Grenade avec les grand-parents

 Mes parents sont là !

C’était la fête chez OLENA, les enfants étaient si excités par l’arrivée des grands-parents qu’il a été difficile de les coucher. Même mes parents, exténués par le voyage, sont restés debout très tard. 8 mois à rattraper, ça fait beaucoup !

Le lendemain, nous les avons amenés à l’University Club de Grenade. C’est un restaurant (et hôtel uniquement pour les membres) au bord de la baie avec différentes terrasses. C’est ouvert au public et si on y consomme, on peut profiter de leur piscine. C’était bien pour passer un moment tranquille alors que les enfants se dépensent avec d’autres dans l’eau.

Puis nous avons déplacé le bateau et sommes allés à St. George’s, la capitale. Nous leur avons fait découvrir le marché et les alentours. Un soir nous avons retrouvé le copain d’école de ma maman, Louis-Philippe, qui habite à St. George’s depuis quelques années. Il travaille dans le nautisme, ce fut une chouette rencontre. Un autre soir, il nous a invités chez lui. Il habite sur les hauteurs de la ville, plus ou moins en face d’où nous avions ancré. Nous avons pu aller à pied, ça grimpait un peu mais la vue était superbe.

La météo cyclonique étant bonne, nous avons décidé de partir assez rapidement au nord afin de profiter de leur faire visiter plein de superbes endroits. Nous ne savons jamais quand un système menace de nous faire retourner au sud.


De mauvaises surprises

Le matin du départ, on profite des facilités d’achats de Grenade pour faire le plein de nourriture du bateau. Beaucoup d’endroits où nous allons aller, il n’y a rien ou pas grand-chose assez cher. On range un minimum et on lève l’ancre, direction Carriacou.

Avec les enfants, nous profitons du calme de la mer, protégée par l’île, pour transvaser les 5kg de riz et les 10kg de farine dans de grosses bouteilles PET. Tout doit être emballé hermétiquement pour éviter l’humidité et une contagion au cas où l’un des paquets aurait des petites bêtes. Les emballages sont jetés au plus vite, car ils peuvent contenir entre autre, des œufs de cafards.

Puis on arrive au nord de l’île, que nous continuons de longer à contrevent afin d’avoir un meilleur angle pour rallier Carriacou à la voile. Il y a des vagues et comme toujours, quand on a le vent en plein nez, les vagues sont très désagréables. Nous passons entre des rochers et quelques îles, puis nous pouvons enfin monter les voiles. Un peu plus de 6h après être partis, nous sommes arrivés à Tyrell bay !

Ce n’est pas allé long qu’Elina a remarqué que son lit était tout mouillé. En fait, elle avait mal fermé son hublot latéral et à chaque vague, c’est un peu d’eau de mer qui est entré. Tout était trempé, de sa literie jusqu’au matelas y compris sous le lit ! Les lits des bateaux sont en hauteur, car au-dessous, il y a de la place, soit pour stocker, soit pour des chauffe-eau, moteurs, cuves etc… Sous le lit d’Elina, c’est notre cave, où l’on range plein de choses que nous n’utilisons pas régulièrement. Nous avons dû tout sortir, car sur le sol, c’était une flaque d’eau salée. Heureusement les habits qui y sont, ont été stockés dans des sacs sous-vide, comme certaines autres choses qui ont été stockés dans des sacs étanches, mais malheureusement c’était pas le cas pour tout. Nous avons tout nettoyé pour enlever le sel et faire sécher. Nous avons fait tourner 3 machines à laver pour sortir le sel des draps, couvertures, housses de matelas etc…

Au sol de cet espace, il y avait un trou dans le plancher quand nous avions acheté le bateau. Le propriétaire précédent avait dû avoir accès au-dessous pour y faire des réparations. Nous avions fait couper un couvercle pour le fermer. En trafiquant là-bas j’avais déjà marché sur le couvercle et cassé les parties qui maintenaient le couvercle, que Stéphane avait dû réparer. Et ce jour-là, occupée à nettoyer, je marche à nouveau dessus et casse à nouveau. Il faut dire que c’est en plein milieu, mais ça m’a quand même fait rager, 2x que ça m’arrive ! En plus je me suis fait un bleu.

Pendant qu’Elina et moi étions occupées à vider et nettoyer le tout, Stéphane, mes parents et les petits sont allés faire un petit tour et ont été visiter le joli supermarché et organiser de quoi faire un repas rapide. Vu le boulot avec le lit, je me voyais pas faire de la grande cuisine.

Les bouteilles de farine traînaient encore au salon et je vois des points noirs à l’intérieur. Je regarde de près, c’est ovale, 1x3mm environ et j’ai l’impression que ça se déplace. Je surveille, mais il n’a pas fallu longtemps, il s’agit de petites bêtes ! 10kg de farine contaminée, que faire ? Je contacte mon amie Véronique de GRAN LARGO, elle sait presque tout. Filtrer la farine puis micro-ondes pour tuer les éventuels œufs. J’ai fait dans le sens inverse, j’ai transvasé dans des récipients puis passé 2 minutes au micro-ondes. J’ai filtré puis voilà que je trouve une petite bête encore vivante ! Je recommence en les mettant 3 minutes de plus. Là c’est bon, les bêtes ne bougent plus, elles sont mortes. J’ai passé des heures à passer les 10kg au micro-ondes puis au tamis, puis reconditionné dans les bouteilles PET. Avec le bordel du dessous de lit d’Elina qui traînait un peu partout pour sécher, il ne manquait plus que de la farine partout !

Le lendemain on a dû faire sécher toute cette lessive, nous sommes donc restés 1 nuit de plus à Carriacou.


Procédures douanières et horaires de bancomats

Le matin je vais faire notre clearance de sortie à la douane de Tyrell bay. L’immigration et la douane se trouvent dans le même bureau, ils sont assis juste en face l’un de l’autre et à mon arrivée, ils étaient en grande conversation ! Mme la douanière expliquait ses problèmes personnels à M. l’immigration et ma présence la dérangeait au plus haut point, elle me l’a bien fait sentir. 

Ce n’est pas la première fois qu’on dérangeait des gens sensés bosser et occupés à faire des choses privées. Ça arrive aussi dans notre pays, mais là-bas, ils nous servent rapidement en espérant qu’on n’a pas remarqué qu’ils faisaient des trucs privés. Ici, c’est le contraire, on fait sentir au client qu’on les dérange ! Je connais même des gens qui n’ont jamais été servis dans un resto, car la sommellière était occupée sur son smartphone, elle les avait pourtant regardé plusieurs fois !

Nous levons l’ancre, pour d’abord nous rendre à la station. Car après la clearance de sortie, nous avons droit de faire le plein hors-taxe !

Puis nous longeons l’île de Carriacou et rejoignons Clifton sur Union Island. C’est un passage obligé pour faire la clearance d’entrée. Il faut y aller assez rapidement, car à St-Vincent et les Grenadines (le pays où nous nous trouvions), ils veulent même savoir l’heure d’arrivée ! Et gare à toi si tu es arrivé le jour d’avant à 17h (les bureaux ferment à 16h) et que tu fais la clearance le lendemain dès l’ouverture des bureaux, tu payes des suppléments ! Ça nous est arrivé à notre première entrée dans ce pays ! On essayera de ne plus se faire avoir.

Je prends mes parents pour leur montrer un peu « la ville » de Clifton et je les laisse au café.

J’arrive à la douane, le douanier était en pleine discussion avec un client local, mais il me remet mon formulaire de suite ! J’avais fini de le remplir que j’ai dû attendre la fin de la discussion bien sûr. C’était si vivant, que parfois j’ai dû sourire. Quand le monsieur est parti, le douanier me demande si j’ai compris de quoi ils parlaient, car ils parlaient en créole (un créole anglais). Puis il commence à tout me raconter, ils parlaient de l’école des ados. Ainsi j’ai appris que la plupart des ados partent à St. Vincent, Trinidad ou je ne sais plus où en Asie pour étudier ! Pas facile la vie sur les petites îles.

Puis je me rends à l’immigration, c’était à nouveau le même type que lorsqu’on avait fait la sortie, et comme à ma première visite, il était bien occupé avec son smartphone. Mais il m’a servi de suite, a tamponné nos 7 passeports et nous étions libres de visiter le pays !

J’en profite pour passer au marché aux légumes visiter « ma vendeuse » pour refaire le plein de légumes. A peine arrivée sur la place, je cherche son échoppe des yeux que je la vois venir à mon encontre en gesticulant. Elle m’avait reconnue ! J’ai été accueillie comme une vieille amie. Elle me raconte n’avoir pas trop de temps car elle doit rentrer. Je cours au bancomat car je n’avais plus que 27ec (moins de 10€) en poche. Il n’y en a que 2 et ils sont dans une petite pièce, très climatisée, au bord de la banque. Les 2 étaient hors service ! Je m’en vais dans la banque, on me dit qu’ils sont fermés, je demande pour les bancomats, on me répond qu’ils ouvrent à 15h ! Je n’étais pas certaine que nous parlions de la même chose.

Je retourne au marché et lui dit qu’elle me mette des légumes pour 27ec. Comme la plupart des gens ici, ils n’ont rien mais ils donnent tout. Je suis rentrée avec mon sac rempli de légumes ! 15h passé, je passe au bancomat voir et tous deux fonctionnaient à nouveau. C’est du jamais vu, des heures d’ouvertures pour des bancomats.


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