En rentrant de notre visite chez MOOSETRACKS, Stéphane, toujours attentif, se rend compte qu’un bateau s’est échoué. Une annexe était en train d’essayer de tirer le catamaran. On va demander si on peut les aider, ensuite on essaye de les pousser, mais avec notre moteur 15CV, ça change à rien.
Puis voilà
l’un des safrans (la partie du gouvernail qui est dans l’eau) qui fait surface
et flotte un peu plus loin ! L’autre annexe va le rechercher, le safran
est très endommagé, il s’est arraché de la barre qui le maintien, qui elle, est
toujours en place.
Nous
essayons de voir avec le propriétaire ce qu’on peut faire, il n’est pas très
bavard et ne décide rien. On récolte l’info que le moteur bâbord est noyé,
qu’entend-t-il par-là, à part le fait qu’il ne fonctionne pas ?
Puis je
demande si quelqu’un a déjà plongé pour voir comment il est posé/coincé. Après
plusieurs de mes demandes, celui de l’autre annexe réclame un masque, car sur
le catamaran, personne ne bouge. Le soleil et en train de se coucher, il ne
faut pas perdre de temps !
On regarde
le bateau de plus près, ils sont très lourd d’un côté, la ligne de flottaison
est sous l’eau. Je fais la remarque et dit qu’il faudrait alléger, descendre
l’annexe, sortir les gens et vider l’eau. Sur quoi nous apprenons qu’ils ont
une voie d’eau dans la cale moteur, la pompe de cale fonctionne mais n’est pas
suffisante. Le proprio met son annexe à l’eau, qui elle a un moteur bien plus
puissant que le nôtre. Avec leur accord, on part chercher notre pompe à eau
220V.
A notre
arrivée, le bateau venait de se dégager ! Le safran cassé serait celui de
tribord, le côté où le moteur fonctionne. Il est clair, ce bateau n’est pas
manœuvrable. Ils venaient au chantier pour leur voie d’eau, il fallait les
aider à rentrer dans le box.
3 annexes
dont le propriétaire dans l’un d’eux, un de leur copain (venus les aider à
cause de la voie d’eau) à la barre et personne qui donne des commandes. On va
vers le proprio lui demander comment il veut faire, il ne dit rien. On lui
propose une solution il dit oui, mais ne dit rien aux autres. Aucune
coordination ni de lui, ni du barreur. Les 2 annexes puissantes sont sur son
côté bâbord, nous sur le côté tribord. Plusieurs fois j’essaye de savoir si le
barreur connaît l’entrée du chantier, pas de réponse. Puis je le vois aller sur
un autre récif, car un arbre est au milieu du chenal, entre cet arbre et le
ponton du port, c’est le récif. J’ai crié plusieurs fois de laisser l’arbre à
tribord avant qu’il corrige son cours.
Il va vite,
trop vite, on le suit sans savoir que faire, c’est stressant. Comme personne
fait rien et aucune instruction fuse, je crie aux passagers qui étaient à
l’avant du bateau à regarder, de mettre les pare-battages, des 2 côtés, ensuite
de mettre les bouts pour attacher le bateau. J’appelle Elina par VHF pour
qu’elle dise à GRAN LARGO de venir prendre les bouts dans le box car on arrive
avec un bateau pas manœuvrable.
Juste avant
l’entrée dans le box, le barreur nous demande de pousser, on le fait, mais on
ne sait pas combien, on ne voit pas l’autre côté du catamaran et le box n’est
pas très large. Stéphane s’arrête de lui-même car le barreur ne dit rien. La
partie avant du catamaran entre dans le box sans rien toucher ! GRAN LARGO
sont arrivés au pas de course, ainsi que le chef administratif du chantier. Je
saute à terre et traduis les instructions du chef, prend un bout et aide le bateau
à entrer complètement puis à le maintenir en place avant de l’attacher. Ouf,
tout s’est bien passé malgré qu’il n’y avait aucune coordination (après-coup,
on pense que le silence et manque d’initiative des proprios et leur copain
devaient être car ils étaient sous choc).
Tout se
passe très vite, une rallonge de courant arrive, une pompe à eau est vite mise
dans le moteur qui était effectivement noyé, plusieurs centaines de litres
d’eau étaient déjà dans la cale. Stéphane y installe également notre pompe. Entre
la pompe de cale et les 2 pompes, l’eau se vide gentiment. Ensuite sous les
instructions de Stéphane, le proprio est allé voir la cale du milieu, qui était
également sous l’eau. Stéphane les a aidés, lui et sa femme à vider la cale.
Quant aux
autres gens sur le bateau, ils étaient assis à la table, sans vraiment savoir
quoi faire, car ils étaient des clients en vacances ! C’est un bateau qui
fait du charter, propriétaires à bord.
Le
lendemain ils ont sorti le bateau de l’eau, le safran arraché n’était pas celui
qu’on pensait, le bateau était donc un peu plus manœuvrable qu’on le pensait.
Par contre les dégâts, pas très beaux à voir.
Ils avaient
pris le bout de leur annexe à la traîne dans l’hélice, ce qui a fait bouger
l’embase et créé la voie d’eau. Ça s’était passé aux Tobago Cays, ils ont fait
2 heures de navigation avec 1 moteur pour rallier Carriacou pour venir au
chantier. Ne connaissant pas trop l’endroit, ils avaient appelé un copain à la
rescousse, qui les avait rejoints au large de Carriacou. Ensuite ils se sont
échoués peu avant l’entrée du chantier.
Stéphane
est allé reprendre sa pompe à eau, qu’il a pu nettoyer et rincer à l’eau douce
lui-même ! Les gens lui ont bien proposé de boire une bière, mais Stéphane
avait du travail sur notre bateau et n’a pas voulu rester.
Après de
longs jours au chantier, ENDLESS LOVE est reparti à l’eau, cap direct sur la
Martinique où leurs clients, super sympathiques, avaient leur avion 2 jours
plus tard ! Quant au proprio, à part d’être venu nous racheter notre reste
d’anti-fouling à un bon prix pour lui, il ne serait jamais passé amener une
bouteille à Stéphane pour le remercier de son aide !
