C’est d’un commun accord avec SERENITY que nous avons décidé de faire les démarches sans passer par un agent (mon mode d’emploi). Nous sommes munis des informations de notre ami Gérald de GABIN et du petit voilier suisse VAGABOND, alors que SERENITY a des informations similaires d’autres plaisanciers. Ca nous parait pas si difficile à faire et ça nous économise 350US$ voire plus.
Le soir de l’arrivée de SERENITY, nous avions envoyé le mail de demande de mesure (chaque bateau doit être mesuré) avec demande de rendez-vous le lundi 4 février. Nous sommes censés recevoir un mail de confirmation le lendemain, l’ayant envoyé le jeudi soir, on ne s’est pas inquiétés avant lundi, vu qu’aucun de nous n’avons reçu le mail.
Lundi matin, alors que Susanne, les enfants et moi étions en balade à travers la forêt vierge, Jost a appelé le bureau pour avoir un rendez-vous pour les mesures. Ils n’avaient pas reçu mon mail ! Apparemment j’ai ajouté une virgule dans l’adresse mail et on ne s’en est pas rendu compte. Ce ne fut pas un problème, Jost avait mes données et ils allaient venir pour les deux bateaux à l’instant ! Ils étaient déjà chez SERENITY alors que Stéphane revenait de la marina après nous avoir déposés et organisé quelques bricoles. Il s’est chargé de transmettre le document manquant et les deux bateaux furent mesurés. La paperasse et les infos seront faites au resto de la marina.
Alors que nous appelions nos maris pour avoir un taxi retour aux bateaux, les voilà qui arrivent à toute vitesse. Les inspecteurs du canal nous attendent au resto !
Nous avons eu, chaque bateau, notre propre inspecteur, les uns après les autres. C’était intéressant, car chaque inspecteur insistait sur d’autres faits. Les passages les plus importants sont de niveau sécurité, ils contrôlent si nous avons le matériel nécessaire à bord. Puis ils nous conseillent de couvrir nos panneaux solaires, car des pommes de touline (balle faite avec le bout d’une corde) sont lancées aux bateaux et ça pourrait faire des dommages. Ils nous informent ensuite qu’il nous faut des bouts (cordes) d’une certaine longueur et dimension, plein de pare-battages et qu’en plus du capitaine, qui sera assisté par un pilote du canal et ne pourra pas quitter la barre, il faut 4 linehandlers, une personne à chaque amarre.
Ensuite viennent les informations d’organisation. Nous devons nourrir les équipiers et le pilote, menu chaud et non végétarien de préférence. Pour la boisson, il faut prévoir de l’eau en bouteille scellée, car le pilote ne boit pas d’eau du dessal ou des cuves. Il faut organiser un toit étanche et contre le soleil sur la barre pour le pilote (heureusement, c’est le cas chez nous). Nous devons également avoir des toilettes fonctionnelles avec cuves de récupération. Normalement nous passerons la nuit au lac Gatùn et passerons ainsi le canal sur 2 jours. Dans le lac, à part le pilote, personne ne quitte le bateau et aucune ballade en annexe n’est autorisée. Il y a des crocodiles !
Certains points nous ont fait sourire, beaucoup nous étaient déjà connus.
Sauts à Colón
A peine les inspecteurs partis, nous constations qu’il nous reste 30 minutes pour prendre le bus pour rejoindre Colón. Parties pour une ballade, nous n’avions rien pris pour aller aux achats. Les hommes partent en trombe chercher ce qu’il nous faut alors que nous faisons le guet vers le bus pour ne pas le rater.
Les hommes arrivent quelques minutes avant le départ, Susanne va les rejoindre alors que le chauffeur arrive. Je lui demande s’il peut attendre un instant ma copine qui vient « non ! », je lui demande 2 minutes « non ! », puis la voilà qui arrive, ouf !
On saute dans le bus et départ pour Colón. On traverse la forêt vierge, traversons l’ancien village de l’armée américaine en ruine. Après avoir passé l’embranchement du nouveau pont en fin de construction, qui serait le plus long pont suspendu au monde, on tourne direction rivage pour arriver sur un ferry. On arrive juste avant le départ et on peut sortir du bus pour admirer le pont de l’Atlantique.
Nous arrivons au supermarché à 13h50, le bus repart à 15h00 pile ! Ca nous laisse peu de temps, surtout que nous ne connaissons ni le supermarché, ni les produits ! Comme ça faisait bien 2 semaines qu’on avait plus fait d’achats, nous avions besoins de vivres !
Mais en première priorité, il nous fallait tirer beaucoup d’argent pour payer le passage du canal ! 1875 US$ (984.- pour le passage + 891.- de dépôt) à payer cash dans une banque, qui n’accepte ni carte de crédit, ni virement. Bizarre quand même.
Ayant été averti que les distributeurs panaméens avaient une limite de 500US$ par jour, j’ai également pris la carte de crédit de Stéphane.
A la caisse du supermarché, un petit vieux vient m’aider à emballer mes achats et me propose ses services pour quelques dollars, pour m’aider à porter le tout jusqu’au bus. Ça tombait bien, je me demandais comment j’allais pouvoir faire. On va vite aider Susanne à emballer et c’est à nouveau au dernier moment que nous sautons dans le bus pour rentrer à la marina. Cette-fois, nous avons passé sur la route qui passe sur les écluses.
Le lendemain matin tôt, c’est les hommes qui ont pris le bus pour se rendre à la banque. Après les formalités, ils ont eu un peu de temps pour visiter la ville franche de Colón, où se trouvent 1000 magasins duty free. C’est le 2ème plus grand centre d’achats duty free au monde après Singapour. Ils sont rentrés avec le bus de l’après-midi. Nous les attendions à la marina alors que nous avions fini d’y faire nos lessives ainsi qu’un petit tour aux bunkers, où cette-fois, nous y avons vu plein de singes.
Là aussi, le chauffeur antipathique n’a pas fait de cadeau à notre connaissance Christine. Elle et son mari ont déposés les achats dans le bus, puis elle est partie remettre le chariot en place. Le mari en informe le chauffeur et sort faire de grands signes à sa femme. Stéphane et Jost en pleine conversation n’ont pas réalisé que le bus était parti sans eux. Un peu plus tard à un feu rouge, voilà la porte qui s’ouvre et une Christine furieuse entre dans le bus. Ils ont dû courir derrière le bus en taxi ! Le chauffeur du bus lui a juste demandé si c’est eux qui étaient en retard ou s’il était parti trop tôt. Il était 15h01 !!! Pas sympa le chauffeur de bus de la marina !
Le passage du canal se précise
Le soir du payement, dès 18h00 nous pouvions appeler les autorités du canal pour convenir d’une date de passage. SERENITY et nous passerons ensemble le 16 février, le jour des 60 ans de Jost, le skipper de SERENITY !
Nous déposions une affiche à la marina avec nos coordonnées Whatsapp et téléphoniques comme quoi nous cherchons 6 linehandlers pour cette date.
Quant aux amarres et pare-battages, je pensais m’en occuper le lendemain. C’était sans compter que nous aurions très peu d’internet et aucun réseau téléphonique pendant les jours qui suivaient. Ce qui m’a un peu stressé.
Finalement, j’ai réussi à organiser la location des amarres et pare-battages pour les 2 bateaux et ajouter 2 messages sur Facebook, pour trouver des équipiers. Grâce à Facebook, nous pensons avoir trouvé tous nos équipiers.
