C’est à trois bateaux que nous quittons le resort abandonné en début d’après-midi. Les WILD TRIBE, ayant la même destination, se joignent à nous.
Mouillage vers un banc de sable
On a tous passé un bon moment à éplucher les images satellites des environs pour trouver un endroit où passer la nuit. Le seul mouillage où un bateau semble avoir déjà dormi se trouve près d’un récif. Comme il n’est pas protégé des vents, nous faisons d’abord le tour des deux îles voisines en espérant trouver mieux.
Malheureusement, les îles tombent abruptement dans le bleu et il est impossible d’y mouiller sans risquer de finir sur le récif. On se rabat donc sur le mouillage utilisé par un précédent bateau.
En passant près de la pointe d’une île, on aperçoit une raie manta faisant des cercles juste sous la surface. Toujours magique à voir.
Le mouillage se trouve près d’un banc de sable où deux pelleteuses montées sur de hautes pattes semblent posées au milieu de nulle part. C’est assez drôle à voir.
Quatre hydravions
Le lendemain matin, nous poursuivons notre route vers l’atoll de Baa. Cet atoll principal comprend une dizaine de récifs et d’îles protégées qui nous sont inaccessibles.
Nous choisissons un mouillage à l’intérieur d’un petit atoll bordé d’un banc de sable et parsemé de patates de corail.
Le petit banc de sable vierge visible sur les photos satellites a bien changé : il s’est bien agrandi et est désormais en plein chantier. On dirait une usine, entourée de gros baraquements sur pilotis pour loger les employés. Après quelques renseignements, on apprend qu’ils sont en train d’y construire un tout nouveau resort.
Plusieurs centaines de mètres devant nous flottent deux plateformes dont nous n’avons pas prêté attention. Puis un premier hydravion vient se poser, suivi par d’autres. Très vite, nous assistons à un véritable ballet aérien. Les hydravions longent nos bateaux avant de se poser sur l’eau. À un moment, il y en a même quatre en même temps autour des plateformes, attendant leur tour pour accoster.
Partager un mouillage avec des avions, c’est plutôt original. On passe souvent du temps à l’avant du bateau à regarder le spectacle.
Les enfants, eux, font du banana-boat. Ils tirent un siège gonflable derrière l’annexe, parfois à deux dessus et deux autres dans l’annexe. Leur consigne : rester bien loin des plateformes et des hydravions.
WILD TRIBE nous montre la vision de nuit de leur caméra, impressionnant !
En route pour l’atoll Malé Nord
J’aurais bien aimé passer plusieurs jours à explorer l’atoll de Baa, mais nous n’avons malheureusement pas le temps. J’espère qu’on y reviendra.
À peine sortis de l’atoll, nous parcourons près de 40 miles nautiques dans le chenal. Le mouillage choisi se trouve dans l’atoll de Himmiya Falhu, qui forme le pourtour nord-ouest de l’atoll de Malé Nord.
Il y a pas mal de vent et les bateaux – surtout les monocoque comme SERENITY – se balancent au mouillage comme des métronomes. On a beau scruter les cartes satellites, on finit par conclure qu’il existe très peu de mouillages bien protégés des vents d’est : Uligam tout au nord, Meedhoo tout au sud et Dhangethi au centre. Peut-être qu’Himmafushi, proche de Malé, pourrait aussi convenir.
Arrivés les premiers, nous longeons la partie est du récif avant d’y jeter l’ancre, en espérant avoir un peu moins de houle que de l’autre côté du lagon.
Une fois la marée un peu descendue, on a la surprise de voir apparaître des cordages de vieux corps morts émerger près de nous. On a eu de la chance de ne pas se les être pris dans les hélices ! A marée haute, ils sont tout juste sous la surface.
On prolonge notre séjour dans le récif
Nous sommes seuls dans ce vaste récif et l’endroit est plutôt agréable. Les enfants recommencent leurs sessions de banana-boat, cette fois sans hydravions à surveiller.
Plus tristement, on voit passer des déchets plastiques dérivant depuis la direction du resort d’Eriyadhoo, situé à moins de 2 km de nous.
On fête l’anniversaire de Jost ! Partageant mon moule avec de l’alu, je prépare deux gâteaux différents. L’un d’eux est une recette que Suzi m’avait donnée, la femme de Jost aujourd’hui décédée.
Comme nous ne sommes pas très loin de l’aéroport, nous décidons de rester une nuit supplémentaire dans ce coin paisible. Volker, le frère de Jost, arrivant dans l’après-midi, la matinée nous suffira amplement pour aller le récupérer.
Les enfants profitent de passer un maximum de temps ensemble, car bientôt nos chemins vont se séparer. Les WILD TRIBE – qu’on a connu en Australie – vont remonter la Mer Rouge en direction de la Méditerranée.


