Quand on ancre de nuit dans un endroit inconnu, le matin c’est la surprise de découvrir le paysage, et ce jour, la surprise fut belle. Un joli petit village, de jolies couleurs, une petite plage et des falaises.
Les enfants, mon papa et moi sommes partis en annexe l’après-midi rejoindre la plage. De la mer, la plage et les vagues n’avaient rien d’anormal, nous étions abrités du vent. J’approche l’annexe de la plage, monte le moteur pour ne pas toucher le fond avec l’hélice, les enfants et mon papa sortent, je leur passe les sacs, jouets, chaises de plage etc… puis voilà que je me ramasse une vague de l’arrière qui passe par-dessus le moteur. Le fond de l’annexe s’est retrouvé sous une bonne vingtaine de litres d’eau. Nous tirons l’annexe sur la plage, la vidons de son eau et nous installons.
Les enfants ont joué quelques heures au sable, ils se sont baignés un peu et j’ai étudié les vagues pour comprendre ce qui était arrivé. Je n’ai pas compris pourquoi, mais le fait est que régulièrement, une vague à peine un peu plus grosse que les autres arrivait, la mer se retirait de quelques mètres, rendant la plus grosse vague pareille à un mur de 120-150cm de hauteur qui se brisait en rouleau. Ça ressemblait aux vagues des surfeurs mais en miniature. Ce phénomène n’était pas percevable depuis l’eau, seulement depuis la plage.
Comment ressortir de là ? Le moment venu, je n’étais pas très rassurée. On s’est mis à la manœuvre dès qu’un rouleau avait passé. Nous avons tiré l’annexe en marche avant dans l’eau, ainsi ça coupe un peu les vagues et l’avant du bateau est plus haut. Les enfants ont sauté dedans, mon père poussé le bateau au large et sauté dedans, mais moi, je me suis fait bloquer par un rouleau. Dès le rouleau passé, j’ai couru dans l’eau (habillée) pour les rejoindre. L’eau jusqu’au niveau du nombril, je retenais l’annexe loin de la plage pendant que mon père essayait de descendre le moteur sans y arriver. Un homme sur la plage nous regardait et hésitait à venir aider, sans savoir quoi faire. Je maintenais bien l’annexe afin qu’elle ne s’échoue ni sur les rochers, ni sur la plage, puis je n’avais plus de fond, donc je servais plus à rien. En quelques secondes j’étais dans l’annexe, j’avais descendu et mis en marche le moteur. La plage était superbe, mais c’est sûr, je n’y retournerai plus.
Baie de la Sardina – Santa Cruz
C’est assez tôt le matin que nous montions l’ancre pour la traversée Gran Canaria – Tenerife afin de ne pas arriver trop tard à Santa Cruz. Les premières heures, nous avions un bon vent pour naviguer, les vagues n’étaient pas désagréables, donc tout allait bien. Sans devoir virer de bord (changer la voile de côté), nous avons pu traverser la « route à cargos » déserte, à un endroit autorisé. Puis le vent est tombé petit à petit et c’est au moteur que nous avons fait les derniers miles.