Dimanche matin, nous nous rendions, TOCCATA, SINA et nous chez Boubou à Saint Anne. C’est un petit bar-resto bien sympa, qui possède un ordinateur où nous pouvons effectuer les formalités douanières, puis nous nous sommes informés sur les lieux.
Nous avons passé des journées tranquilles à l’ancre devant Saint-Anne. Le temps ne prêtait pas à continuer notre route, un vent assez fort, de 20-30 nœuds avec beaucoup de grains avoisinant les 40 nœuds créait de grosses vagues. Rien qu’au mouillage, pourtant sous le vent, les vagues étaient assez fortes. Nager à l’arrière du bateau n’était pas chose agréable avec ces vagues et le courant. D’ailleurs nous avons fait l’expérience que les nœuds des annexes se défont. Peu importe le nœud, cabestan avec demi-clefs pour sécuriser, nœud de chaise ou autre, avec l’eau et les vagues, quelques annexes ont pris le large.
Nous étions dans le cockpit et voilà notre voisin français fonce avec son annexe derrière nous, on regarde et surprise, il allait rattraper notre annexe, qui s’était détachée !
Un autre jour, nous entendons une québéquoise à la VHF annoncer une annexe à la dérive. Elle était communication avec le Cross, nous écoutions en regardant autour de nous. La québéquoise ne pouvait pas aller la rattraper, et nous avions beau regarder partout autour, nous ne voyions pas l’annexe en question. Etant à un mouillage avec 100-150 autres bateaux, l’annexe pouvait être n’importe où, des bateaux canadiens, il y en a beaucoup également. Quelques jours plus tard, SINA nous raconte qu’ils ont perdu leur annexe et qu’un bateau le remorquait en passant d’une embarcation à l’autre pour demander si elle leur appartenait. C’était la fameuse annexe de la VHF ! Le lendemain, Jürgen est allé les remercier, ils ont passé un moment ensemble puis le monsieur est allé chercher un livre, qu’il a dédicacé à Jürgen. C’était un écrivain !
Le mouillage ne fut pas idéal pour nos visites, la montée et descente sur l’annexe et au ponton à annexe ne fut pas facile pour Lotti et son genou handicapé. Ils ont décidé de quitter le bateau quelques jours avant leur départ de l’île, Paul ayant trouvé une chambre à Saint Anne.
Nous avons passé notre dernière soirée, sans pour autant savoir qu’il s’agissait de la dernière, dans un chouette restaurant de Saint Anne. Il y avait de la musique live et le repas fut très bon.
Après deux nuits parmi les cafards, ils ont décidé de changer d’endroit et sont partis plus loin sur l’île, où nous espérons qu’ils ont trouvé des plages plus jolies qu’ici. Car à Saint Anne, peu importe quelle plage on fréquente, des algues s’échouent sur la plage, flottent dans l’eau et ça sent pas très bon.
Saint Anne n’est pas non plus l’endroit idéal à passer ses vacances sans auto. C’est un joli endroit, mais les transports en commun sont minimes, il n’existe même pas de bus menant à Fort-de-France ! Il faut se déplacer en taxi, qui coûte une fortune, car ils ont le monopole.
Le Marin
Juste derrière la baie de Saint Anne on y trouve l’embouchure du cul-de-sac du Marin. C’est un endroit très prisé par les plaisanciers, car on y trouve tous les services dont a besoin les plaisanciers. La baie et la marina débordent de bateaux. Nous nous y rendons en annexe, comme la plupart des plaisanciers au mouillage à Saint Anne.
La Martinique possède des pontons à annexe un peu partout et nous trouvons cela très agréable. Il y a même un supermarché, Leader Price, qui a son propre ponton. On se rend avec son chariot d’achats directement à côté de son annexe ! Que c’est pratique ! Faire ses gros achats n’a jamais été aussi facile !
Il y a une petite rivière à Mangroves qu’on remonte, on se croirait presque dans la forêt vierge, puis on arrive au port à annexe de la voilerie. Ils ont une grue qui peut sortir les voiles directement de l’annexe. Si Stéphane l’avait su, il se serait épargné de monter notre Parasailor (~40kg) en haut des quelques mètres d’échelle menant à la rue.
La surprise fut grande en découvrant la déchirure de notre voile. Moi j’avais vu une ligne de bien 3m de long à l’horizontale, Stéphane avait vu une à la verticale. Ayant affalé la voile si vite, nous n’avions pas pu voir l’envergure du déchirement. La voile est déchirée horizontalement sur bien 2/3 de la largeur, et verticalement sur 3.5, jusqu’à la partie ouverte du Parasailor. Même le renforcement de côté de la voile est déchiré ! Nous ne comprenons pas et devrons monter dans le mât pour trouver le coupable. En attendant, la réparation prendra environ 3 semaines et la facture sera salée, car elle doit remplacer quelques bandes de tissus ! Il faut s’attendre à un prix à partir de 700€.
Le Marin est une petite ville à commerce. On y trouve plein de magasins et accastilleurs. J’y ai même trouvé un magasin Orange, malheureusement ils n’ont pas pu me vendre une recharge pour ma carte Orange France.
La Martinique est certes française, mais n’a pas forcément tous les avantages des français. Orange n’est pas Orange, en Martinique c’est Orange Caraïbes, et soit c’est 1€ la minute d’internet, soit on souscrit à un forfait d’un an minimum. Il me faudra donc continuer de faire recharger ma carte par des français, qui veulent bien me faire confiance en achetant mon forfait avec leur carte de crédit, montant que je leur donne cash, bien sûr. Mais tous ne veulent pas taper leur numéro de carte bleue sur le portable d’une inconnue. D’ailleurs je remercie Ségolène, Sandra et Gérald, qui m’ont chacun fait confiance et grâce à qui j’ai eu 3 mois de forfait Orange en Europe.
Je ne peux malheureusement pas acheter mon forfait avec nos cartes de crédit, les banques bloquent toute transaction dès qu’on recharge une carte SIM qui n’est pas du même pays que la carte de crédit, car la banque croit que les données de la carte bancaire a été volée. Même un appel à ma banque n’a rien changé.
En attendant, nous sommes atteignables sous notre numéro français, mais ne pouvons pas appeler. C’est fort dommage, car nous ne trouvons pas non plus de cabine téléphonique pour appeler nos amis connus à Las Palmas, habitant en Martinique !
De chouettes rencontres
Au mouillage, près de nous, se trouve un bateau bleu sous pavillon anglais, mais vers le mât flotte un drapeau Suisse et un de l’Odyssey. Nous passons leur faire un petit coucou, surprise, ils ont des enfants ! Le nom MIRABELLA ne nous est pas inconnu, ils ont fait la traversée avec Jimmy en novembre. Ils ont deux filles, 2.5 et 6 ans.
Ils nous informent qu’une autre famille de l’Odyssey est ancrée un peu plus à l’avant, FALKOR. Ils ont une fille de 5 ans et un fils de 3 ans. Le papa (allemand) a fait l’Odyssey avec un ami, la maman (canadienne) et les enfants ont fait la traversée en avion.
Nous nous sommes retrouvés à la plage, ce fut bien sympa, les enfants ont eu plaisir de jouer avec d’autres enfants vivant dans un bateau et parlant la même langue.
Les enfants de FALKOR ayant leurs anniversaires le 21 et 24 février, Cyliane le 23, nous prévoyions de faire une petite fête ensemble le 23. La météo et les réparations des bateaux ont repoussé la fameuse fête au 24. Nous nous sommes retrouvés, les 3 familles sur la plage avec boissons et gâteaux. Ce fut un après-midi bien sympa. Le soir, MIRABELLA sont venus chez nous manger des spaghettis, ce fut un chouette moment. Les enfants ont regardé la TV, les parents ont tchatché des heures, Eva Maria m’a donné plein de tuyaux de mouillages !
Ils ont les mêmes projets que nous, mais eux passent le panama en début de la saison des cyclones, nous avons prévu de faire une deuxième saison aux Caraïbes, car arrivés un peu tard pour avoir fait le tour. Nous espérons nous croiser à nouveau quelque part dans le Pacifique.
Une autre famille est venue nous faire un petit coucou, notre auto-collant de côté avec les 5 bonhommes aide à cela. Ce sont des suisses, MARELIA, partis il y a 4 ans et voyageant avec un petit garçon de 2 ans.
MARELIA sont repassé nous dire qu’ils allaient au Marin faire le plein d’eau et qu’ils reviendraient ancrer près de nous. Le lendemain, ne les voyant toujours pas, j’ai cherché sur l’AIS et ils étaient censés être un peu plus loin. En ballade avec l’annexe, nous avons cherché, en vain, en fait, ils sont restés à l’ancre au Marin.
En cherchant nous avons vu grand nombre de bateaux Suisses. Y a-t-il encore des suisses en Suisse ? C’est incroyable le nombre de plaisanciers suisses. En vacances on croise des allemands et des français partout, mais en mer ce sont les suisses !
Bref, l’un des bateaux suisses s’appelait MARES, ce nom nous était familier. OK, nous sommes plongeurs et MARES est une marque, mais ce n’est pas ça. MARES, bateau Suisse, ça nous dit quelque chose. Le lendemain, une annexe passe et nous appelle. C’est un suisse qui est passé faire un petit coucou, il vient du bateau MARES. Tiens donc ! Là on lui dit que son bateau nous est familier, puis Stéph qui dit qu’il doit y avoir un bateau MARES avec une fille à bord. Eh oui, c’est eux ! En fait, nos amis de longue date qui ont fait le tour du monde pendant 11 ans sur leur bateau MABUHAY jusqu’en juin 2017 ont fait un petit bout de chemin avec MARES. Nous étions avec Elina bébé en Tunisie sur MABUHAY, lui avait été un client de Stéphane et nous sommes devenus amis lors du passage de nos permis hauturiers, où nous nous sommes croisés lors de séminaires.
MARES les ont rencontrés à Langkawi, Laura leur fille jouait sur la plage et entendant le suisse-allemand, elle est allée saluer ce couple et les a amenés vers ses parents. Et le comble de l’histoire, c’est que le papa de Laura, entendant l’accent de Marie-Thérèse lui demande si elle n’est pas la sœur de sa camarade de classe de l’époque. Eh oui, le monde est petit ! Ils ont grandi dans le même quartier. Marie-Thérèse nous avait raconté cette histoire, et là c’est lui qui nous l’a racontée à nouveau.
Un jour, nous avons échoué notre annexe sur une plage plus à l’ouest de Saint Anne, à la recherche d’une jolie plage. Il y avait plein de familles, et plein de martiniquais aussi. Derrière la plage, c’était la forêt, où nous avons vu nos premiers arbres « Manselinier », qui fait des petites pommes toxiques et sous lesquels il ne faut surtout pas se trouver lorsqu’il pleut, car un acide en coule qui brûle la peau. Ces arbres sont généralement marqués d’une bande rouge, et nous voulions aller voir à quoi ressemble cet arbre. Soudain Cyliane crie « un loup ! » et se réfugie derrière nos jambes. Mais non, c’est un gros chien, un magnifique Berger Allemand à long poils, un chien de sauvetage. Nous avons discuté avec ses propriétaires, un charmant couple français du bateau GRAN LARGO. Ils ont fait la traversée il y a 2-3 ans et attendent leur fils, en préparation de son bateau, qui va venir les rejoindre avec ses 2 enfants d’ici la fin de l’année.
Le lendemain, ils sont passés voir qui des enfants voulaient aller promener Chacco avec eux, tous trois sont partis direct. Timeo en a presque oublié d’enfiler son gilet de sauvetage. Puis nous avons fini la soirée tous ensemble chez nous, devant un bon apéro et de bons spaghettis.
Ce chien nous a impressionnés, nous avons vu beaucoup de chiens, plus ou moins éduqués, mais celui-ci est d’une autre trempe. Un chien de cirque ! Il obéit au doigt et à l’œil, elle le fait même aboyer sur ordre ! Et quand un autre chien passe, ils le font s’asseoir sans le tenir, il reste, ne regarde même pas l’autre chien passer, et ne bouge pas avant d’en avoir reçu l’ordre.
On espérait se croiser
Après 6 jours de transat, à 0h30 le bateau allemand LEONORA juste derrière nous, nous appelait à la VHF. Nous étions le premier bateau qu’ils croisaient au bout de 8 jours. Nous avions eu une conversation bien sympathique et espérions nous croiser aux Caraïbes. Nous leur avions transmis notre site internet, ils nous ont laissé un message sur notre livre d’or en nous donnant le lien de leur site. Nous leur avons également laissé un message.
Un jour, de passage sur leur site internet, je vois qu’ils seraient encore au Marin (destination de leur transat). Je leur écris, ils me répondent, ils sont effectivement encore ici, car un voilier leur est rentré dedans à un mouillage et ils sont en attente de la réparation. Rendez-vous fut pris et nous nous sommes retrouvés sur la plage pour passer quelques heures ensemble à bavarder.
Lui est allemand, elle brésilienne. Leur voyage a commencé aux Canaries, où ils ont acheté leur bateau.
Des hasards rigolos
En route au Marin pour effectuer des achats, voilà qu’on passe à côté d’un catamaran dont le logo nous a de suite fait réagir. Il s’agit de CASA D’ANTONIA, mais sous drapeau Allemand à présent. C’était une famille Suisse que nous avions rencontré à un séminaire de Jimmy Cornell à Zürich début 2016, ils prévoyaient, comme nous, de faire l’Odyssey de novembre 2016 et se réjouissaient d’avoir d’autres familles en route, car depuis 6 mois qu’ils étaient en route, ils avaient vu que peu de familles. En été 2016, je leur ai écrit les informant que l’achat de notre bateau tirait en long et que nous serions bloqués au port de Canet. Aucune réponse. Pour finir je vais sur leur site et lis « nous sommes arrivés à Gênes, c’est la fin de notre voyage ». Et voilà que nous croisons leur bateau avec ses nouveaux propriétaires allemands. Nous avons échangés quelques mots, ils ont l’air bien sympathique.
Un autre jour, Stéphane se rend au Marin faire le plein d’essence de l’annexe. A côté de la station, il voit un Catana 50 avec les jupes arrière prolongées, c’est une spécialité qu’a faite l’ancien propriétaire de notre bateau. Il va voir le nom et oui, c’est bien le DOLOJAIME. Dommage que son propriétaire, que j’ai eu l’occasion de rencontrer 2x en coup de vent, n’était pas présent.
L’anniversaire de Cyliane
J’avais confectionné un gâteau choco-coco pour l’occasion. Cyliane souhaitait un bavarois à la mangue, mais avec cette chaleur, un bavarois c’est impossible, et nous n’avions pas trouvé de mangues non plus. J’ai trouvé une recette sympa où j’ai juste ajouté un peu de noix de coco râpée et ce fut un des meilleurs gâteaux que j’ai jamais fait.
C’est le jour même que nous avons appris que MIRABELLA et FALKOR étaient bloqués et ne pouvaient venir à la plage. Nos amis Lotti et Paul ne voulaient pas nous rejoindre, car la plage était trop loin à pied pour eux, et de plus, ils venaient de décider de partir ce jour-là. Donc seuls Silvia et Jürgen de SINA nous ont rejoints. Nous espérions y connaître d’autres enfants, mais comme souvent, mes enfants préfèrent rester ensemble que de jouer avec des enfants inconnus. Nous avons malgré cela passé une superbe après-midi.
Le soir, notre premier plan resto avec Lotti et Paul étant tombé à l’eau, et ayant mangé tant de gâteau, nous n’avions plus très faim, nous avons décidé de rester sur le bateau.
Nous regardions un mat éclairé avec des lumières de couleurs changeantes, à la sapin de Noël. Puis voyant les drapeaux qu’il avait hissés, nous avons reconnu le bateau-pizza qui était passé derrière nous en début d’après-midi. Une pizza, quelle bonne idée ! Les quelques pizzas que nous avons essayé de faire dans notre four à gaz, puis avec pré cuisson sur la plancha, n’était pas convaincantes. Des pizzas seraient une bonne idée comme souper d’anniversaire. N’ayant pas noté le numéro de téléphone, Stéphane est allé les commander sur place, en s’amarrant au bateau-pizza et en attendant sur leur catamaran. L’idée et le concept sont super, et les affaires ont l’air de marcher pour eux !