Arrivée à la Barbade

 Peu de milles nous sépare de la Barbade, on va arriver de jour ! Nous sommes contents, sans pourtant être excités comme je l’aurais imaginé. Le dernier soir, une fois les enfants devant leur film, Stéph et moi étions assis à la barre discutant, et ceci une bonne partie de mon premier quart. Quand ce fut son heure de quart, il n’a pas entendu son réveil vu qu’il n’était pas couché depuis longtemps. Comme j’étais en pleine forme, j’ai fait son premier quart, ce n’était pas la première fois, on est flexible, pourquoi réveiller l’un quand l’autre va bien. Nous avons échangé nos deuxièmes quarts, afin de me laisser dormir un peu moins de 4 heures. Malheureusement, il n’en a pas été ainsi. 2h30, dormant profondément je me ramasse plusieurs dizaines litres d’eau de mer sur le corps. Ce fut un réveil brutal, se sachant sur un bateau, on pense de suite à des choses graves. Et avec un réveil pareil, il est normal de s’entendre hurler. Stéphane arrive en trombe dans notre chambre à coucher pour me voir assise sur notre lit dans une baignoire d’eau de mer.

Stéphane veut toujours aérer en faisant courant d’air, donc il ouvre les hublots du haut et aussi ceux sur les côtés. Je le fais dans la douche, mais j’ai vite remarqué que même avec la main sur le hublot, quand une vague veut entrer, on n’a pas le temps de le fermer. Mais lui, il aime aérer et d’avoir oublié de fermer celle de la douche et trempé tous les linges de bains pliés rangés là-bas ne lui a rien appris. Il a ouvert la chambre à coucher et oublié de refermer, le hublot était en bas, j’ai pas vu qu’il n’était pas fermé. Il a fallu plusieurs heures jusqu’à ce qu’une vague tape à l’endroit du hublot.

J’ai pris tout ce qui me tombait sous la main pour éponger, Stéphane faisant les voyages avec des sceaux pour amener les choses trempées dehors. Il y en avait même dans les compartiments sous le lit ! Une grande chance que j’avais munis tous les matelas du bateau par des alèses. L’eau a mouillé les matelas que sur les rebords et la housse des matelas s’enlèvent avec une fermeture éclair. J’ai passé mon petit matin à faire 3 lessives et dû abandonner mon projet initial de faire une tresse et une tourte aux carottes. Nous devons tout rincer, l’eau salée ne sèche pas, j’avais essayé avec les housses de matelas, car j’avais peur de les abîmer, je n’ai eu d’autre choix que de les mettre en mode rinçage dans la machine.

Jusqu’au soir, nous avions à nouveau notre lit, et le lavage de nos draps a été avancé de quelques jours.


L’arrivée à la Barbade

Nous sommes près de l’île, mais pas de terre en vue. Jusque-là, nous étions toujours arrivés vers des îles volcaniques et nous voyions l’île au loin, là, ce ne fut pas le cas, l’île est plate.

Nous avons quand même fini par la voir et nous en sommes rapprochés pour ne pas passer sur les hauts fonds, annoncés comme étant turbulents, malgré les 60m de profondeur. Nous avons contourné l’île pour nous rendre au port de quarantaine de Bridgetown, où Jimmy et Gwenda nous attendaient. Les retrouvailles font toujours chaud au cœur. 

Pendant l’attente de l’arrivée de l’agent pour les formalités, une annexe est venue s’amarrer vers nous et nous souhaiter la bienvenue. Ce fut Andreas de PICO, un voilier de l’Odyssey de novembre, qui n’a malheureusement pas pu partir avec les autres à cause de problèmes techniques. Jimmy voulait les mettre dans notre groupe, mais ils en avaient marre de Santa Cruz et sont partis seuls en décembre. Ayant toujours des problèmes techniques, ils sont encore là et se joindront à nous pour la cérémonie de clôture.

Les formalités ont pris du temps, il y avait beaucoup de papiers à remplir, plusieurs bureaux à visiter, heureusement tous dans le même petit bâtiment.

Pendant tout ce temps, Olena s’était transformé en pendoir pour tout le linge et couvertures lavés à l’aube.

Peu avant le coucher de soleil, nous avons pu nous rendre dans la baie, en face du yacht club pour mouiller. Il y a bien un tout petit port à Bridgetown, mais il y a un pont levis pour y rentrer (lequel à donne le nom de cette ville) et il n’est pas assez large pour nous. Nous sommes en face de la plage, dans des eaux turquoises dignes d’une carte postale. On peine à croire qu’on y est ! Je regarde mes photos et dit à Stéph « je veux aller là-bas en vacances ! », mais on y est !!!

Dès la nuit tombée, Stéphane est allé chercher Jimmy et Gwenda sur la plage, que nous avions invités à manger la fondue chinoise à bord. Eh oui, nous avions gardé un filet sous-vide pour l’occasion. Je précise que nous n’avons pas de congélateur, ou plutôt il y en a un que nous utilisons en mode frigo, qu’on peut mettre en mode congél si on pêche un trop gros poisson. Le repas fut bon et bien sympa. Dieter et Stéphane ont ramené nos invités à la plage et sont revenus trempés. Il y a des vagues pas sympas et l’échouage sur la plage n’est pas facile. Mais nous n’avons pas d’autre choix, Stéph a arpenté la plage le lendemain, il n’y a rien d’autre.


Visite des alentours

Comme aucun autre bateau de l’Odyssey arrivait le lendemain de notre arrivée, nous en avons profité pour visiter les alentours avant le départ de Dieter. Un taxi nous attendait au Yacht Club où nous avions laissé l’annexe et attendu le temps que Stéphane remplisse les papiers pour en devenir membre. Il nous proposait un tour de l’île, mais le prix du taxi fut excessivement cher, 250€ pour la journée ! Bienvenue aux Caraïbes ! Dieter ne voulait pas d’un tour de l’île, plutôt d’une demi-journée et visite d’une distillerie de Rhum. Nous nous sommes rendus au nord de Bridgetown pour visiter le centre touristique de la distillerie Mount Gray, un des rhums locaux. 

Les visites se faisaient en groupe, nous avons d’abord eu droit à avoir quelques explications sur l’histoire de la canne à sucre à la Barbade jusqu’à la fabrication du rhum local. Nous avons pu goûter la mélasse, qui n’a pas le goût de celle qu’on peut acheter chez nous, ici elle est amère et pas très douce. Apparemment, elle est bonne pour la santé ! Puis nous avons vu un petit film pour finir vers le coin dégustation, où la guide remplissait nos verres sans arrêt pour goûter plein de rhum différents, en nous expliquant bien les différences entre chaque. D’abord nous le sentions, essayant de trouver les différents arômes qui s’en dégagent (fruits, caramel…) puis nous goûtions. Ce fut super intéressant, même pour moi qui ne bois pas d’alcool. Je les ai tous goûtés, Dieter et Stéphane ont fini mes verres. Puis nous sommes passés au bar, où nous avons continué de déguster leurs rhums et cocktails. C’était un peu ennuyant pour les enfants, mais ils ont été super.

Au retour, le chauffeur nous a fait passer par la Rihanna drive, c’est la rue dans laquelle la chanteuse a grandi, nous avons pu faire quelques photos de sa maison.

Puis nous nous sommes arrêtés dans une fabrique de cigares. J’étais assez rétissante, mais bon, on y est, on y va, et surprise, ce fut super intéressant. On se croyait dans un film de la Havane, les femmes fabriquant des cigares à la main, dans une grande salle au chaud. Elles ont eu très plaisir à la visite des enfants et nous ont tout montré. La Barbade n’a pas de plantation de tabac, c’est importé de Cuba et Costa Rica, il est donc surprenant d’avoir des cigares faits à la Barbade.

Le taxi nous a déposés au centre-ville, nous délestant de 125€, d’où nous avons continué notre visite à pied. Il y a plein de petits stands vendant des fruits, légumes bibelots. Stands fabriqués parfois avec un chariot de supermarché surmonté d’une planche. 

A notre retour au Yacht Club, il s’est mis à pleuvoir et nous voulions nous rendre à un bar boire quelque chose le temps que ça passe. Nous étions tombés au Boatyard, une sorte de Club, où on paye une entrée de 25€ par personne (Elina et Cyliane également), mais 20€ sont crédités sur une carte pour payer les consommations. Ce ne fut pas bon marché, mais ce fut très sympa. Nous étions un peu tard pour aller nager avec les tortues (c’est à côté de notre mouillage), mais nous avions tout le reste, la plage, les parasols, les chaises longues, les trampolines sur eau, sauter dans l’eau avec une corde (genre Tarzan)… Les enfants se sont régalés. D’habitude, les loulous réclament qu’ils préfèrent la piscine à la plage, et là, dès le lendemain ils nous demandaient quand nous retournions à cette « piscine ».

L’arrivée des autres bateaux de l’Odyssey et des visites

Jeudi matin, SANDRO (AUS) était en vue, et c’est tout excités que nous sommes allés en annexe, munis de notre corne de brume et caméra, les saluer au large. Nous les avons accompagnés dans le port de quarantaine. Les retrouvailles furent une joie !

Puis mon téléphone (carte sim locale) se met à sonner, le chauffeur de taxi de nos amis nous demandant où nous sommes. Nous savions qu’ils arrivaient à Miami le 31 janvier, et eux savaient qu’une cabine serait prête pour eux dès le 5 février (Dieter restant jusqu’au 3). Je lui réponds en l’informant qu’on va changer de port etc… et voilà qu’il s’énerve « je les pose où eux et leurs bagages ? ». Heu… on est pas le 5, rien n’est prêt ! Nous avions tiré les enfants du lit, mangé en vitesse et parti en laissant le bateau sens-dessus-dessous pour accueillir SANDRO et nous allions revenir avec 2 personnes de plus. Mais avant ça, nous étions bloqués, à quelques kilomètres d’OLENA. Nous les avons envoyé au Radisson, juste à côté du Yacht Club nous attendre.

C’est bien deux heures plus tard que nous avons retrouvés Lotti & Paul, avec beaucoup de plaisir. En fait, ils avaient réservé une chambre au Hilton pour quelques nuits, mais ont été bloqués à l’aéroport un peu plus long que prévu, car tous les bagages ne sont pas arrivés et Hilton a remis leur chambre à d’autres personnes. Puis dans un autre hôtel, plein également, la réception s’est donné la peine d’en appeler d’autres, pour finir par trouver une chambre bien chère quelque part. 

De retour sur Olena, toujours sens-dessus-dessous, les filles ont vidé leur chambre en toute vitesse, déposant jouets, sacs d’habits sur le bureau entre les 2 chambres. Les 3 enfants ont dormi en travers dans notre lit et nous avons pris le lit de Timeo. Pour quelques nuits, surtout quand les enfants sont bien fatigués et s’endorment vite, ça va bien. 

Quant à la valise, on avait organisé sa livraison au Yacht Club et c’est 2 jours plus tard qu’elle est arrivée.

Puis voilà TUBALCAIN (F) qui est en vue ! C’est à nouveau tout excités que nous leur avons réservé le même accueil en mer que SANDRO, sauf que nous ne pouvions pas les accompagner au port de quarantaine, SANDRO ayant fini avec les formalités, ils se rendaient au port de la ville et le pont était censé ouvrir à 16h15. N’ayant aucun Marinero là-bas et l’avant des bateaux étant attachés à des bouées, nous devions aller les aider. Sandro tournait dans le canal de l’avant-port, la place d’amarrage d’attente étant déjà prise. Le pont est resté clos, personne dans la cabine pour le manœuvrer et un bateau pour touristes était amarré devant l’entrée. SANDRO a fini par nous rejoindre au mouillage pour la nuit.

SERENITY (D) devait arriver pendant la nuit. Vers minuit, je cherche où ils se trouvent, je ne les vois pas au large sur AIS, selon cornellsailing il leur restait 16 milles quelques heures auparavant, pour finir je les vois sur marinetraffic, à l’ancre derrière nous ! Eh oui, c’est bien eux, ils sont là et tout est déjà éteint. Trop tard pour les accueillir.

Le lendemain matin, on réitérait l’accueil en mer de SINA, avant de bifurquer au port de la ville, aider SANDRO et TUBALCAIN. Le pont était censé ouvrir à 11heures. Les bateaux de touristes en mer, SANDRO a pu s’amarrer pour attendre l’ouverture du port, TUBALCAIN est venu s’amarrer en couple. Midi passe, toujours personne. TUBALCAIN se rend au mouillage, car ils prévoient de partir pour la Martinique dimanche matin et ils ne veulent prendre le risque de rester bloqué au port.

C’est vers 12h30 qu’enfin le pont s’ouvre et SANDRO va s’amarrer avec notre aide pour les bouées.

Dieter nous avait rejoint, partis du Yacht Club à pied, il avait acheté quelques légumes et fruits au marché. Car depuis notre arrivée, nous n’avions encore pas mis les pieds dans un magasin. Nous sommes allés un peu plus loin le long du canal pour amarrer notre annexe à une échelle, juste en face d’un supermarché. J’ai été surpris par les prix, tout est cher ! J’ai acheté 6 pommes, un peu de brocoli, 2kg de pommes de terre, 30 œufs et de la viande (là, le prix était moitié prix par rapport à la maison), j’en ai eu pour 50€, dont 15 pour la viande, donc imaginez le prix des fruits et légumes ! Et nous n’étions pas dans un truc pour touristes, c’était bourré de Bajans (habitants de la Barbade). Au marché, un ananas coûte 7€.

SINA et SANDRO sont venus au mouillage, et le soir, nous nous sommes tous, sauf WILDERNESS (GB, toujours en mer), retrouvés avec Jimmy et Gwenda au Yacht Club. Que ça fait plaisir d’être à nouveau ensemble ! Nous ne nous connaissions pas avant janvier, mais faisant partie du même Odyssey, en plus en si petit groupe, nous nous sommes de suite liés d’amitié, ce sont tous des gens super sympa, et d’avoir fait cette aventure de plus de 5’600km ensemble, ça lie !

WILDERNESS est arrivé samedi, nous avons à plusieurs reprises essayé de les voir arriver, sans succès. Ils sont arrivés de nuit, n’ont pas osé venir ancrer, en général on n’a pas le droit d’ancrer avec le pavillon jaune à la Barbade (pavillon jaune = quarantaine = formalités douanières pas encore effectuées), mais Jimmy pouvait recevoir une autorisation pour cela. Ils ont donc passé bien au large et ont tourné aux alentours attendant le jour pour rentrer au port.


Plongée et cérémonie de clôture

Voilà, la dernière journée de l’Odyssey et jour de départ de Dieter est arrivée, ça a passé si vite ! SINA et SERENITY sont entrés au port de la ville, avec l’aide de SANDRO pour les bouées, nous avons vaqué à nos occupations sur le bateau. Dieter a fait ses bagages, Lotti a nagé jusqu’à la plage avec les enfants, puis ils ont fait un peu d’école à l’aide de Lotti pour rattraper les jours qu’ils n’ont pas pu en faire lors de la traversée car trop mal. 

Puis voilà qu’Andreas de PICO vient nous demander s’ils peuvent accrocher leur annexe à notre bateau le temps d’aller plonger. J’ai droit demandé si je pouvais les accompagner, Stéphane ne pouvant pas plonger car il doit toujours pas mouiller sa plaie. Moins d’une heure plus tard, nous entamions la plongée depuis Olena. A environ 150m, il y aurait 6 épaves, il y a une zone fermée par des cordages et flotteurs, où un grand nombre de bateaux de touristes viennent plusieurs fois par jour y déposer plongeurs et snorkleurs. Sandra et Andreas ont aussi plusieurs centaines de plongée à leur actif et nous avons eu, tous trois une superbe plongée de 70 minutes. Nous avons trouvé 3 épaves, habitées par de grands bancs de poissons.

A peine hors de l’eau et en train de rincer mon matériel à l’eau douce, voilà 2 annexes qui arrivent, WILDERNESS et leurs amis SOPHIE, une famille américaine, avec un garçon de 14 et une fille de 10 ans, partis en 2012 des Etats unis avec le même bateau que nous en plus grand. Ils sont venus nous saluer et nous dire qu’ils seront au Club le soir.

Et voilà que Jean-Paul de TUBALCAIN nous demande de venir les chercher, car il s’était proposé de nous refiler les tuyaux pour les Antilles, où aller et où ne pas aller. Françoise et Jean-Paul sont donc venus boire un café avec leurs guides et bons conseils. Puis ce fut l’heure de se rendre à la cérémonie de clôture au Yacht Club.

Nous étions les 6 bateaux + PICO + SOPHIE. Jimmy a distribué des certificats aux enfants, Timeo était très fier, même s’il ne sait pas ce que c’est. Puis ce fut l’apéro, de petits groupes se formaient se racontant ce qui s’était passé sur les bateaux lors de la traversée. Les enfants ont joué dans le sable avec Lotti et Paul et ont préparé une table de petits gâteaux magnifiques. En arrivant, j’ai d’abord vraiment cru qu’il s’agissait de nourriture avant de voir que c’était du sable et des fleurs. Je n’ai pas été la seule à m’être fait avoir. Les enfants étaient fiers d’appeler les uns après les autres pour montrer leurs œuvres.


Revue de la transatlantique

Ce fut une expérience bien sympathique et contrairement à ce que beaucoup pensent, pas ennuyeuse du tout. 13 jours de grand bleu, sans voir la terre n’est pas ennuyeux. Le bruit des vagues (quand elles ne tapent pas) est apaisant, les formes changeantes des vagues avec les sauts des poissons volants agréables à regarder. Et il y a toujours quelque chose à faire, que ce soit avec les enfants, du ménage, de la cuisine, des réparations… et tout ceci en naviguant 24/24h. Mais nous avons le temps, ici il n’y a pas de stress. 

Les alizées n’étaient pas ce que nous imaginions. Nous avions entendu tant d’histoires nous contant qu’on réglait les voiles une fois et ne les touchions plus pendant 2 semaines. Le vent était changeant, en force et en direction. Pour la direction, il tournait d’une dizaine voire d’une vingtaine de degrés. Nous devions régulièrement nous occuper des voiles. Puis arriva les squals (grains ?), ce qui nous faisait encore plus nous occuper des voiles.

Jimmy avait averti que chaque bateau aurait des casses, nous n’avons pas fait exception à la règle. Stéphane est monté 2x dans le mât jusqu’aux premières barres de flèche pour y remettre une ampoule qu’on a retrouvé par 2 reprises sur le tampoline. Je vais essayer de lister tout ce que nous avons eu comme casse :

- Les 2 sangles de survie sous la coque – usure de la couture

- La corde du 2ème ris - la gaine s’est soudée à la corde au niveau du coinceur, ce qui a déchiré la gaine un peu plus loin. La corde avait été neuve à l’achat du bateau, c’est le résultat de l’empannage involontaire

- La corde à laquelle nous fixions la retenue de bôme – peut-être était-elle pas assez épaisse

- Fixation arrière du lazy-bag – je l’avais remplacé à Las Palmas, je suppose qu’elle s’est frottée contre la bôme jusqu’à se coupe

- Sangle de retenue de la grand-voile sur la bôme – nous l’avions fait réparer à Santa Cruz, je suppose que le fil utilisé n’était pas assez résistant

- Parasailor déchiré – selon les conseils du vendeur, nous l’avons utilisé avec la grand-voile, qui lui enlevait le vent, même avec 3 ris. Il a dû s’accrocher à quelque chose quand il s’est déventé et aplati contre le mât, ce qui l’a déchiré. Nous avons contacté un loup de mer allemand très connu (Bobby Schenk) qui a navigué avec un cat sous Parasailor pendant des années, jamais il l’a utilisé avec la grand-voile, exactement pour cette raison

- Coutures de la bande anti-uv de notre Code 0 (ou Gennaker ?) – là c’est certainement dû à l’âge, donc de l’usure normale. J’ai recousu une bonne partie du bas lors de la traversée, mais l’ancienne couture a continué de lâcher, ainsi que sur toute la partie arrière

- Le crochet qui relie l’enrouleur du Code 0 (ou Gennaker ?) au bout dehors (barre au milieu à l’avant du bateau qui est plus longue que le bateau) – ce crochet en métal est attaché à une boucle métallique, avec les mouvements et le temps, la matière s’use

- Les filets des filières qui se déchirent par endroit – certains sont dû à l’utilisation d’un acide non approprié il y a bien longtemps, d’autres par le frottement de cordes le frôlant

- Perte de la bâche du gril – ça doit être le nœud qui s’est défait avec le temps

- Perte de leurres de pêche – ça arrive quand on oublie qu’on traîne et qu’on fait des manœuvres au moteur, quand on attrape un trop gros poisson pour notre fil, ou quand trop d’algues (sargasse) s’y accrochent. 

A part pour le Parasailor, on ne peut pas se plaindre de nos casses, pour une transatlantique où nous avons navigué plus ou moins 3 semaines 24h/24, ce n’est rien d’anormal. Quant au Parasailor, à chaque fois nous avions peiné à cause de la grand-voile et continuions de suivre les conseils du vendeur. Nous aurions dû contacter Bobby Schenk plus tôt.

Nous sommes heureux d’avoir fait cette traversée en groupe avec l’Odyssey de Jimmy Cornell. Certes ça a un prix (moins cher que l’ARC), mais ça nous donne un peu plus de sécurité, malgré qu’en mer, nous sommes seuls sur notre bateau et bien loin des autres. Il est toujours apaisant de savoir qu’en cas de pépin, l’équipe de Jimmy est joignable 24h/24 et se met en quatre pour nous aider. Pour pouvoir participer, un certain nombre de matériel de sécurité était nécessaire, et tous les points de sécurité ont été contrôlés sur chaque bateau par Jimmy en personne. Nous recevions quotidiennement la météo et la position des autres participants. Avant le départ, au Cap Vert ainsi qu’à l’arrivée, nous avions des activités et visites en commun. 

Tout a une fin, et nous avons participé à la dernière édition du Carribean Odyssey. Jimmy ayant passé l’âge de la retraite depuis de nombreuses années et ses enfants ne voulant pas reprendre, il  n’y aura plus de nouvelle édition. Mais Jimmy a plein d’idées, de projets… pour ceux qui ça intéresse, il n’y a qu’à le suivre sur son site cornellsailing.com. 

En attendant nous voulions remercier Jimmy & Gwenda, ainsi que leur fille Doina. Non seulement pour leur soutien et leur gentillesse, mais aussi pour toutes ces nouvelles amitiés qu’on s’est faites, grâce à l’Odyssey. Nous étions un tout petit groupe de 6 bateaux, rejoints par un 7ème à la Barbade. Ca fait peu de monde et nous nous sommes de suite soudé en une équipe d’amis. Jimmy nous avait fait la remarque que c’est ce qu’il espérait avec ses Odyssey, mais ça n’a pas toujours été le cas. Avec nous, il sentait l’amitié et le soutient que nous nous donnions et qu’il était fier de nous. Nous sommes fiers d’avoir fait partie de cette équipe et heureux d’avoir fait la connaissance de gens fantastiques. Nous étions une chouette équipe ! Ça restera un moment fort de notre voyage.


La Sargasse

La Sargasse est une algue brune, qui flotte en forme libre, tapis ou traînées, à la surface de l’Atlantique. Nous avons croisés de nombreuses traînées de plusieurs centaines de mètres ainsi que des tapis énormes qui dérivaient. Normalement, cette algue vit dans la mer des Sargasses, une partie de l’Atlantique.

Depuis 2011 les Caraïbes en sont envahis, c’est plusieurs dizaines de milliers de tonnes de sargasses qui s’échouent sur le littoral. La plage de Bathsheba à la Barbade était un bon exemple, c’est horrible et ça pue et il y en a un tapis de plus d’un mètre de haut. Certains disent que cette prolifération est la suite du réchauffement climatique, d’autres que c’est les apports de nutriments de l’agriculture intensive et un lessivage des sols important suite à la déforestation intensive de l’Amazonie (certaines Sargasses viennent du golfe de l’Amazone) et de la destruction de la mangrove à l’embouchure du fleuve. Ce qui est certain, c’est que c’est l’action des humains qui amène à ces changements.

En attendant, ce phénomène a des conséquences économiques importantes, il affecte le tourisme qui représente une grosse partie de l’économie antillaise, car certaines plages sont fermées. Niveau écosystème, ce n’est pas bon non plus, certaines tortues ne peuvent accéder à leur plages pour y pondre leurs œufs, sachant qu’une tortue va pondre à l’endroit où elle est née. Et si certaines tortues ont réussi, c’est les jeunes tortues qui ne peuvent rejoindre la mer. De nombreuses espèces de poissons meurent à cause de ces grands bancs d’algues échoués. Et pour finir, ce problème mène également à des problèmes sanitaires importants, les locaux ont des irritations suite à ce que dégagent ces algues, et la baignade parmi elles peuvent causer des démangeaisons cutanées.

Le ramassage de ces algues nécessite beaucoup de main d’œuvre pour le faire à la main ou des engins chers qu’ils ne possèdent pas forcément.


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