On passe le canal !

Nous y sommes ! Après avoir vu partir avec beaucoup d’émotion de nombreux bateaux, c’est enfin  notre tour. Nous sommes prêts à l’heure et SERENITY nous rejoignent au mouillage avec tous les linehandlers à leur bord. On se met à couple (ils accrochent leur bateau au notre) et l’attente commence.

Jost a reçu l’info par la marina que nos advisers (pilotes du canal) arriveraient plus tard que prévu. Les heures d’attentes passèrent dans la bonne humeur, tous nos linehandlers étaient super sympathiques et heureux de pouvoir venir avec nous. Certains ont même amené de quoi faire des apéros et du linge de lit pour m’éviter de la lessive ! Puis le bateau pilote vient déposer les 2 advisers et c’est le départ ! Nous entrons dans le canal, passant sous le nouveau pont de l’Atlantique. Après le pont, nous mettons les bateaux à couple, d’abord SERENITY sur notre côté bâbord, puis un bateau français, TANGARA, sur notre côté tribord. On se rend ainsi vers les écluses de Gatùn en faisant quelques tours sur nous-mêmes, car nous devons attendre. Nous sommes prévus à l’arrière d’un gros cargo, dont le pilote a décidé de faire passer dans les écluses de gauche à cause de ses grues qui risqueraient de toucher le mur des écluses s’il passait dans celles de droite. On doit laisser passer le cargo à l’arrière de nous dans les écluses de droite et nous attendons la libération des écluses de gauche.

Avec toute cette attente, la nuit est en train de tomber. Une fois le cargo amarré aux locomotives électriques, appelées mules, il se met en place et c’est à nous d’entrer. 2 hommes nous suivent de chaque côté afin de nous envoyer des pommes de toulines (balle faite avec de la corde attachée à un cordage), afin que nous y accrochions les 4 amarres. Nous avons bien ri, car du côté de TANGARA, c’est au 4ème lançage qu’enfin la pomme de touline a atterri sur le bateau. Du côté de SERENITY il y a eu qu’un seul ratage.

Les hommes nous suivent, nous tenant « en laisse » sans tension, jusqu’à notre emplacement, où ils nous amarrent à une bite. Le travail des handliners commence. Comme nous sommes au milieu, nous n’avons rien à faire. Notre travail était d’amener les 3 bateaux en place, sous les ordres de notre adviser.

La première écluse se remplit assez rapidement, on voit beaucoup de courant sur l’eau, ce qui est assez impressionnant. C’est le mélange entre l’eau douce et l’eau salée qui ferait ça. Une fois en haut, les hommes enlèvent l’amarre qu’on tire à bord puis ils nous promènent toujours « en laisse » jusqu’à la seconde puis la 3ème écluse. La porte s’ouvre sur le lac Gatùn, un lac artificiel fait pour le canal. On nous met non loin des écluses à une grosse bouée, comme nous avions demandé à être ensemble, ils nous ont attachés à couple et non chacun de son côté.  


C’est tard que nous avons soupé et fêté les 60 ans de Jost ! Il a même fait un saut dans le lac alors que ce n’est pas recommandé à cause des crocodiles qui le peuplent.

Nos advisers sont arrivés le lendemain matin assez tôt et la traversée du lac a commencé. Le paysage est superbe, on croise de gros cargos et des bateaux de pêche. Puis on traverse la coupe Gaillard (Culebra cut), un des endroits du canal qui leur a donné le plus de difficulté. On passe sous le pont du Centenaire qui ressemble beaucoup au pont de l’Atlantique.

Nous étions à 4 bateaux, le catamaran SEAHORSE où se trouve la copine d’Elina était avec nous. Ils étaient partis quelques heures avant nous le 1er jour et leur bateau à couple, après maintes misères, a été remorqué au mouillage car en panne de moteur. De ce fait, nous serions à couple deux par deux et nos linehandlers auront à travailler. SERENITY et nous entrons dans l’écluse de Pedro Miguel côté gauche alors que les autres prennent l’écluse de droite. Le lançage des pommes de touline se passe bien. Nous sommes amarrés tout à l’avant de l’écluse et nous attendons notre cargo. Puis on voit un énorme cargo « porte-voitures » gris avancer, il était si gros que nous pensions qu’il prendrait la nouvelle écluse pour les Neopanamax, mais non, il se dirige vers nous ! C’est avec soulagement qu’on le voit entrer dans l’écluse de droite où se trouve SEAHORSE. C’est impressionnant ! Puis on voit à l’arrière, un autre énorme cargo « porte-voiture » arriver, un chouilla moins haut que le gris. Là ça fait bizarre, on espérait très fort qu’il freine à temps. 

La première écluse est séparée des écluses suivantes, nous avons dû lâcher les amarres complètement pour se rendre aux écluses de Miraflores pour recommencer la manœuvre. Puis l’attente fut à nouveau assez longue jusqu’à ce que le cargo soit amarré aux mules. Nous en avons profité pour manger et faire des coucous à la webcam, car mes parents étaient en ligne et nous voyaient en direct. Ce qui était rigolo, c’est que la webcam est sur le bâtiment des visites des écluses, dont les balcons sont remplis de touristes qui nous regardent. Nous sommes tous sortis à l’avant des bateaux et avons fait de gros signes à la webcam et les touristes nous faisaient signe en retour, pensant que c’était pour eux.


La dernière écluse eut à nouveau pas mal de courant dû au mélange des eaux. Nos linehandlers ont tout bien géré et c’est avec joie que nous avons tous regardé la porte s’ouvrir sur le Pacifique.

A première vue, le Pacifique c’était pas ça, l’eau est froide, dans les 17°C et sale. Mais nous sommes encore dans un canal et devons passer sous le pont des Amériques avant d’atterrir dans l’océan.

Le mouillage de las Brisas que nous avions choisi n’était pas l’endroit idéal pour un premier saut dans le Pacifique. L’eau était brune et dans les 18°C. La première baignade dans le Pacifique attendra.

Après avoir bu et grignoté quelque chose tous ensemble, il fut temps d’amener nos linehandlers à terre pour qu’ils puissent retourner à Shelter bay retrouver leurs bateaux.

Encore un grand MERCI à eux, nous sommes conscients d’avoir eu beaucoup de chance avec eux. Nous savons que ça ne se passe pas toujours aussi bien. Nous avons fait la connaissance de gens super sympa, qui en plus ont géré les amarres comme des professionnels. Alors que chacun de nous passait le canal de Panama pour la première fois. Nous avons passé 2 superbes journées ensemble.


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