Balade dans la boue à Viani Bay


Alors que Philippine d’ESTRAN était occupée à faire un cours de plongée, son mari Oscar a organisé une ballade avec un guide. Il a averti toute la flottille du rallie et nous pour les rejoindre. Nous étions une bonne petite équipe sympa pour cette ballade. Stéphane est resté au bateau car il voulait faire quelques réparations et c’est toujours pratique d’étaler ses outils quand les enfants ne sont pas là.

Le guide nous a emmenés sur les hauteurs du village, d’où nous avions une belle vue sur la baie, ensuite le chemin continuait sur un genre de petit plateau. Certains chiens du village nous ont suivi, tout contant de faire une ballade.

Arrivant près de quelques maisons, nous entendons un porc hurler. Habitués à les entendre lorsqu’ils en tuent, nous pensons être arrivés au mauvais moment. Nous avons beau manger de la viande, il est plus simple de l’acheter en magasin que de l’entendre hurler à mort.

Mais cette fois, ce n’était pas le cas, l’un des chiens qui nous a accompagnés a attaqué un pauvre petit porc attaché. Au moment où je suis arrivée, l’adolescente à qui appartenait le porc était en pleurs avec son animal de compagnie dans les bras. Une oreille était pendante car la peau a été arrachée, il avait également d’autres marques de morsures. Quelques points de suture auraient été nécessaires, mais personne n’avait le matériel nécessaire. La maman de l’adolescente n’arrêtait pas de dire que ce n’était rien. Pour eux, ce porc est élevé pour être mangé, mais l’adolescente s’y est attachée.

Nous étions tous très désolés et mal à l’aise, mais les fidjiens nous ont accueillis à bras ouverts et nous n’avons pas continué la ballade, nous sommes restés avec eux.

L’une des mamans a envoyé sa fille, âgée de 12 ans, chercher des noix de coco pour nous offrir à boire, malgré nos protestations. Au moment où j’ai vu le cocotier de bien 25m de haut, j’ai eu peur. La mère n’arrêtait pas de me dire que c’est rien. J’avais vraiment peur que cette fille se casse le cou juste pour nous faire plaisir alors que nous avions tous pris notre boisson avec nous.

La fille est grimpée à mains nues jusqu’en haut, puis a balancé une bonne douzaine de cocos à terre et est redescendue. Nous étions tous impressionnés. Les enfants l’ont aidée à ramasser les cocos pour les amener aux maisons.

De fil en aiguille, les locaux nous ont invités à revenir le lendemain pour se partager un repas. Ensuite quelques femmes et adolescentes sont parties dans la mangrove pour pêcher des crabes et crevettes.

 

Partie de pêche dans la boue


Le guide et le reste de l’équipe sont retournés, Oscar et moi avons décidé de rejoindre ces femmes à la pêche avec nos 6 enfants.

Quelques enfants du hameau nous ont accompagnés et nous avons retrouvé le petit groupe à la rivière où commençait l’aventure. Les locaux sont à pieds nus, nos enfants ont laissés leurs chaussures en bordure de rivière, les adultes et Elina avons laissés nos basquets.

Nous avons remonté la rivière qui se trouve dans la mangrove. Le sol c’est de la boue, parfois un peu plus dure, parfois très molle. Nous marchons dans l’eau, dans la boue et petit à petit, les fines particules de boue pénètrent nos baskets et nos chaussettes, laissant de moins en moins de place pour nos pieds. J’ai fini par faire comme les locaux, c’était bien plus agréable d’être pieds nus dans cette boue dans laquelle on s’enfonçait assez profondément par endroits.

Les femmes emprisonnent les racines de mangrove à l’aide de filets et essayent d’attraper des crevettes. Une des ados arrive avec un crabe. Parfois ils pêchent de tous petits poissons avec leurs filets, que les petits mettent dans un sac.

Nous sommes retournés très sales mais heureux de cette aventure, qui était la partie la plus sympa de la ballade.

 

Potluck


Le lendemain, nous étions un peu plus nombreux à nous rendre au repas en commun. Chacun a amené un ou deux plats pour contribuer au repas.

A notre arrivée, Baptistine l’ainée d’ESTRAN, a d’abord soigné le petit porc en suivant les instructions de sa maman infirmière. Ensuite nous avons rejoint le groupe.

Les locaux avaient attrapé plein de crevettes et 2 gros crabes qu’ils étaient en train de cuire avec un peu de manioc et quelques feuilles de taro au lait de coco.


Nous nous sommes bien régalés, les locaux ont surtout appréciés nos desserts et le pop corn.

Il est de coutume de toujours amener des choses dans les villages. Les ESTRAN ont amené de la nourriture, des jouets et des habits d’enfant. Nous avons amené une râpe, quelques jouets et un jeu de cartes que l’une des mamans s’est approprié directement. Au moment de notre départ elle m’a demandé si je pouvais lui amener un portable lors de notre prochaine visite.

C’est là qu’on voit que certains plaisanciers leur amènent des choses d’une certaine valeur car peu cher à l’achat ici, sans se rendre compte que pour un local, c’est une fortune ! On trouve des GSM basic à moins de 50€, des smartphones il faut compter 2-3x plus. Pour eux, un GSM basic c’est une semaine de salaire ! Il faut toujours voire dans le contexte par rapport à leur salaire et non par rapport au coût de la vie de notre pays. En étant trop généreux, on casse beaucoup de choses. Par exemple en donnant un pourboire de 50-100% car le plat est très bon marché et qu’on a pas besoin de la monnaie, ça fait que petit à petit les restaurants montent les prix et les locaux ne peuvent plus s’y rendre car devenus hors de prix.





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