L’Ile des Pins

Après une journée de navigation nous voici enfin à l’Ile des Pins ! Comme sur les brochures, nous voyons les îlots entourant l’Ile des Pins remplis de ces pins colonnaires qu’on trouve uniquement en Nouvelle Calédonie. C’est vrai que les îles ressemblent à des brosses, on comprend pourquoi l’une d’elles s’appelle l’îlot Brosse.

 

 

Ruines du bagne


L’île des Pins était le bagne des prisonniers français exilés jusqu’en 1912. Nous visitons les ruines de la prison des déportés ainsi que le château d’eau qui est toujours en service. Tous deux ont été construits par les bagnards en 1894.

Triste histoire : exilé sans avoir pu avertir sa famille

 

Plages


Nous marchons sur la grande plage de sable blanc de la baie de Kuto où nous sommes mouillés. C’est une vraie plage de cartes postales, elle est propre, le sable y est très fin et agréable.

A deux pas se trouve une autre baie, où se trouvent un hôtel ainsi qu’un gîte. Comme la route fait un détour pour s’y rendre, les visiteurs arrivant par le Betico II, le bateau qui rallie Nouméa à l’Île en 2h30, passent par cette plage pour se rendre à leur hébergement. Nous avons été fort étonnés d’y trouver beaucoup de plastique, on aurait imaginé que les hébergements feraient un peu de ménage pour l’accueil des touristes. Surtout que cette plage est très touristique car un très joli îlot se trouve dans la baie, îlot sacré dont il est interdit de monter dessus.

 

Pic N’Ga


Le pic de l’unique montagne de l’île est en face de notre mouillage. A pied nous empruntons une magnifique route qui longe sous les flamboyants (malheureusement pas encore en fleurs) et autres arbres magnifiques. Les arbres nous couvrent comme si nous étions dans un tunnel.

1.5km plus loin nous arrivons enfin au début du sentier amenant en haut du Pic N’Ga. Au début nous marchons dans les bois, suivons un lit de ruisseau sec. Puis nous sortons des bois pour grimper le pic. Nous longeons une crête, le sol est en terre rougeâtre avec beaucoup de pierres.

Nous croisons beaucoup de monde, une famille parlaient de la Suisse au moment où Stéphane les croisait. Après avoir engagé la conversation ils nous informent qu’il y a un autre suisse devant nous.

Juste avant le sommet, nous croisons le suisse et convenons de nous retrouver à son hôtel, en face de notre mouillage pour boire quelque chose ensemble. Nous passerons une super soirée en la compagnie de sa famille.

C’est devant la superbe vue du haut du pic que nous pique-niquons. Suivant les conseils reçus, nous suivons le chemin contre l’arrière de quelques centaines de mètre pour jouir de la vue de la partie Est de l’île.

Les grottes

Nous avons loué une voiture pour aller visiter les choses un peu plus éloignées. Il y a plusieurs grottes, nous commençons par celles de Ko Ngoe Mere. Il n’y a personne, juste un petit stand où nous devons laisser le prix de l’entrée.


C’est un gouffre, on y descend par une échelle de corde et de bois. Nous entrons dans les bords du gouffre pour admirer les stalactites et les stalagmites. Comme toujours à la traîne pour faire des photos, me voici attirée de l’autre côté du gouffre. Ce coin était encore plus beau que l’autre.

Nous nous rendons plus ou moins au milieu de l’île pour visiter la grotte de la Reine Hortense. Une femme nous accueille et après avoir encaissé l’entrée nous donne les instructions.

La courte balade jusqu’à l’entrée est magnifique, un petit ruisseau, de superbes végétaux, le tout très bien entretenu. Deux petits ponts traversent le ruisseau à l’entrée énorme de la grotte.

Très vite ça devient sombre. A l’entrée elle nous a conseillé d’utiliser les torches de nos téléphones, heureusement qu’Audrey nous a conseillé de prendre des torches avec nous. Nous avons ainsi bien plus profité des beautés de cette énorme grotte, peuplée de petites chauves-souris.

Au fond de la grotte on débouche au fond d’un gouffre en pleine forêt.


 

Distillerie de Santal

Une distillerie de Santal est indiquée sur la carte. On s’arrête devant, ouvre les fenêtres, pas d’odeur.  A peine arrêtés que des kanaks (locaux originaires de Nouvelle-Calédonie) viennent discuter aimablement. Ils nous disent d’aller voir.

Nous parquons et nous approchons timidement malgré le panneau « pas de visites ». Un employé kanak était en train de réparer une machine, Stéphane engage la conversation.

Ils viennent d’arrêter les brûleurs car ils font quelques révisions. Ils nous invitent à entrer et ils nous montrent les brûleurs, nous amènent voir le bois qui sent très bon et très fort. A l’arrière ils nous montrent un jeune arbre de Santal. L’arbre doit avoir une 30 aines d’années avant de pouvoir être exploité.

Ils nous expliquent qu’ils scient le tronc et les racines en rondins, enlèvent le pourtour extérieur à l’aide d’une hache puis les hachent en plus petits morceaux avant de les passer au broyeur. Nous sommes surpris de voir qu’il y a beaucoup de travail manuel.

Ils remplissent environ 300kg de copaux qu’ils distillent à la vapeur pour en récolter 10-12 litres d’huile de Santal. Cette huile est la base de beaucoup de parfums et c’est très cher, car le Santal a tant été exploité par le passé qu’il a presque disparu. Heureusement, plusieurs pays se sont mis à faire des plantations de Santal.

Ce qui reste du bois après la distillation sent toujours encore très bon, c’est même plus agréable car l’odeur n’est pas si forte et prenante. Ils envoient ces copaux en Asie où ils seront encore une fois distillés et utilisés pour en faire de l’encens.

Tous les employés qui étaient à la distillerie étaient des jeunes kanaks. Ils nous ont dit faire partie de la tribu. La plupart des kanaks vivent en tribu et c’était un énorme plaisir, voire même un cadeau de pouvoir passer un moment avec eux. Non seulement la visite et les explications du Santal étaient passionnants, mais aussi les échanges culturels. Nous avons eu un super contact et à un moment l’un me dit « c’est des gens comme vous qui devraient venir habiter ici ». Ça fait vraiment très chaud au cœur d’entendre ça.

 

Piscine naturelle


A l’opposé de l’île par rapport à notre mouillage se trouve la baie d’Oro, une baie flanquée d’une île. Entre les deux il y a un « canal » pas profond du tout qui mène à une piscine naturelle. C’est le coin touristique de l’île.

C’est un très joli endroit où nous avons pique-niqué et les enfants se sont même baignés malgré les 21° de température de l’eau (ne pas oublier qu’on a vécu 19 mois où l’eau était entre 29-31°).

L’îlot est similaire aux îlots des groupes Lau à Fiji, l’endroit est magnifique. L’îlot est coupé en deux par une « rivière de sable » où nous pouvons marcher à marée basse.


Vao, le village principal