Vanua Balavu, un petit paradis!

 


Nous sommes enfin à Vanua Balavu, une île avec plein d’îlots entourés d’un récif. Ça fait depuis notre arrivée à Fiji que je désire m’y rendre. Ça se trouve dans le groupe Lau, à l’est du pays. Se rendre à l’est est toujours plus difficile car contre le vent et les vagues. Il faut toujours attendre une fenêtre météo favorable et même là ce n’est pas toujours un cap très plaisant, ce qui cette-fois n’était pas notre cas.

Le vent allant tourner un peu au sud pendant les jours suivants, nous avions opté pour visiter le nord de l’île au début et de laisser la fameuse bay of island (baie des îles) pour la fin. Ça tombait bien, selon AIS il y avait déjà plusieurs bateaux.

Nous faisons un tour dans une des baies que nous avions choisie. Jolie, grande, mais un gros bateau y est déjà. Nous pourrions y ancrer sans problème, mais le milieu de la baie est assez profonde et nous savons que nos amis CORAL TREKKER, derrière nous, ne pourront pas y ancrer. Nous allons visiter la baie d’à-côté, un peu plus petite.

L’endroit est magnifique, ça me rappelle les images que j’ai vues d’une des baies connues du Viet Nam. Des îlots et de petites falaises qui tombent directement dans la mer, dont le bas a été rongé par les vagues.

 

Manœuvres de mouillage


Là aussi il n’est pas si simple de s’y ancrer à 2 bateaux, car on doit mettre pas mal de chaîne dû à la profondeur. Nous ne savons pas non plus comment les vents tournent, si les bateaux vont toujours tirer dans le même sens.

Nous voyons à l’arrière comme une embouchure qui nous plait, mais ce n’est pas large. Je propose à Stéphane de sortir l’ancre de poupe pour s’y mettre. En peu de temps Elina et moi avions préparé tout le matériel pendant que Stéphane maintenait le bateau en place.

La manœuvre a été faite facilement avec l’aide des enfants. Le lendemain, nous devions ajouter une amarre attachée à un arbre, pour sécuriser le bateau à cause du vent. Le fait d’avoir été s’abriter dans la mangrove nous a entraînés à ce genre de manœuvres.

 

Explorations


Le plus beau dans cet endroit, ce sont les ballades en annexe autour des îlots et entre les gorges que forment les îles. Nous passons des heures à explorer cet endroit magnifique. Il y a une petite grotte où nous pouvons regarder à l’intérieur où les vagues continuent leur travail d’érosion.

Au bout de 2 jours, nous changeons de mouillage pour nous rendre dans une grande baie où se trouve le yacht club ! Il s’agit d’une double baie. Certains bateaux se trouvent à celle du fond, nous nous rendons vers la première. Il y a une grosse bouée, au fond un trou avec une seconde bouée.

Nous nous approchons, ce n’est pas bien profond et il y a quelques patates de corail, aucune idée comment se rendre à la bouée du fond sans toucher quelque chose. La baie devenant vite profonde, nous décidons à nouveau d’ancrer avec 2 ancres pour ne plus bouger ni endommager de corail. Le seul inconvénient est de ne plus avoir le vent de l’avant, certaines choses ont tendance à s’envoler dans le cockpit.

Les CORAL TREKKER prennent la bouée et nous explorons ce nouvel endroit en annexe. Le trou bien rond avec la seconde bouée est entouré de mangroves et il y a une petite rivière qu’on peut remonter sur quelques mètres à marée haute.

 

Groupe d’ados

Les bateaux déjà dans la baie à notre arrivée étaient pour la plupart des bateaux avec des ados que nous avions connus à Savusavu. Ils ont organisé un petit apéro sur la terrasse du Yacht Club (vide pour l’instant) où nous les avons rejoints.

Les ados en bateau sont bien plus rares que les enfants et là ils sont en surnombre. Elina est enchantée. Quant à Cyliane et Timeo, ils préfèrent jouer entre-eux, prendre l’annexe pour faire des allers-retours entre le bateau et le Yacht Club.

 

La ferme de Greg


Au fond de la baie il y a une jetée d’où part une jolie ballade en haut de la montagne. Nous pouvons emprunter les 271 marches d’escaliers ou le chemin, un peu plus long, qu’empruntent les gens de la ferme avec leur 4x4.

Nous y sommes montés à plusieurs reprises, la ballade est vraiment très jolie. En haut des escaliers on atterrit dans un pâturage semblable à ceux du Jura sauf que les pierres sont volcaniques et qu’il y a des palmiers. Les animaux, vaches, chevaux et moutons s’y promènent en toute liberté.

Puis on arrive à un petit hameau clôturé. Chez nous on clôture les animaux, ici c’est les humains qui sont clôturés et les animaux se promènent autour. A quelques centaines de mètres se trouve une autre clôture, celle du jardin des propriétaires de la ferme.

Ce sont des australiens très sympatiques, ils vivent entre Suva et la ferme, se déplaçant avec leur Yacht qui se trouve dans la baie et que nous avions déjà croisé à Savusavu. La vue sur la baie depuis leur maison et superbe. Un peu plus haut il y a une seconde maison, celle du co-propriétaire de la ferme, qui est aussi le propriétaire de la marina à Vuda.


Ils nous demandent si nous sommes intéressés à acheter de la viande, probablement un porc. Le lendemain les hommes y remontent pour organiser la viande, ce sera un agneau. Le surlendemain nous montons tous et voyons la carcasse de l’agneau tué quelques heures auparavant pendre à un arbre. On se rend à la ferme pour payer puis un employé vient avec nous pour nous remettre la viande et la couper en 2.

Après l’avoir laissée reposer 3 jours au frigo, nous avons congelé une partie et cuisiné une autre. Petit gigot au curry au lait de coco. Jamais nous n’avons eu une viande aussi tendre, elle fondait comme du beurre. Si on aurait un plus gros congélateur, qui est en partie rempli par des légumes car on ne peut pas garder les frais plus de quelques jours, j’en aurais directement commandé un second rien que pour nous.

 

Vue sur la Bay of Island


Un des employé de la ferme nous a emmené voir le point de vue sur la baie des îles. Superbe !

 

Crabes des cocotiers


Les employés vivant au hameau avaient attrapé quelques crabes de cocotiers et nous ont fait goûter. Robi leur en a acheté un pour Sumi qui aime beaucoup en manger. Quelques jours plus tard, nous leur commandions d’autres crabes l’un étant pour nous.

Depuis le temps qu’on entend parler de cette bonne viande, tous qui ont passé par Makatea en Polynésie en ont mangé, sauf nous ! Nous étions plus intéressés à voir la bête vivante que de demander à en manger.

Sumi et Robi avaient gardé leur premier crabe pendant un jour. Il avait réussi à se libérer de ses liens, était sorti de la caisse fermée par un couvercle sur lequel ils avaient posé quelques kilos de plombs de plongée. Nous avons reçu notre crabe enfermé dans un sac. Je l’ai posé à l’ombre et nous avons attendu que Robi vienne le tuer pour nous. Il avait de l’expérience et personnellement, cet animal me faisait un peu peur.

Le crabe des cocotiers est le plus gros crabe terrestre, il peut faire jusqu’à 1m d’envergure et peser jusqu’à 4kg. L’une de ses pinces a des dents, pareilles aux nôtres. Avec ses 336kg de pression dans la pince, il a deux fois plus de force que la mâchoire d’un lion ! Seul le crocodile a plus de force que lui. Il nous a coupé notre bâton en tronçons comme si c’était une brindille. S’il attrapait l’un de nos doigts il lui réserverait le même sort. Avec cette même pince il peut soulever des poids jusqu’à 28kg, pas étonnant qu’un couvercle avec quelques kilos ne lui résistait pas.

Péniblement nous l’avons extrait de son sac pour le mettre dans une caisse. Il était tout le long en mode attaque, presque debout, ses pinces en l’air. Avec ses pattes avant, il tape pour faire peur.

Après quelques contorsions, Robi a pu le coincer pour le tuer. Il nous l’a découpé comme il le fait pour eux afin qu’on puisse bien l’entasser dans la casserole. Il voulait jeter la partie arrière (abdomen ?), mais il me semblait avoir lu que c’était la meilleure partie, je l’ai mise de côté en attendant d’avoir des infos d’amis connaisseurs. La vision de cette partie dans le frigo était déplaisante. On aurait dit les restes d’une énorme araignée.

Il ne lui faut pas beaucoup de cuisson et il y a beaucoup à manger sur un seul animal. Par contre la carapace est si dûre que c’est au marteau que j’ai dû la briser un peu partout pour pouvoir en extraire la chair.

La viande est bonne, mais ça devient très vite écœurant. Beaucoup disent que ça a le goût de coco, je n’en dirai pas tant. Ça a le goût de crabe mais très écœurant, ce qui n’est pas le cas d’un autre crabe.

Le lendemain je cuisinais la partie arrière selon les instructions. Cette partie est effectivement le fin gourmet de l’animal et se consomme ensuite comme du foie gras. Comme cette partie était coupée à part, une bonne partie de l’intérieur s’est répandue dans l’eau de cuisson qui est devenue jaune et sentait le coco. Quant à ce qui restait, on l’a goûté et pas aimé, c’était encore plus écœurant. On ne va plus en remanger.

 

Comme des lacs


Nous avons mouillé dans une baie très fermée. Sur la carte ça a l’air assez impressionnant, surtout que la baie continue bien profondément, mais c’est en annexe que nous devrons l’explorer.

Après avoir zigzagué entre les récifs, nous voilà dans un genre de lac entourés de montagnes. Au bout ça continue, à peine plus large qu’une petite rivière, c’est peu profond et plein de récifs, même en annexe nous devons zigzaguer. Puis nous nous trouvons dans un lac.

Nous avons également exploré la baie d’à côté, qui est similaire. Entre-deux il y avait une baie ronde, dans laquelle nous pouvions uniquement entrer par marée haute. L’eau y était transparente, on y a vu des raies comme à travers une vitre.

 

Restez à bord

Nous avons été avertis par les autres bateaux que vu la situation (l’épidémie a commencé à Fiji il y a 3 mois), nous n’étions pas les bienvenus dans les villages. On s’y attendait un peu. Ils s’étaient rendus dans l’un des villages. Les villageois les ayant accueilli à bras ouverts comme toujours, jusqu’à ce qu’ils croisent des officiels qui leur ont demandé de ne pas quitter le bateau.

L’un des bateaux présents qui vient d’arriver à Fiji, s’est fait chasser du mouillage de la ville principale de la 3ème plus grande île, alors qu’on peut s’y rendre en taxi sans problème depuis d’autres mouillages de cette île. Ensuite ils se sont rendus à une île non loin au nord, à peine ancrés voilà qu’un bateau vient avec un policier à bord les chasser. Ils ne veulent pas de bateau autour de leur île.

C’est vrai que la pandémie fait rage en ce moment. Nous avons un an de retard par rapport au reste du monde ici. Mais les 1100 nouveaux cas journaliers (sur 800'000 habitants) sont surtout dû à leur culture du Kava (on boit tous du même bol de noix de coco qu’on trempe dans le gros bol de Kava) et de leur manière de vivre (petites maisons d’une pièce où vivent et dorment souvent plusieurs générations). C’est un peuple très communautaire, par l’idéal par temps de pandémie.

Pour l’instant je n’ai pas entendu de cas chez les bateaux, mais c’est nous qui leur faisons peur. La peur des inconnus qui viennent d’on ne sait où? L’histoire de ces îles où bon nombre de maladies mortelles ont été amenés par les navigateurs? Ou le fait que le gouvernement nous ait interdit l’accès à terre pendant un mois, même sur des îles désertes ? Mais ils n’ont pas tort, ils doivent se protéger car dans ces petites îles reculées les médecins sont rares, les évacuations sanitaires comme en Polynésie n’existent pas.

Nous partons mouiller en face du village principal car nous avons besoin d’internet et dans leur culture, nous devrions faire Sevusevu (offrande de Kava) pour avoir le droit d’être là. Nous n’avons pas prévu d’aller à terre, ni de faire Sevusevu, mais nous nous attendions que quelqu’un passe prendre le Kava, comme c’est arrivé à des amis dans d’autres îles.

A peine ancrés voilà un bateau qui arrive. C’est un officiel de la santé. Il contrôle tous nos papiers puis nous recommande vivement de ne pas venir à terre. S’il nous faut quelque chose, nous pouvons l’appeler, il nous l’amènera sur la jetée. On avait l’impression de se retrouver en quarantaine, mais au moins ils avaient réfléchi la chose et trouvé une solution. Nous n’avions besoin de rien, mais ce n’est pas le cas de tous les bateaux. A un moment ou autre, nous devons acheter de la nourriture.

 

Les baies du sud

Lors de navigation parmi les récifs, il est prudent de surveiller l’avant du bateau car toutes les patates de corails ne sont pas forcément sur les cartes marines.

Nous avons ancré vers un autre village au sud. De là nous avons exploré les nombreuses baies cachées en annexe, c’est simplement magnifique. Nous avons repéré des endroits où on pourrait éventuellement mouiller lors d’un éventuel prochain passage.

 

Bay of Island


Nous voici dans la partie la plus connue de Vanua Balavu, la Bay of Island, au nord-ouest de l’île. C’est magnifique. Des îlots de pierre genre falaise assez hautes et érodées à la base, parsemés un peu partout. Plein de criques et baies à explorer en annexe. Un vrai petit paradis !


Image de drone: TRANCE

On y a passé une dizaine de jours, la plupart du temps seuls avec nos amis. Rejoints un peu plus tard par les américains TRANCE, juste avant leur partance pour les Caraïbes avec 2 courtes escales en Indonésie et Afrique du sud.

Alors que nous avions prévu de repartir, nous apprenions que les Estran allaient arriver. Les enfants sautaient de joie et ils nous ramenaient les affaires de snorkeling que Timeo a oublié sur leur bateau. Les CORAL TREKKER sont partis comme prévu, nous allons les retrouver dans pas longtemps.


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Commentaires

  1. Réponses
    1. Merci! Oui, on a adoré cet endroit. Un peu loin de la grande civilisation, de la nature pure de toute beauté. On y aurait bien pris racine.

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  2. Merci pour ce partage. Vous nous faites rêver. Bonne route à vous et gros bisous à tous

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