Prickly Bay
Nous ne pouvions pas passer devant Prickly Bay sans s’y arrêter quelques jours. Les enfants y ont leurs copains et aiment traîner au Tikki bar, et nous aussi, mis à part les moustiques qui y règnent.
Nous en profitons pour y jouer au Grenadian Train Domino, c’est une variante du Mexican Train Domino, les 2 petits changements de règle de jeu ont été faits par un couple de plaisanciers québéquois qui est à Prickly Bay.
Il y avait une fête d’enfant entre St. Georges et Prickly Bay. Nous avons pris le bus pour aller y passer un bon moment.
Le dimanche soir, c’est cinéma ! Après un gros orage, les enfants regardaient le film avec une bonne 30aine d’autres enfants. Les parents discutant un peu plus loin aux tables.
Nous avons aussi été manger de succulents et énormes hamburger avec CLARITY et CHASING WATERFALLS. C'était une soirée fort sympathique.
Il n’a pas été facile de quitter cette baie cette-fois. Certes, nous nous réjouissions de rejoindre GRAN LARGO à St. George’s et préférons nettement St. George’s à Prickly. Ce jour-là, nous quittions Prickly pour ne plus y revenir et savions que nous allions probablement jamais revoir la plupart des kids boats qui s’y trouvent. Peu de gens font le gros saut dans le Pacifique.
Elina et Cyliane vendent des porte-monnaie
Nous avons commencé de mettre les briques de lait et jus de côté pour en faire des porte-monnaie. Ils sont pratiques, car étanches aux éclaboussures et ils ne sont pas trop grands. C’est parfait pour aller au marché, on n’y met pas trop d’argent comme ça ils ne sont pas trop tenté de nous hausser les prix.
Nous avons donné l’info de cette vente sur les groupes Facebook des enfants et du bon coin des plaisanciers de Grenade. Nous avons été livrer quelques porte-monnaie à des bateaux inconnus jusque-là, mais la plupart ont été a vendus au Tikki bar ou à des connaissances. C’est surtout les mamans des kids boats qui étaient intéressées pour y mettre la monnaie pour le bus. Elina les vendait au prix d’une glace au Tikki bar, càd 2CHF. Nous ne sommes pas certains que ça couvre vraiment le prix du scotch et des velcros utilisés, mais Elina a eu très plaisir de sponsoriser une tournée de glaces à sa sœur et à son frère.
La production continue, à l’achat des jus, les filles choisissent les couleurs des briques ! Quant aux ventes, nous verrons ça plus tard. Ça peut aussi devenir de petits cadeaux sympas.
Notre anti-fouling bloqué par un coup de foudre
Nous allons bientôt sortir le bateau de l’eau pour refaire la peinture anti-fouling. Sur les conseils de notre amit Paul qui a fait le tour du monde avec son voilier pendant 11 ans, nous avions décidé d’utiliser du Jotun Seaforce 90, un anti-fouling utilisé par des bateaux de pêche professionnels. Il faut savoir qu’un bon anti-fooling en Méditerrannée n’est pas forcément bon dans l’Atlantique ou dans le Pacifique. Ce sont d’autres eaux avec d’autres algues, coquillages etc… Il est toujours bon de suivre les conseils de gens qui en ont eu l’expérience.
En Espagne, Stéphane avait trouvé un bidon de 20 litres et l’avait acheté ! Je ne vous dis pas ce que j’ai râlé, ce bidon, bien grand et encombrant, pèse un peu plus de 37kg ! Il fallait lui trouver une place dans le bateau, car on allait se le promener pendant des mois ! La raison de son achat en Espagne était le prix, bien inférieur à ce qu’il coûterait en Caraïbes.
Quelques mois plus tard, nous regrettons tous-deux de ne pas en avoir acheté 2 bidons ! Franchement, je ne sais pas où nous l’aurions rangé, mais tout problème a sa solution. Nous avons eu contact avec d’autres propriétaires de même bateaux que le nôtre et demandé combien de litres sont utilisés par couche. Les différentes réponses nous ont vite fait réaliser qu’il nous fallait organiser un 2ème bidon.
Seulement voilà, cette peinture se trouve à Trinidad et pas ailleurs! Et on ne peut pas utiliser 2 produits différents. On pourrait se rendre Trinidad, c’est à une bonne nuit de navigation. Mais ce n’est pas un endroit très sûr et les douanes sont encore pire qu’ailleurs.
Je contacte RONDO, un kid boat connu à Bequia, qui s’y trouvent. Ils prévoient revenir sur Grenade fin septembre. On commande la marchandise, paye avec la carte de crédit et leur envoie la copie de facture. Ils vont chercher notre peinture, tout se passe à temps, car ils prévoyaient partir sur Tobago pour une semaine avant de rejoindre Grenade.
Mais voilà qu’un éclair tombe sur le bateau à côté d’eux. Comme souvent, le champ magnétique est grand et les bateaux voisins ont aussi des dommages dans l’électronique. Elle me liste tout ce qu’ils doivent changer, j’en pâlis, mais elle le prend bien en disant que le plus gros fonctionne. Franchement quand je vois la liste, VHF, chart plotter (écran vers le poste de pilotage avec les cartes marines, GPS, AIS etc…), auto-pilote, instrument de mesure de vent, lumières, jauges et j’en passe je ne vois pas ce qui reste de gros.
Trinidad est un bon endroit pour les réparations de bateaux, on y trouve tout ! C’est leur chance d’y être encore, mais ça reste du travail à faire et ça prend du temps. Nous restons en contact pour voir s’il nous faut finalement aller à Trinidad récupérer notre peinture, car nous sortons le bateau de l’eau le 19 octobre !
Ils nous informent qu’un autre kid boat que nous connaissons aussi part de Trinidad avant eux et nous amènerait la peinture. Ce fut un plaisir de revoir BRITICAN (le mari nous avait aidés à descendre notre voile ouverte lors d’un grain à Union Island) et de récupérer notre anti-fouling à temps. Il avait aussi une 2ème livraison de même produit pour un autre bateau que nous connaissons.
Au même moment, nous recevions un message de FALKOR, ayant appris nos soucis d’anti-fouling par MARELIA, qu’un bateau qu’il connaît partait de Trinidad pour Grenade et qu’il pourrait leur demander de nous ramener notre peinture. L’entraide des plaisanciers, c’est simplement incroyable !
Merci à Mike & Sarah de RONDO, que nous espérons croiser pour les remercier en personne et merci à Kim & Simon de BRITICAIN pour l’organisation et la livraison de notre peinture anti-fouling.
Notre grand-voile est au bout
Nous savons que notre grand-voile ne tiendra pas tout le voyage, mais pensions pouvoir la tirer jusqu’aux prochains endroits, où l’on trouve une voilerie, càd après la traversée du Pacifique. Car malgré qu’elle soit délaminée, la forme est bonne !
L’ancien propriétaire de notre bateau avait acheté un set de 2 voiles en carbone 2-3 ans avant de changer de bateau, le génois et la grand-voile. Il était tout fier de me dire qu’il avait dépensé bien 30'000.-€ Ce qu’il ne sait pas et que je n’ai pas eu le courage de lui dire, c’est que le chantier naval où il avait laissé son bateau, donc nos vendeurs, ont laissé la voile montée sur la baume, enfermée dans son lazy-bag rempli d’eau de pluie ! Le lazy était en tissus mais l’intérieur en stamoid (bâche de camion) et ne laissait plus sortir l’eau accumulée. Pour une voile laminée, c’est mortel.
Il faut vous imaginer les feuilles de papier qu’on lamine, les voiles laminées c’est le même principe. Les fibres de verre sont collées entre 2 couches de tissus ou plastique. On ne comprend pas pourquoi il a commandé des voiles en carbone, les plus chères, des voiles de compétition, pour un catamaran de plaisance. Et chargés comme nous le sommes, on se compare à une caravane munie de roues de formule 1.
Dès le début, nous y avons collés des tacons aux endroits fatigués. Nous avons essayé, en vain, de lui enlever les taches de moisissure. Notre voile est moche, mais elle tire bien et nous avons été surpris de voir sur des photos que la forme est restée parfaite !
La grand-voile est le moteur principal d’un voilier. A la voile, nous pouvons atteindre de plus grandes vitesses qu’au moteur. Mais une voile se fatigue, elle doit supporter d’énormes tensions, et quand elle a été mal traitée, ça va plus vite.
Nous avions vu qu’elle commence à casser au niveau du premier ris (l’endroit où nous tendons la voile sur la baume quand on la rapeticit quand le vent devient plus fort). On pourrait faire avec, il nous reste 2 ris. On a découvert une fente dans le haut de la voile, au niveau de la bordure. On aurait voulu la réparer, mais le professionnel qui est passé y jeter un œil, nous a conseillé de changer de voile. Ce n’est pas une mince affaire, il faut bien compter 8-12'000.- pour une grand-voile de notre grandeur. Bien sûr, nous prendrions une en toile, et non une laminée. Et il y a le délai de livraison ! Nous quittons bientôt Grenade, il donne 6 semaines de délai, mais nous savons qu’il y a toujours du retard. Si on la commande là-bas, on n’aura aucune chance de voir l’arrivée de la route du rhum en Guadeloupe mi-novembre.
On n’a pas le temps d’y réfléchir longtemps que ça devient une évidence. Le 2ème ris commence également à montrer des signes de faiblesses. Il est temps pour nous de chercher où commander une voile pour se faire livrer au nord des Antilles, pour ne pas rester coincé des mois à un endroit. Les mois passent vite, le Pacifique nous attend. Ça nous rage de n’avoir pas voulu voir la réalité en face plus rapidement. Nous aurions eu le temps de changer de voile.
