À la découverte d’un volcan actif

Aujourd’hui, nous partons pour une grosse journée, à la découverte du Piton de la Fournaise, le fameux volcan qui a encore eu une éruption à peine quelques mois avant notre visite.


Montée à Bellecombe


Cette fois-ci, nous prenons la route qui longe la côte ouest, qui nous amène au sud de l’île.

À Saint-Pierre, nous bifurquons pour prendre la route qui monte le flanc de l’île, passant entre le Piton des Neiges, ancien volcan aujourd’hui endormi et point culminant de l’île avec ses 3 071 mètres, et le Piton de la Fournaise, volcan actif qui culmine à 2 632 mètres.

Cette route, qui grimpe assez haut, passe par la route des Plaines et franchit le col de Bellevue à environ 1 606 mètres d’altitude. Elle relie la côte ouest à la côte est en traversant les Hauts de l’île. C’est aussi l’un des itinéraires permettant de rejoindre l’est depuis le sud lorsque la Route des Laves est coupée par une coulée.

Nous bifurquons à nouveau pour monter encore plus haut, afin d’aller au relais de Bellecombe et au point de vue du Piton de la Fournaise.

Ça grimpe sans arrêt, la température baisse, le paysage et la flore changent totalement. Nous sommes définitivement dans un climat différent. On s’arrête à une aire de pique-nique pour faire quelques photos et les enfants et moi en profitons pour remplacer nos shorts par des pantalons.


La Plaine Sables


Nous arrivons au point de vue de la Plaine des Sables. D’un côté, on aperçoit la mer, de l’autre, c’est un paysage lunaire.

Nous sommes au bord d’un gros cratère avec un fond plus ou moins plat, tel la caldera de Tenerife aux Canaries. Le plateau est sableux, avec des cailloux. On pourrait facilement y tourner des films représentant des paysages lunaires.

Il ne fait pas très beau, on est à la hauteur des nuages, il y a un peu de pluie, ça rajoute du mystère au paysage. Nous avons même un bel arc-en-ciel qui donne dans la caldera.

Il fait froid, nous grelottons. Nous attendons impatiemment Stéphane, en train de profiter du paysage, qui a la clé de la voiture pour retourner au chaud.

Nous descendons les virages en épingle qui nous mènent au fond du cratère. La vue est tout autant féérique avec les conditions météo. J’essaye de filmer par la fenêtre, la voiture sautant dans les trous rend la chose un peu compliquée, mais j’ai tant envie de partager ce moment que je continue, espérant avoir quelques bonnes images.



Cratère de Commerson


À l’autre bout de la caldera, la route remonte et continue son ascension. Prochain stop : le cratère de Commerson.

On se laisse surprendre, on ne s’est pas renseigné sur cet endroit, car le point est apparu sur Google Maps lors de notre montée.

Le parking est à 2’320 mètres d’altitude, le vent nous gèle jusqu’aux os, on n’a clairement plus l’habitude du froid. On serre les dents et part sur un petit sentier qui nous mène au belvédère.

Nous voici sur une plateforme surplombant un cratère de 200 mètres de diamètre et de plus de 230 mètres de profondeur. Wow, c’est époustouflant.

Apparemment, il fait partie d’un ensemble de trois cratères. Celui-ci est le plus important cratère d’explosion de l’île. Il serait apparu il y a environ 2’000 ans, lors d’un phénomène volcanique d’une intensité exceptionnelle.



Le Relais de Bellecombe


Il fait faim ! Nous nous rendons d’abord au Relais pour un bon repas de midi, et avec un peu de chance, il arrêtera de pleuvoir entre-temps.

Quelques semaines avant notre visite, mon papa a séjourné dans ce relais. Il est venu à La Réunion faire une randonnée du nord au sud de l’île en plusieurs jours. Les dates de sa randonnée en groupe étaient fixes et n’étaient malheureusement pas compatibles avec nos projets. Les vols entre La Réunion et l’île Maurice, où nous étions, sont plus chers que les vols entre La Réunion et la France, alors on a laissé tomber. On se recroisera ailleurs.

Ça nous fait plaisir de manger dans le même restaurant où il a séjourné. On commande des carrys (currys créoles) et des rougails. La cuisine est délicieuse.

On croise des randonneurs qui ont passé la nuit sur place. Partis tôt le matin, ils reviennent de la randonnée au Piton de la Fournaise. Il n’a fait que pleuvoir, ils sont trempés et n’ont rien vu du tout.


Le point de vue du Piton de la Fournaise

Il pleut toujours, on est avertis par les randonneurs qui n’ont vu que des nuages. Ce n’est pas loin, on y va quand même.

Le point de vue doit être sympa, mais aujourd’hui, tout est blanc, vue sur le nuage depuis l’intérieur du nuage.

On est à 2 354 mètres d’altitude et il fait un froid de canard. On a pourtant pris des habits chauds, mais on ne s’attendait pas à une telle différence de température. Il fait 9 °C et, avec la température ressentie, le vent et la pluie, on gèle sur place.


Pont suspendu de la Rivière de l’Est


On redescend sur nos pas, puis bifurque pour nous rendre sur la côte est. Nous traversons le ravin d’une grosse rivière sur un pont, juste à côté d’un magnifique pont suspendu.

Une fois de l’autre côté, nous parquons la voiture pour aller le voir de plus près.

Ce pont, qui n’est aujourd’hui fermé à la circulation, est classé monument historique. Il se trouve à environ 80 mètres au-dessus de la rivière et fait 152 mètres de portée. Lors de sa construction en 1894, il était le plus long pont suspendu du monde.

Il enjambe l’un des cours d’eau les plus dangereux de l’île : les crues de la Rivière de l’Est peuvent être très dévastatrices.

Il relie les communes de Saint-Benoît et de Sainte-Rose, juste après Sainte-Anne…

Vous remarquez quelque chose ? Je nomme les communes, qui dans le blog n’ont pas vraiment d’intérêt, pour souligner le fait qu’à La Réunion, beaucoup de communes portent le nom de divers Saint(e)s. C’est rigolo.


Notre-Dame-des-Laves


Notre prochain stop est l’église Notre-Dame-des-Laves. Jost ne comprend pas pourquoi je veux m’arrêter pour voir cette église épargnée par la lave. On passe de toute manière devant, donc pourquoi ne pas s’y arrêter cinq minutes ?

Une fois parqués, personne n’a l’air motivé d’aller voir. Je m’y rends seule, me dépêchant pour ne pas les faire attendre trop longtemps.

Il y a une vieille coulée de lave de part et d’autre de la route principale. La coulée date de 1977. Du côté de l’église, elle arrive devant l’entrée et part d’un seul côté du bâtiment, ce qui a aussi aidé à le protéger.

À l’intérieur sont affichés des articles de journaux de l’époque de la coulée, avec des photos impressionnantes. La lave a brûlé le portail de l’église et s’est immobilisée à l’entrée de la nef, sans envahir réellement le bâtiment.

Les titres des articles de journaux me font sourire : « Le choc du siècle… La Réunion se rend compte, à son extrême stupeur, que le volcan peut couler hors de l’enclos ». Comme si la nature obéissait aux hommes !

Mais c’est suivi d’explications intéressantes. Une première coulée a eu lieu quatre jours auparavant et a en quelque sorte bouché le chemin plus creux. La seconde coulée a dû trouver un autre chemin et a envahi le village sur un large front de plusieurs dizaines de mètres, submergeant la station-service et ses cuves, sans explosion, ainsi que plusieurs maisons.

De nombreux visiteurs sont venus visiter « l’église miraculée », piétinant les gratons encore chauds et friables, ce qui a fait baisser de plusieurs mètres l’épaisseur de la coulée.

C’est la physique qui est à l’origine de ce « miracle », qui a également eu lieu à la gendarmerie de ce même village. La lave a besoin de chaleur pour rester fluide. Les porches de l’église et de la gendarmerie, des bâtiments aux murs massifs, ont été des obstacles et la lave s’est figée, se barrant elle-même la route. Seuls des débris de surface ont pénétré dans ces deux endroits. La porte de la gendarmerie était plus étroite, ils en ont eu encore moins.

Lorsque je sors de l’église, voilà le reste de la troupe qui me rejoint. Ils ont changé d’avis et viennent lire les articles affichés.


La lave est encore chaude !


La route continue direction sud, elle passe par la zone où la lave a tendance à couler. Au niveau des coulées, il y a des panneaux indiquant les années : 1977, 1986, 1998, 2001, 2002, 2004, 2007… On voit ainsi les différentes éruptions qui ont traversé la route au fil des années.

Contrairement à la coulée vers l’église, et au volcan de Banda Neira en Indonésie, la végétation a déjà commencé à recouvrir les coulées, mais on les voit encore bien.

Cette route a été fermée pendant des mois après la dernière coulée qui l’a atteinte le 13 mars 2026. L’éruption a duré environ 50 jours et s’est terminée en avril. La lave ayant recouvert plus de 400 mètres de chaussée et atteint l’océan quelques jours après avoir coupé la route.

Elle vient de rouvrir il y a environ trois semaines. Venant de passer la route qui rallie les côtes est et ouest, on imagine le pénible détour qu’ont dû faire les gens qui devaient se rendre dans le sud de l’île.

Nous voilà enfin sur la coulée de 2026. Plusieurs voitures sont arrêtées en bordure de route, qui est un peu plus large juste avant la coulée. On s’imaginait les pénibles travaux pour enlever la lave afin de retrouver la route. Mais non, ils ont simplement fait passer une nouvelle route par-dessus la coulée. C’est plus simple.

Il pleuvine, c’est gris et de la fumée a l’air de sortir de la lave. Timeo arrive le premier sur la lave et nous crie qu’elle est encore chaude.

Habitués à ses vannes, on n’y croit pas, mais il a raison ! La fumée vient de la pluie qui tombe sur la pierre chaude. On peut facilement marcher dessus, ça ne brûle pas les semelles. Par contre, il ne faut pas essayer de mettre les mains entre les pierres, la chaleur émanant des fissures est grande !

Sur le coup, j’ai l’impression que la lave continue de couler sous la croûte. Mais ce n’est pas le cas. La lave peut mettre des mois à refroidir.



Cap Méchant et le Pirate des Glaces


On continue la route qui suit le littoral escarpé de l’île. Au sud de l’île se trouve Cap Méchant, un doigt de terre qui sort une bonne centaine de mètres dans la mer, brassée par de grosses vagues.

À peine arrivés sur place, voilà deux voitures qui nous rejoignent. C’est l’équipe de Français dont on s’est fait les photos de groupe les uns des autres sur la coulée de lave. L’un habite La Réunion et fait visiter l’île à sa famille.

Ça me rassure, mes choix de destinations de visite ne sont finalement pas si mauvais, malgré le fait que je n’aie pas pris le temps de lire les guides touristiques.

En venant ici, on a pris la mauvaise route à un rond-point. Faisant un petit détour, on est passés devant un restaurant nommé « Pirate de Glaces ». Après la visite du cap, on ne résiste pas, on doit y aller manger une glace.

On n’est pas déçus ! Ces anciens boulangers ont transformé leur boulangerie en restaurant qui fait des pizzas et des glaces maison. Les propriétaires sont super sympas, l’entente est directe, on passe un bon moment à échanger. Les glaces sont délicieuses et les pizzas, qu’on ne goûte pas, sentent super bon.

Le seul regret, c’est que ce soit loin de la ville du Port, sinon on y retournerait.



Temple tamoul le long de notre route


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