Shelter Bay


Colón est une grande ville au bord de la grande baie de Limón, protégée par 2 très longues digues. C’est un énorme port de commerce avec des cargos plus gros les uns que les autres. 

Shelter Bay se trouve en face de Colón, sur le territoire de l’ancien Fort Sherman, une base militaire américaine. Il y a une baie bien protégée dans laquelle ils ont fait une marina, tout autour c’est la forêt vierge!

Nous avons ancré vers d’autres bateaux non loin de l’entrée de la marina. Stéphane est allé faire les procédures douanières seul, car normalement, seul le skipper est autorisé à aller à terre tant que la douane et l’immigration n’ont pas été faites. 

Ça ne va pas long qu’il nous appelle par VHF, « préparez-vous, je viens vous chercher, on doit tous passer à l’immigration ». Ca fait sens, quand on arrive en avion ils veulent aussi tous nous voir avant de tamponner un passeport. Mais c’est la première fois que ça nous arrive et nous sommes un peu étonnés. Nous avons tous eu droit à poser pour une photo, et comme souvent ils ont scanné nos passeports avant de les tamponner. Voilà, nous étions en règle pour nous promener dans le pays. 

Mais d’abord il fallait encore passer à un autre bureau pour commander notre permis de croisière (obligatoire, coût US$ 185.- + 50.- pour envoi, car effectué à Portobelo). Nous devrions passer 2 jours plus tard le chercher.

Nous avons croisé un polonais, aussi au mouillage à l’extérieur et nous avons profité d’échanger des informations pour le passage du canal sans passer par un agent. Presque chaque bateau se trouvant là va soit passer le canal prochainement, soit il vient de le franchir dans l’autre sens. On est aussi allé faire coucou à un suisse, également au mouillage extérieur, lui aussi nous a donné plein d’infos utiles. 

Un petite visite de la marina nous a bien donné envie d’y entrer. Stéphane s’est renseigné, c’est 95 US$ la nuit pour notre bateau ou 88.-/nuit si on reste plus d’une semaine. Ouah, plus cher que Funchal, le port le plus cher où nous avions été (pas le choix car pas de mouillage). Ce n’est pas dans notre budget, tant pis pour la piscine et le confort.

Nous faisons une ballade sur des petits sentiers aux alentours de la marina, il parait qu’il y a des singes, toucans et paresseux ! On se retrouve sur les ruines d’une batterie militaire, des fortifications et bunkers. Nous avons vu de grosses araignées, quelques chauves-souris et d’énormes fourmis qui ont créé de vraies autoroutes, elles dégagent les feuilles mortes sur une 10aine de centimètres de large pour se créer des passages. Nous n’avons vu aucun animal espéré.

Au port, nous faisons la connaissance de Christine, une américaine qui nous informe avoir un apéro des plaisanciers le soir même, chacun amenant ses boissons et un snack à partager. On s’y rend et rencontrons plein d’autres plaisanciers. Les enfants peuvent profiter de la piscine, car ils sont les invités de Christine ! Une maman de 4 enfants d’origine arménienne habitant aux USA me propose de se joindre à eux le lendemain pour visiter le fort San Lorenzo.


Fort San Lorenzo



Entre-temps, nous nous sommes renseignés sur l’histoire du fort, nous partions donc sur les traces d’un des pirates, ou plutôt corsaire, les plus redoutés, Sir Francis Drake ! Il est l’un des premiers à avoir attaqué le fort, à l’époque en bois, et l’a brûlé à son départ. Moins de 100 ans plus tard, un autre pirate connu, Henry Morgan en a pris possession. Lui aussi y a mis la feu au moment de partir. Le fort actuel, en ruine, n’a jamais été attaqué.

Il se trouve à l’embouchure du fleuve Chagres, le fleuve qui à l’époque donnait accès au lac Gatún. 

Keri, l’autre maman du bateau AGHAVNI, avait réservé un taxi. Le prix que le taximen voulait ne lui convenait pas, c’est à peine à 11km et c’était 2x plus cher que pour se rendre à Colón. Elle s’est rendue au bureau de la marina et a organisé un bus avec chauffeur de la marina ! Le tout, sans frais, il fallait simplement donner un petit pourboire au chauffeur. 

Nous partons, les 7 enfants, les 2 mamans et un de leur linehandlers (personne qui tiendra une amarre lors de leur passage des écluses) à travers la forêt vierge. La route, goudronnée, a des trous partout, on roule lentement.

On voit un gros oiseau atterrir sur la route devant nous, puis repartir. Je demande au chauffeur s’il s’agit d’un rapace, il m’informe que c’est un vautour ! Intéressant je n’en avais jamais vu ! Puis on voit passer un des fameux papillons bleus, qu’on voit régulièrement en photo, un Morpho peleides. Superbe, mais il passe vite et nous roulons, aucune possibilité de faire une photo.

Les ruines du fort sont bien entretenues, l’endroit est magnifique avec des points de vues superbes. On y croise pas mal de touristes, mais le site est grand, ça ne dérange pas. On peut entrer à certains endroits et voir la vue à travers les fenêtres entourées de verdure. Nous avons tous apprécié cette ballade. Merci à Keri pour cette chouette idée.


Shelter Bay Marina




Lors de l’arrivée en annexe à la marina, un marinero a expliqué à Stéphane où parquer l’annexe, car ils n’ont pas de ponton à dinghy. Nous parquions à cet endroit à chacune de nos visites. 

Au 3ème jour, un autre marinero vient voir Stéphane qui parquait, avec son chef à la VHF. Il lui demande de quel bateau il est, avant de lui expliquer que c’est un port privé et qu’on n’y a pas notre place. Ca fait froid dans le dos, car il n’y a pas d’autre endroit où se mettre pour l’attente du passage du canal. Si on ne peut plus aller à terre, comment s’approvisionner, car depuis les îles vierges, nous n’avions plus remis les pieds dans un magasin. Et lors du passage du canal, qui se fait généralement sur 2 jours, nous devons nourrir et loger nos 3 linehandlers, ainsi que nourrir le pilote du canal ! Et ce n’est pas lors de notre escapade aux îles San Blas qu’on pourra s’approvisionner.

On comprend, nous ne sommes pas clients. Mais c’est bien le premier port où ça nous arrive. D’habitude ils ont des pontons à annexes et profitent de nos consommations au restaurant, à la laverie et à leurs magasins.

Des plaisanciers sympas nous disent de s’amarrer à leurs bateaux, ce que nous faisons. Mais j’avoue ne pas être très à l’aise.

Ayant à nouveau des problèmes avec le frigo, Stéphane a demandé au petit magasin, car le mari serait spécialiste. En prenant rendez-vous, elle demande notre emplacement. A notre réponse, elle dit qu’il répare uniquement les bateaux à la marina. Stéphane lui dit pouvoir faire le taxi, non, uniquement la marina. C’est bizarre cette réaction, mais nous ne sommes pas prêts à débourser autant d’argent, on s’arrangera autrement.

Entre-temps, nos amis Susanne & Jost de SERENITY sont arrivés et sont avec nous au mouillage. C’est en leur compagnie que nous retournons à la marina nous joindre au BBQ des plaisanciers. Nous faisons connaissances d’autres personnes, qui nous disent de s’inscrire sur le nom de leur bateau afin de profiter du bus de la marina pour aller à Colón.

Le lundi matin, nous prenions part à la ballade nature et découverte de la faune à travers la forêt vierge menée par une plaisancière. Nous avons vu un grand nombre de singes, à nouveau un beau papillon bleu, mais il passait si vite qu’il m’a été impossible de le photographier. Nous avons vu 2 sortes de vautours, en grand nombre, plein d’oiseaux, de papillons et même un crocodile ! Heureusement, nous étions sur un pont et pouvions l’admirer sans être en danger.


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