Séduits par une île locale

Traversée express

Plus de trente milles nautiques séparent les deux grands atolls de Malé Sud et d’Ari. Pensant avoir au moins six heures de navigation devant nous, nous partons tôt le matin.

Mais ce jour-là, nous volons ! Nous avons un excellent vent et le courant nous pousse dans la bonne direction.

Quatre heures plus tard, nous sommes déjà ancrés dans le lagon de Dhangethi après avoir contourné l’atoll pour entrer par la passe ouest. Nous avons tenu une moyenne de huit nœuds avec SERENITY juste derrière nous.


Dhangethi nous séduit


Plusieurs gros bateaux de croisière sont mouillés dans le lagon, dont un magnifique voilier en bois à deux mâts. Leurs dhonis déposent les touristes au bout de la jetée.

L’île est assez petite, environ 500 mètres sur 1 kilomètre. D’après les informations trouvées sur Noforeignland, nous pouvons laisser nos annexes à la jetée. Comme nous espérons manger au restaurant, nous nous y rendons en fin d’après-midi afin de ne pas arriver trop tôt pendant le Ramadan.

Au pied de la jetée, un panneau informe les visiteurs de la tenue vestimentaire à adopter pour respecter la culture musulmane.

De là part une jolie rue sablonneuse qui traverse l’île. Elle est bordée d’arbres qui couvrent la rue de leur ombre.  Dès qu’on passe dessous, on sent la différence de température.


Une femme au sourire chaleureux nous accueille devant le premier magasin touristique. Je passe un long moment à discuter avec elle. Beaucoup de touristes passent sans vraiment chercher le contact avec les habitants. Leela est ravie de pouvoir raconter son histoire et celle de son île.

Elle construit actuellement un homestay et espère l’ouvrir l’année suivante.

Elle m’apprend également que des ferries relient l’île à la capitale chaque jour en seulement une heure et demie. Ce temps de trajet me surprend, mais il est exact. À ce moment-là, je ne réalise pas encore l’importance de cette information.

L’île compte quelques petits hôtels, plusieurs homestays, des restaurants, des échoppes, des centres de plongée et même une « bikini beach », une plage où les touristes peuvent se baigner en maillot de bain occidental.

Rien à voir avec l’image que nous nous faisions des îles locales, auxquelles nous pensions ne même pas avoir accès.


L’accès aux îles locales

Nous apprenons que les Maldives ont changé de président il y a environ sept ans. Jusqu’alors, les autorités souhaitaient limiter les contacts entre habitants et touristes, d’où toutes ces informations indiquant qu’il était interdit de visiter les îles locales.

Depuis ce changement politique, l’ouverture s’est faite rapidement : d’abord avec quelques homestays et petites boutiques, puis avec des hôtels, des restaurants et davantage d’activités touristiques.

Personnellement, je trouve cela très positif.

Les resorts privés sont magnifiques, mais ils ne représentent pas vraiment le pays. La plupart des employés ne sont même pas maldiviens. En restant cantonnés sur ces petites îles — j’en ai visité une en vacances en 1996 — on passe complètement à côté de la culture locale.

De plus, comme beaucoup de resorts appartiennent à des investisseurs étrangers, une grande partie de l’argent dépensé par les touristes quitte finalement le pays.

Sur une île locale, on découvre un peu mieux le quotidien des habitants. L’argent dépensé dans les restaurants, les magasins ou les activités reste davantage dans l’économie locale. Même les centres de plongée et les agences d’excursions emploient de nombreux Maldiviens.


Restaurant avec vue sur raies et requins


Après notre visite de l’île, nous nous installons dans un restaurant. Une terrasse en bois surplombe la plage et, chaque soir, les employés y nourrissent les raies.

Forcément, quelques petits requins viennent eux aussi profiter du repas.




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