Tenerife & Santa Cruz

 A l’entrée du port de Santa Cruz, nous sommes passés entre 2 plates-formes pétrolières, qui étaient amarrées on ne sait pourquoi. C’était intéressant d’en voir de près, car je doute fort d’en voir une au large un jour. Puis on entre dans le port, qui est bien plus petit que ce que je m’imaginais, et de suite, le marinero nous prend en charge. Ça change de Las Palmas !

A peine amarrés, mon papa et Stéphane se sont mis à organiser une voiture de location. Comme mes parents repartaient 3 jours plus tard, il nous fallait absolument faire un tour de l’ile dès le lendemain. 

Nous avons aussi entrepris à plusieurs reprises de nettoyer le bateau, mais dans ce port, c’est difficile d’avoir un bateau propre. Les ferrys et les bateaux de passagers, amarrés tout près laissent tourner moteurs et génératrices à longueur de journée. La poussière noire de leur échappement se dépose partout. Un jour, Stéphane était sur la jupe arrière en train de frotter qu’on entend un gros plouf ! Comme quoi il n’y a pas que les enfants qui tombent à l’eau.

La ville de Santa Cruz est accueillante et jolie. Devant le port il y a une grande place avec une grosse fontaine genre jet-d’eau de Genève. D’ailleurs ce sont 2 architectes Suisses qui l’ont dessinée. Il y avait un petit marché de Noël et beaucoup de vie sur la place comme dans les rues alentour. A quelques centaines de mètres du port, il y a l’auditorium, qui là aussi a une architecture spéciale. C’est une forme de bateau avec comme une vague pointue qui passe par-dessus. Toute la façade est sertie de mosaïque de catelles blanches, ça brille. A côté un petit fort, puis une piscine magnifique, mais avec des règles très strictes (les enfants ne peuvent même pas jouer hors de l’eau à 10-15m des parents !) et l’eau y était bien froide, 18°C maximum, seuls Timeo & Cyliane s’y sont baignés.


Volcan de Teide

Ce fut un 24 décembre pas comme les autres. Nous sommes partis de Santa Cruz où il faisait bien 20°C si pas plus, pour se retrouver à 3'555 mètres d’altitude et 3°C. 

Tenerife est une île volcanique, et Teide est son volcan avec un cratère énorme et magnifique surplombé d’un pic. Le parc national du Teide est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le pic culmine à 3 715 mètres d'altitude (ce qui en fait le plus haut sommet des îles de l'océan Atlantique et d'Espagne) et comme sa base est large (8km de diamètre), ça en fait le troisième plus grand volcan du monde.

Nous nous sommes rendus en voiture sur le grand plateau de ce cratère, nommé « la caldeira de las Cañadas », qui est situé entre 2’000 et 2’200 mètres d'altitude. Les différents paysages sont magnifiques. Par moment on se croirait sur une autre planète. Puis nous nous sommes rendus au bas de la station du téléphérique du Teide, à 2’356 m d’altitude.

La queue pour acheter les billets fut assez longue, jusqu’à ce qu’une employée vienne avertir que les prochains billets en vente serait pour une montée dans 2 heures. La queue s’est réduite à un quart, mais nous avions décidé de rester. En fait, le téléphérique vend les billets online, et sur-place, il reste ce qui n’a pas encore été vendu. Chaque billet est pour une heure précise de remontée. Les 2 heures d’attente ont passé rapidement, puis nous sommes montés en moins de 8 minutes à 3’555m d’altitude. La vue est superbe, le cratère est multicolore, il y a des rivières de lave et des roches de laves aux formes spéciales. Il y a même un endroit où on sentait encore un peu le souffre. C’était simplement magnifique.

Par contre, nous ne pouvions pas monter les derniers 168 mètres pour atteindre le sommet. Le nombre d’ascensions par jour est limité et il faut réserver à l’avance, et tout était complet jusqu’à mi-janvier.


Plage de San Roque

Le jour de Noël, après que les enfants aient déballé les cadeaux du père Noël, nous sommes partis au nord de l’île. Les routes escarpées à travers les montagnes donnent des points de vue magnifiques. Puis nous sommes allés sur la plage de sable noir de San Roque.


Los Abrigos et l’aéroport

Ce fut hélas déjà le jour du départ de mes parents. Nous sommes partis un peu en avance et avons ainsi pu profiter d’aller faire un tour à Los Abrigos, un joli petit village avec une petite plage.

Au retour, nous nous sommes arrêtés au Décathlon (supermarché sportif) et avons été bluffés par la dimension de ce magasin sur 2 étages. Nous avons déjà visité de gros Décathlon, mais celui-là était le plus grand ! Nous avons trouvé sans peine certains accessoires de sécurité que nous nécessitions pour faire la traversée de l’Atlantique avec l’Odysee de Jimmy Cornell.


Le gens au port

Le port de Santa Cruz n’est pas bien grand, il comporte 5 pontons. A notre arrivée, nous étions surpris par tous ces gens qui passaient sur notre ponton disant « bonjour ! », ont-ils mis tous les francophones au même ponton ? Il y a plusieurs bateaux français et nous sommes 2 suisses, l’autre étant un romand, et le cousin du directeur de l’école quand je la fréquentais il y a près de 30 ans! Le monde est petit !

Mais quand on se promène sur les autres pontons, c’est pareil ! Il y a plein de français, suisses-romands et belges. Ça parle le français partout !

Le port est aussi rempli d’enfants ! Nous n’en avons jamais vu autant dans les autres ports. Un jour, voilà 4 enfants (français) qui viennent jouer sur notre bateau, Simeon & Louisa du bateau Totoro et Inaya et Thaïs du bateau Maloya. Nous avons fait une grosse partie de Lotto et ils ont gagné beaucoup de bonbons !

 Le lendemain, nous étions invités à manger sur le bateau Maloya, où nous avons fait la connaissance de la petite sœur Temoe et des parents, Anabelle et Hervé ainsi que les parents Simeon & Louisa. Après quoi, nous sommes partis avec tous les enfants + Tristan, un franco-belge faire un tour à la place de jeu.

Timeo aime bien jouer avec Tristan et a eu beaucoup de plaisir à avoir été invité à jouer sur son bateau. Ils jouent parfois à 3 garçons, tous francophones et plus ou moins du même âge. Ça fait beaucoup de bien à tous ces enfants d’en rencontrer d’autres qui vivent comme eux !

Nous avons repéré d'autres bateaux avec des enfants, et comme souvent, ces bateaux sont sous pavillon français. 

A propos de famille française, nous n'avons malheureusement pas pu revoir nos amis rencontrés en Espagne, Neo 3 est en escale technique sur Lanzarote. Nous leur souhaitons tout de bon et espérons les revoir un jour.


Nouvel-an

Nous n’avions pas organisé grand-chose et pensions rejoindre le ponton 4 où il y aurait une fête. J’ai préparé un des repas préféré des enfants, des tortillas. Tout simple et tellement bon ! 

Puis nos nouveaux amis allemands du bateau Sina (qui font aussi la transat avec le Caribbean Odyssey) sont passés boire un café et voir si nous voulions aller en ville avec nous. Stéphane m’avait dit avoir envie d’aller voir en ville car chaque soir on y avait entendu de la musique, donc nous sommes partis avec eux. 

Derrière la place, il y avait une scène, un concert allait débuter. Des gens distribuaient des cotillons. La musique n’a pas tardé et l’ambiance fut bonne. Minuit est arrivé très rapidement, et nous pouvions voir les espagnols avaler leurs 12 grains de raisins sur chaque coup de cloche. Puis le feu d’artifice a commencé par les 12 coups (en retard ?), pour durer une bonne vingtaine de minute et devenir le plus beau feu que nous n’avions jamais vu. Nous avions vu les préparatifs, car les feux étaient tirés entre la marina et la place, et ça paraissait tout petit. Nous avons tous été bluffés.

Vers minuit et demie, nous nous rendions au ponton 4 pour voir que les gens avaient fait le programme contraire, ils ont commencé au ponton et se rendaient en ville. Nous avons quand même eu le temps de partager une bouteille de champagne et de Rimus (champagne pour enfants) avant que le ponton soit vide.

Le chantier 

Notre bateau est toujours et encore en chantier dès qu’on arrive dans un port. Stéphane est toujours en train de réparer des choses ou de rattraper des erreurs faites par le chantier naval. Lors de la pose de la pompe du dessal, Stéphane a remarqué que la cale était mouillée. Il n’a pas fallu longtemps pour voir que c’était notre chauffe-eau qui coulait, et que c’était irréparable. La valve de surpression du chauffe-eau était bloquée, et la pression l’a fissuré. Il a donc acheté un nouveau le jour-même de notre départ de Las Palmas, la question était de savoir si on en achetait 1 ou 2. Car dans un catamaran, beaucoup de choses sont à double, dont les chauffe-eaux, mais chacun chauffe son côté, le tribord est important pour les douches (intérieure et extérieure) et le bâbord pour la cuisine. Aucun moyen d’en court-circuiter un.

En cherchant dans les modes d’emplois des chauffe-eau d’origine, nous avons appris qu’il fallait actionner la valve de surpression une fois par année. Stéphane l’a fait de suite à l’autre chauffe-eau pour ne pas qu’il se casse lui aussi. Mais après cette manœuvre, nous avions 2 chauffe-eau qui coulaient ! Heureusement, la réparation fut rapide, il n’a fallu qu’un détartrage de la valve de surpression. Le remplacement du chauffe-eau défectueux a mis un peu plus de temps. Je suis partie avec les enfants faire des achats afin que Stéphane puisse travailler tranquillement.

Au téléphone, Stéphane m’annonce que le chauffe-eau cassé est plus gros que la porte de la chambre à coucher (il se trouvait sous notre lit). Faut-il le transformer en pouf de lit avec un espace de rangement à l’intérieur? On n’a pas vraiment beaucoup de place, mais s’il le faut, autant en faire quelque chose d’utile. A notre retour, la porte de la chambre était enlevée et le chauffe-eau prêt à être amené à la déchèterie. Ouf !

Puis le voilà qui s’attaque à nouveau aux branchements électriques des moteurs. C’est rageant que nos vendeurs ont remplacé les moteurs d’origine par des neufs. D’origine, tout devait bien fonctionner. Mais avec leurs nouveaux branchements électriques, l’alternateur ne charge pas les batteries de service lorsqu’on navigue au moteur. Quand nous utilisons le guindeau (treuil pour l’ancre) ou l’enrouleur du génois électrique, l’intensité des lumières baisse, et le guindeau peine ! Nous ne pouvons pas non plus mettre les batteries de service en parallèle avec les batteries moteurs, car elles n’ont pas le même voltage.

Bref, Stéphane passe des heures à faire des schémas, qu’il contrôle avec mon père. Il coupe de nouveaux câbles et fait des kilomètres sur plusieurs heures à chercher quelqu’un qui aurait une pince à câbles pour y mettre des embouts, pour finir par revenir bredouille. C’est vraiment frustrant ! 

Le 2 janvier, il repart en vadrouille, cherchant d’autres électriciens, qui ne peuvent pas l’aider non plus. Puis il traverse sur la place où nous avons passé nouvel-an et demande à tout hasard aux gens qui démontaient la scène. Quelle chance, ils en avaient une dans leur camionnette ! Merci à eux pour leur aide précieuse.

Par contre, les différentes idées de branchements sont, pour l’instant, sans succès. Mon papa nous assiste depuis la Suisse et attend des réponses de spécialistes.


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