’autre espèce.
A la recherche des lémuriens !
Notre route continue le long du littoral sud, en contournant le mont Choungui, qui culmine à près de 600 m, pour nous rendre à une troisième plage, celle de N’Gouja.
La route menant à la plage est barrée, réservée aux clients de l’hôtel. On presse le bouton d’appel et on informe qu’on voudrait manger au restaurant. Le portail s’ouvre !
Le parking est en face du centre de plongée qu’on va visiter. C’est un centre SSI, rien pour Elina, qui est en Suisse en ce moment et qui cherche un nouveau centre.
L’hôtel a l’air sympa. Les chambres sont installées dans des containers, reliés par des passerelles en bois. L’idée est bonne, j’aime bien. Il y a beaucoup de containers sur l’île, je crois qu’on n’en a jamais vu autant. Peut-être est-ce une conséquence du cyclone, une façon rapide de reconstruire ?
Le restaurant est un peu plus haut de gamme que ce que laissent penser les menus affichés sur Google Maps, ça fait un peu cher pour un repas de midi. Tant pis, on est venus ici pour voir les « makis », le nom local des lémuriens.
Sur Google Maps, on voit des photos de ces animaux squattant sur les poutres au-dessus des tables. Mais aujourd’hui, rien. Pas un seul ne passe pendant tout notre repas. On se promène sur la plage, toujours aucun lémurien.
Tant pis, il nous faudra attendre d’être à Madagascar. Au moins, on a très bien mangé, les produits étaient de qualité.
Une chute d’eau qui tombe sur la plage
On remonte le littoral de la côte ouest jusqu’à la baie de Soulou. Le parking est loin de la plage et, comme vers tous les points de vue où l’on s’est arrêtés, le sol est jonché de déchets.
C’est simplement dégueulasse. Certains disent que ce sont des groupes de jeunes. Notre avis : manque d’éducation et de respect.
Je prends un peu de temps pour lire les informations affichées. On raconte que jadis, les premiers pirates de l’île y faisaient une halte pour faire des réserves d’eau douce avant de repartir en mer.
Un autre panneau nous apprend que l’endroit est régulièrement utilisé pour des cérémonies spirituelles. Selon les croyances locales, l’eau douce de cette cascade aurait des propriétés purifiantes et aiderait à chasser les esprits malveillants, les « djinns ».
Une marche d’un peu moins d’un kilomètre sur un sentier passant parfois sous des bambouseraies verdoyantes mène à la cascade. Il y a eu un peu de pluie avant notre passage, nos tongs deviennent lourdes et de plus en plus de terre rouge se colle à nos semelles. On n’a décidément pas mis les bonnes chaussures.
On arrive d’abord en haut de la cascade, qui nous donne une belle vue sur la plage. Puis on prend le sentier qui mène à la plage.
Et là, la cascade tombe directement sur le sable avant de rejoindre la mer. L’eau de la chute est fraîche, la mer est bien plus chaude. Une vraie douche naturelle avec vue sur le lagon !
En retard à cause d’un malentendu
Voilà le loueur qui nous appelle : « Vous êtes où ? »
Stéphane a entendu six heures et demie pour rendre la voiture, mais le contrat indique 16 h 30, car l’entreprise ferme à 17 h. Il nous faut à présent garder la voiture pour la nuit et la parquer à un endroit sûr, car le parking du loueur est fermé pour la nuit.
Théoriquement, nous ne sommes pas si loin, mais les routes sont mauvaises et il y a de la circulation. Du coup, on aura peut-être le temps de profiter de la voiture pour faire du shopping ?
De retour à Mamoudzou, nous continuons notre route en direction du centre commercial. C’est les bouchons, ça empire après le ferry. Le centre n’est qu’à 4 km, mais ça avance plus lentement que si l’on était à pied.
Au bout d’un moment, la plupart bifurquent à droite, la route est libre ! La joie est de courte durée, ils ont bifurqué parce que la route devant est barrée, juste avant la station-service où l’on pensait faire le plein.
On suit un chemin qui passe un peu plus à l’intérieur de l’île pour arriver sur la route menant à la station. J’avoue que passer par ces endroits qui ressemblent à d’anciennes déchetteries à ciel ouvert en train d’être réhabilitées, avec plein de jeunes qui traînent, je ne me sens pas trop en sécurité.
Il est par contre trop tard pour faire du shopping. On ne va pas prendre le risque de louper le dernier ferry, et il est déconseillé de rester sur Grande-Terre une fois la nuit tombée.
On trouve une place de parc payante près du débarcadère, juste sous un lampadaire. On parque la voiture ici, espérant qu’elle sera toujours dans le même état le lendemain. On a d’abord pensé l’amener sur le ferry. Mais les 60 € de ferry aller-retour ne valent pas la peine s’il n’est même pas certain que le parking sur Petite-Terre soit plus sûr.
Le lendemain, Jost et Stéphane reviennent pour ramener la voiture. Tout va bien, heureusement ! Ils en profitent pour acheter quelques fruits et légumes au marché avant de revenir sur Petite-Terre.







