Le fisc marin est plus rapide !

 


Nous levons l’ancre derrière CORAL TREKKER avant le lever du jour. Matagi était une escale stratégique, car il n’y a pas de récif autour, donc facile de partir de nuit.

Nous naviguons au nord-est afin de contourner des récifs, où nous arrivons au moment où le soleil se lève dans un magnifique lever de soleil. Ensuite cap sur Vanua Balavu, au sud-est. Le vent n’est pas bien fort, mais nous avançons bien.

Une de nos lignes de pêche se tend, suivie par celle de notre canne à pêche où le moulinet se dévide à vitesse grand V. Semblant avoir perdu le poisson qui a mordu sur notre ligne manuelle, je remonte pour m’assurer que le leurre est toujours là alors que Stéphane s’affaire à freiner le moulinet. Petit à petit il essaye de remonter les 160m de ligne que le gros poisson a tiré dehors alors qu’Elina et moi enroulons la voile avant afin de ralentir le bateau.

Voyant la canne recourbée un max, Stéphane tournant péniblement le moulinet tout en tirant d’abord la ligne à la main, je m’attache puis me rends sur la jupe arrière lui prêter main forte. Munie de mes gants je tire la ligne petit à petit en suivant les mouvements du poisson. C’est un peu plus difficile avec cette ligne plus fine et surtout je n’ai pas de winch autour duquel je peux la passer.

Tout à coup le poisson tire un coup sec en arrière. Je suis obligée de lâcher la ligne, mais je l’accompagne au mieux afin de protéger un peu la canne, qui n’est plus en si bon état. Je sens une petite brûlure au travers de mes gants, le fil ça brûle, mais grâce aux gants ce n’est pas si grave.

Je reprends la ligne et continue de la ramener, Stéphane enroule toujours. A plusieurs reprises je sens de gros à-coups puis nous voyons un requin. La première chose qui nous vient à l’esprit c’est de sauver notre leurre, on en a déjà perdu assez. Nous sommes de suite soulagés de voir que le requin n’est pas au bout de notre ligne, il suit la tête du gros thon que nous avons pêché. Les à-coups, c’est le requin qui grignote notre poisson petit à petit.

Nous redoublons de vitesse, Timeo remplace Stéphane au moulinet pendant qu’il s’attache et s’empare de la gaffe pour ramener le reste du poisson à bord. Nous sommes comme à une course poursuite, c’est à celui qui arrivera le premier. Le requin est tenace, il suit la tête de thon jusqu’à l’arrière de notre jupe.

La tête a été hissée facilement vu que le thon ne se débattait plus. Le requin continue de suivre notre bateau de très près, bien moins d’un mètre ! Il le veut notre thon ! Ce n’est pas le moment de tomber à l’eau heureusement nous sommes attachés.

Il nous restait la tête et une petite partie du filet d’un côté, le tout faisait quand même 10kg ! Le thon entier devait faire dans les 25 kg. Stéphane a fileté le poisson en essayant de sauver un maximum de chair. Il nous est en est resté suffisamment pour un bon repas.

Comme l’a dit l’un de nos amis, le fisc de la mer a été plus rapide !

Le vent est tombé de plus en plus, nous avons dû faire les derniers miles au moteur.

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