Barbados – La Barbade

 Notre arrivée sur l’île et les premiers jours étaient rythmés par les premières visites des alentours, l’arrivée des autres participants et les apéros de l’Odyssey.

Notre bateau étant assez large, nous n’avons pas pu aller dans le port de Bridgetown, car ne pouvions passer le pont levis. Nous nous y rendions parfois en annexe pour faire les achats, se promener ou visiter nos amis. Le port fut une poubelle flottante et parmi les sacs en plastique et bouteilles pet, quelques tortues ! Quand on pense au nombre de tortues qui meurent étouffées car elles confondent les sacs en plastique avec les méduses, qu’elles mangent. Nous ne comprenons pas comment un port peut demander 50 US$ par nuit par bateau et n’entretient pas son port.

Nous sommes donc restés à l’ancre vers le Yacht Club, profitant de ce magnifique endroit pour nous baigner tous les jours. Nous avons aussi gonflé notre bouée tractable, et ce fut une joie pour les enfants de se faire tirer par papa en annexe. Mais la première à l’avoir testée était notre invitée Lotti, du haut de ses 60 balais et quelques poussières!

Etant ancré juste à côté d’un spot de plongée contenant plusieurs épaves, PICO, SERENITY et nous en avons profité pour y faire quelques plongées. Nous avons visité 4 épaves (coulées volontairement pour créer un récif artificiel) et vu des tas de magnifiques poissons. Sous notre bateau, alors que Stéphane contrôlait quelque chose sous la coque, je vois un poisson se camouflant, sa manière de se mouvoir m’a rappelé les hippocampes, je regarde de plus près, bingo, un hippocampe ! J’en avais jamais vu de si gros. Le lendemain, j’ai recherché la plante dans laquelle il vit (les hippocampes ne changent pas d’endroit), sans succès, le bateau à l’ancre bouge et je n’ai pas réussi à la repérer.

Lotti a nagé quelques fois avec les enfants jusqu’à la plage du Yacht Club, où ils ont joué au sable. Cette île n’est pas volcanique comme les autres îles des Caraïbes, elle est faite de corail. Le sable est donc très fin et beige clair, ce qui donne la magnifique couleur turquoise de la mer autour de l’île.

L’île fut une colonie anglaise jusqu’à il y a 50 ans. La domination anglaise se voit dans l’architecture de certains bâtiments. Ils roulent à gauche comme en Angleterre. Les Bajan sont très fiers d’être indépendants. Ils ont leur propre monnaie, le dollar de la Barbade. C’est assez hallucinant d’avoir une monnaie uniquement pour une petite île de moins de 300'000 habitants. Les autres îles des Caraïbes, à l’exception des îles européennes, se partagent une autre monnaie unique (East Caribbean Dollar).

Nous nous sommes vite rendu compte que tout y est extrêmement cher, à se demander comment font les habitants. Au supermarché (lieu fréquenté par les habitants), une tomate coûte 2€. Les légumes y sont tellement chers qu’ils sont emballés un par un ou brin par brin (broccoli par exemple). Au marché, 12 pommes et 6 bananes coûtent 9€50. La viande est moins chère que chez nous, mais on peine à trouver une viande qui a l’air potable.

Ici, nous vivons dans un autre monde. On hallucine quand on les voit travailler. Par exemple, notre taxi était à un croisement, le camion d’en face nous passe devant et s’arrête au milieu du croisement juste devant nous, nous bloquant. Le chauffeur et un employé en sont sortis, munis de pelles, ont sorti du goudron, rempli un trou sur la route et reparti, laissant le tas de goudron se faire aplatir par les voiture qui passeront par-dessus.

Un soir, Lotti & Paul ont décidé de nous inviter au restaurant. Ne connaissant pas trop les alentours du Yacht Club, fermé ce soir-là, nous nous sommes promenés. Pas loin, nous avons découvert un restaurant Bajan (habitants de la Barbade) dans un décor paradisiaque. Le centre du restaurant est une maison, contenant la cuisine. Les tables sont installées sur des terrasses autour de la maison, abritées par un toit. Et tout autour, entre les terrasses, des plans d’eau avec des plantes magnifiques et le son des grenouilles sifflantes. Le repas fut succulent.

Nos visites de Tenerife et Santo Antão avec l’Odyssey nous ayant plu, nous avions réitéré la visite de l’île en groupe. Ludi de SANDRO a donc organisé un bus pour les 5 bateaux restants de l’Odyssey et PICO. Nous avions organisé l’itinéraire entre nous, quand on se croisait et par VHF. La VHF est vraiment un instrument génial quand 3 bateaux sont au port et 3 à l’ancre, deux communiquent les autres écoutent et confirment à la fin avoir pris connaissance des infos.

Mercredi 7 février nous prenions le bus pour nous rendre d’abord au Gun Hill Signal Station, un petit fort en bois en haut d’une colline, où nous pouvions apprécier une belle vue sur l’île, entourés d’un magnifique jardin. Puis notre chauffeur a fait un stop à l’église de St. Johns, la plus vieille église de l’île, très jolie et un beau point de vue. Ensuite nous avons été voir la jolie plage de Bathsheba avec ses rocs à l’avant. Malheureusement, la plage était noyée sous un énorme tapis de Sargasse, ces algues que nous avons rencontrées dès le milieu de l’Atlantique. Ensuite nous avons été à Morgan Lewis Sugar Mill, le plus gros moulin à vent des Caraïbes qui est encore en fonction, nous avons donc été le voir. Il n’était pas en fonction le jour de notre visite. A le voir, on se croyait presque en Hollande. Ce moulin est utilisé pour la canne à sucre.
Non loin de là, nous avons été à Cherry Tree Hill, dans l’espoir de voir des singes. On les a entendus et entraperçu parmi les branches des Acajous. Ils sont rapides et personne n’a réussi à en photographier. Puis nous sommes allés à la pointe nord de l’île pour visiter la grotte « Animal Flower Cave ». Elle est dessous la terre, un peu plus haute que le niveau de la mer. On y accède par des escaliers dans un trou. A part ces escaliers, tout est naturel, on marche sur des cailloux glissants, passant d’une grotte à l’autre. Sur le sol, il y a de nombreuses flaques, alimentées par les grosses vagues, dans lesquelles on peut voir une sorte d’anémone toute petite, qu’ils appellent fleur animale. La vue sur la mer est jolie, et dans la grotte du fond, une piscine naturelle où les habitants avaient l’habitude de se baigner. Les grosses vagues entrent dans cette piscine naturelle et il n’est pas sans danger de s’y baigner. Puis nous avons été manger dans une échoppe au bord de la plage de Speightstown avant de retourner à Bridgetown.

Le jeudi 8 février était le début du carnaval chez nous. Dans notre canton, à 5h du matin commence un cortège, où nous sommes habillés d’une chemise de nuit blanche, d’un bonnet de nuit blanc et d’un foulard rouge. Nous déambulons dans la rue, faisait beaucoup de bruit pour effrayer les démons de l’hiver. A 6h du matin, les restaurants nous servent de la soupe à la farine, que nous adorons. Ce matin, avec quelques heures de retard, augmenté par le décalage horaire, mes enfants ont mis leurs habits les plus clairs, sorti les couvercles des casseroles, petites casseroles et louches en bois pour faire du bruit ! Stéphane a cuisiné la fameuse soupe à la farine, il en a fait 2 litres, les enfants ont presque tout mangé, il ne nous en restait que peu pour les 4 adultes qui n’en avaient pas envie dès le matin tôt. Il a dû en refaire le lendemain.

La Barbade – Sainte Lucie

Il est temps de changer d’île et de pays par la même occasion, et de voir si les autres îles sont autant chères que la Barbade. Nous nécessitons des pièces de rechange, de nouvelles cordes et des réparations de voiles, et la Barbade n’est pas l’endroit où on trouve tout ça.

Une fois les formalités douanières effectuées, SINA et nous quittons notre mouillage peu avant la tombée de la nuit. Ayant les mêmes prochaines escales en vue, nous avons décidé de faire un bout de route ensemble, ce qui est fort agréable. La prochaine destination est une baie au sud de Sainte Lucie, à un peu moins de 100 miles marin. Le jour dure de 6h00 à 18h00 environ, et la distance à faire est trop longue pour être faite de jour. Nous décidons de partir en fin de journée pour faire le voyage de nuit, partant ainsi encore de jour et arrivant le matin. Il n’est pas bon de naviguer près des côtes qu’on ne connaît pas de nuit.

Nous avons beaucoup de vent, force 7 (dans les 30 nœuds) avec des grains (squalls) allant jusqu’à 49 nœuds. Nous sortons donc qu’une voile avant et ne la déroulons pas complètement. Dès que nous n’étions plus à l’abri de l’île, les vagues ont commencé à être assez désagréables, elles étaient courtes. SINA nous a assez vite informé qu’ils se faisant tant chahuter par le roulis, car pas non plus sorti leur grand-voile, qu’ils se limitaient à 6 nœuds. Nous avons donc enroulé notre voile encore un peu plus. Nous avons passé la nuit à faire la traversée à 2 bateaux, à une distance de 1-2 milles l’un de l’autre, donc on se voyait. Ce fut une nuit très agréable pour ma part, de savoir un bateau ami tout près fait plaisir, et le fait d’avoir si peu de voile dehors, je n’avais pas à surveiller les grains pour mettre des ris à temps. Les grains passaient, je ne m’en souciais pas. A 2h30 je commence à calculer, à notre vitesse (environ 6 nœuds), on va arriver avant le lever du jour ! J’enroule la voile avant encore un peu plus. SINA derrière nous s’est approché un peu avant de réaliser que j’avais freiné avant de faire de même au moment où je voulais les en informer par VHF.

C’est au petit matin que nous entrions dans la baie de Vieux Fort, où nous avons ancré. Le paysage fut différent de la Barbade et nous attendions 9h pour que les hommes se rendent à terre pour effectuer les formalités douanières. N’ayant pas encore passé la douane, nous avions monté notre pavillon jaune comme il est d’usage. Il n’est pas allé long qu’un bateau de police tournait autour de nous, ils n’ont pas voulu voir nos papiers, ils voulaient seulement voir si nous allions bien.

Puis les 3 hommes sont partis en annexe à la douane, ce qui a pris quelques heures. Pendant ce temps, les femmes surveillaient le mouillage, car les rafales passaient les unes après les autres, j’ai mesuré jusqu’à 51 nœud. Pour moi c’était clair, je ne resterai pas la nuit dans cette baie, Silvia était du même avis. Elle n’a même pas pu venir sur notre bateau attendre le retour des hommes, le risque étant trop grand que l’ancre ne tienne pas.

Avant d’arriver dans la baie, nous nous sommes annoncés par VHF, et tout était ok pour la douane. Les hommes ont donc attendu patiemment devant la douane fermée jusqu’à ce qu’une patrouille de police passe. Quand c’est fermé, dont le dimanche, la douane se fait à l’aéroport, les policiers ont embarqué les trois hommes et les ont déposés à l’aéroport international de Hewanorra. Un aéroport complètement vide, où ils ont dû remplir plein de papiers avant de revenir en taxi.

Notre amie Lotti se demandait s’ils avaient été boire quelque chose, au bout de quelques heures. Hélas non, nous ne sommes plus en Europe et ici tout prend beaucoup de temps. D’ailleurs un des douaniers était tout à coup pressé, car un avion était censé venir, donc du travail, les hommes ont dû changer d’endroit pour remplir les formulaires. En fait, ils ont vu le douanier s’installer pour pouvoir voir un match de je ne sais quoi sur l’ordinateur et aucun avion n’est jamais arrivé.

← Article précédent
Article suivant →