Cilaos, 400 virages et quelques surprises

Un ami moitié réunionnais nous conseille de visiter le marché du samedi de Saint-Pierre.

La route menant au cirque de Cilaos n’est pas loin de Saint-Pierre, on décide de combiner les deux visites.


Un marché différent


Déjà, il faut trouver à se garer, car c’est bondé. C’est un endroit très prisé par les locaux comme par les touristes.

Le marché est installé entre deux ronds-points, sur la route le long de la mer, et s’organise en deux allées sur près de 400 mètres de longueur. L’une des allées comporte plutôt les stands de fruits et légumes, et l’autre, tout le reste.

Nous sommes surpris de voir pas mal d’animaux en vente. Il y a aussi pas mal d’artisanat, d’habits, de stands de nourriture et de boissons.

On trouve beaucoup de vanille, à des prix très différents : vanille de La Réunion et de Madagascar, souvent vendue sous l’appellation « vanille Bourbon ».

La Réunion est connue pour ses nombreux rhums arrangés, il y en a plein le marché. Des bouteilles décorées pour faire son propre rhum arrangé, des sachets d’épices pour préparer le sien et des bouteilles de rhum arrangé toutes faites.

Ça vaut le détour ! Les légumes y sont peu chers. Dommage qu’on parte en virée pour la journée, sinon je ferais le plein.



La route des 400 virages


De Saint-Pierre, on rejoint rapidement Saint-Louis, d’où commence la montée vers Cilaos, le long du flanc de l’île.

On suit une rivière qui remonte jusque dans le cirque. La route comporte de nombreux virages en épingle, d’où le nom de « route des 400 virages ». À un moment, on passe sous un pont, sur lequel on passe après avoir fait une boucle qui permet l’ascension pour y accéder. Ça grimpe fort !

De part et d’autre, c’est plein de falaises, c’est superbe, on s’en met plein la vue. Comme à notre habitude, on s’arrête à plusieurs endroits pour en profiter.



Des tunnels bien étroits


Il y a quelques tunnels, ils sont si étroits qu’un bus n’a que quelques centimètres de jeu entre les rétroviseurs et la paroi du tunnel.

Les bus sont courants ici. Pas seulement ceux des touristes, la ville de Cilaos est desservie par bus ! D’ailleurs, on en croise plusieurs et, quand je vois certains de ces virages si serrés, parfois collés les uns aux autres, je me demande comment font les chauffeurs.

On s’arrête après le dernier tunnel, car la vue est superbe ! Vue sur le fond du cirque de Cilaos et sur différents villages, dont l’Îlet à Cordes, un plateau en hauteur où les marrons, des esclaves en fuite, se cachaient. Pour accéder à cet endroit isolé, ils utilisaient des cordes plutôt que des sentiers, afin de laisser le moins de traces possible aux chasseurs d’esclaves. C’est de là que viendrait le nom de l’îlet.

Voilà un bus qui arrive ! Les voitures garées dans les deux sens commencent à bouger pour faire de la place, car après le tunnel s’ensuit un virage à 90° et le bus a besoin de place.

Je resterais bien à filmer, tant le peu de marge qu’ils ont pour passer le tunnel est impressionnant, mais nous devons déplacer la voiture. Je fais vite une photo avant de partir. On aperçoit le bus en début de tunnel sur la photo en haut à gauche.


Cilaos


Le cirque de Cilaos est tout autant montagneux que celui de Salazie. Du temps du gros volcan, ça a dû être l’enfer sur cette île ! Et à présent, c’est un paysage époustouflant : les vues, la végétation… c’est magnifique.

On arrive dans le village de Cilaos, qui est pas mal touristique. Il y a une course à pied en ce moment et nous croisons même des cyclistes locaux qui ont gravi les quelque 1‘200 mètres de dénivelé depuis la côte sur une distance d’environ 35 kilomètres. Et ceci est sans compter que la route monte, redescend pour remonter à plusieurs reprises !

La ville est agréable, on se balade, s’installe à une terrasse pour manger un « américain ». C’est un bon bout de baguette fendue, rempli de jambon, de beaucoup de fromage et de frites qui se sont mélangées au fromage fondu. C’est bizarre, mais pourquoi pas ! Par contre, on trouve que ce serait meilleur avec les frites à part.

On reprend la voiture, passant devant les thermes, ceux qui ont concurrencé ceux de Hell-Bourg à l’époque et qui sont toujours en service, pour nous rendre à la Roche Merveilleuse. J’ai lu que la vue sur Cilaos est superbe, et nous approuvons.


Par contre, on rit quand on lit le panneau d’information de la fameuse roche. À l’époque, les femmes qui avaient des difficultés à avoir des enfants venaient y frotter leur ventre dans l’espoir de tomber enceintes.


Le Souffleur


Nous sommes de retour en bord de mer bien avant la nuit et suivons le littoral escarpé. Nous avons le temps de faire un petit détour pour aller voir le Souffleur.

La houle est assez forte autour de l’île. Quand une vague s’engouffre entre les rochers, elle comprime l’air et l’eau prisonniers du trou. À la vague suivante, tout est expulsé par une petite ouverture en un gros jet vertical. Et le bruit peut être assez impressionnant !


Ce n’est pas notre premier souffleur, mais chacun de nous apprécie cette halte et la vue sur cette côte sauvage.



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