Traversée Polynésie-Fiji

 

14 jours en mer et nous voilà arrivés à Fiji. Cette traversée a été intéressante.

Partis avec peu de vent, on a navigué quelques jours à vitesse d’escargot. Puis le vent a fait le tour du cadran un peu plus d’un tour et demi. Nous aurait-on parlé d’Alizées ? Rien de tout ça ! Quelques grains et surtout certains nuages impressionnants qu’on ne pouvait éviter et surprise, rien de spécial (mieux vaut comme ça !). On a eu du soleil, de la pluie, beaucoup de nuages, on a même eu froid puis chaud à nouveau.


L’arrivée fut un peu musclée, 1 jour avant d’entrer dans les eaux de Fiji on nous annonce du vent fort et de grosses vagues de 3+m de sud (de côté, très mauvais en catamaran) pour plusieurs jours autour de Fiji. On freine mais ne pouvons retarder notre arrivée de 3 jours. Un local nous conseille les passages au nord de Viti Levu. On étudie les cartes, pas fameux pour une fin de traversée avec la cumulation de fatigue. Des îles et récifs partout, combien justes sont nos cartes ? Punaise, on nous a dit que la Polynésie était un endroit difficile niveau navigation. Là on est d’avis que la Polynésie était un entraînement pour Fiji !

On a fait le tour des solutions, on n’a pas le choix, on suit l’option des locaux. On fait notre route,  planifie le tout et tout roule ! On a ralenti pour passer les îles Lau de jour, puis ralenti la nuit dans la mer de Koro pour passer entre les îles et récifs de jour. Les vagues étaient de 3m, le vent 30-35 nœuds constant, mais on a vite pu faire cap nord-ouest et le tout était de l’arrière. On n’a pas été secoués longtemps, juste le temps de renverser des bricoles et casser une assiette en plastique, la seule casse de la traversée, donc un rien du tout !

Uniquement sous foc, on filait dans le canal qu’on a même réussi à sortir avant la tombée de la nuit. Petite montée dans le « Blight waters » où on faisait encore du 5 nœuds avec le tout petit peu de voile qu’on a gardé (environ 5m2), on s’est mis sous cape près de 4h, on dérivait à 1.5 nœuds ! Puis le vent est un peu tombé, on est arrivés au petit matin à la passe et surprise, c’est pas comme en Polynésie. On ne voit pas les récifs, pas de poteau/piquet/balise ou autre marquage, rien. C’est la mer et il faut faire confiance aux cartes ! Heureusement, Navionics & Google Earth étaient fiables à cet endroit !

Jolie ballade en moteur entre îles et récifs avant notre arrivée au mouillage de quarantaine à Port Denarau.

15 minutes qu’on était ancrés que la Navy était déjà à bord pour contrôler qu’on ait fait aucune escale depuis Tahiti ! Le lendemain, tests Covid pour tous. Au 3ème jour, nous avions l’autorisation d’aller au port pour les formalités d’entrées. Bienvenue à Fiji ! Les gens sont adorables, souriants, serviables… ouah, ça change des îles de la Société, ça fait plaisir d’être les bienvenus.


Lors de cette traversée, nous avons eu 2 jours de 25 heures, mais on nous a volés 1 jour ! Les enfants se sont couchés le samedi soir pour se lever le lundi matin. Le dimanche 13 septembre a été tracé de notre calendrier. A présent nous sommes en avance par rapport à la Suisse.

On a également traversé la ligne symbolique de notre ½ tour du monde. A présent chaque fois qu’on navigue à l’ouest, on se rapproche de la maison !

Au final, on a bien fait de faire les passages au nord, un bateau est passé au sud selon notre ancienne route au même moment, ils ont eu 45 nœuds de vent et plus de 4m de vagues latérales !

 

La nourriture

Nous avons beaucoup mangé lors de cette traversée, essayant de vider notre garde-manger. Vu le peu de mouvement qu’on fait, nous n’avions pas très faim et mangions bien 1/3 de moins que d’habitude.

Il nous restait plusieurs aliments prohibés d’importation à Fiji. Avec un peu de créativité, j’ai mixé tout l’ail qu’il nous restait mélangée avec un peu d’huile d’olive, faisant ainsi une pâte d’ail. J’ai fait pareil avec les graines de sésame. Le reste de gingembre a fini en infusion avec un filet de jus de citron et de sucre pour une bonne boisson fraîche ! Les tubercules et les graines sont interdits, afin de ne pas pouvoir les planter, en purée ou infusion, aucun souci !

Nous n’avons pas pêché, car notre congélateur était plein de viande et poisson. Nous avons réussi à vider la viande, pas le poisson, nous verrons bien.

Quant aux œufs, nous les avons finis en gâteaux et omelettes. Nous avons aussi dû diminuer notre stock de schnaps dans les gâteaux. J’ai fait un Baba au Grand-Marnier succulent !

Pas de miel, plus de fruits ni de légumes frais, il ne restait que des conserves, dont certaines de viande, le contrôle de biosécurité devrait bien se passer.

 

En quarantaine

Arrivés un vendredi après-midi, en temps normal nous aurions dû faire notre entrée le lendemain en payant les surplus de week-end. Nous avions fait la demande de rester en quarantaine jusqu’au lundi afin de nous épargner ces frais, car avec le COVID, les frais d’entrées sont bien plus élevés que d’habitude (frais de la Navy, des tests etc…). Permission accordée de suite, ça les arrangeait également du fait qu’il faut 2 jours pour avoir les résultats des tests.

Du vendredi après-midi jusqu’au lundi fin de matinée, nous étions bien tranquilles ancrés au mouillage de quarantaine, juste à côté du bateau POLLUX partis en même temps que nous. Nous avons pu profiter de faire les grands nettoyages pour éliminer le sel. Stéphane avait déjà rincé l’extérieur du bateau alors que nous naviguions dans le chenal amenant à Denarau, mais il restait le cockpit et l’intérieur. Lors des traversées, nous recevons régulièrement des vagues qui nous inondent le cockpit. Avec nos pieds, nous amenons le sel à l’intérieur, en s’asseyant sur les coussins du cockpit, nous en amenons partout où nous nous asseyons à l’intérieur. On a beau faire attention, le sel se promène partout, même dans l’air. La machine à laver à bien tourné et nous étions heureux dans nos lis tout propres !

Chaque jour, la navy passait contrôler si nous étions tous bien en quarantaine. C’est avec un grand sourire qu’ils nous demandaient si tout allait bien, si nous avions besoin de quelque chose. Quel service ! Le lendemain de notre arrivée, la navy a amené une infirmière qui est venu faire les prélèvements pour le test COVID.

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