La traversée fut agréable et très rapide. Nous avions le courant avec nous cette-fois !
Peu avant d’arriver près de l’île, je vois l’un des 2 ferrys qui venaient de se croiser, faire un détour. Mon programme montrant les tracking AIS des autres bateaux, je voyais bien qu’il évitait la partie où le fond était un peu plus haut, donc propice aux vagues (et marqué ainsi dans les cartes). Le ferry en sens inverse avait traversé cet endroit, chose que je pensais faire également vu les conditions de la mer. Du coup, j’avais un gros doute. Pourquoi le ferry évite-t-il cet endroit alors que c’est un gros bateau bien lourd qui va vite ? Nous avons décidé de faire pareil, malgré que le bateau moteur derrière nous passait tout droit. Franchement, je doute que ça ait été nécessaire ce jour-là, mais mieux vaut se mettre du côté de la sécurité.
Juste avant l’arrivée vers la baie, voilà qu’une annexe avec un paparazzi fonce sur nous et fait plein de photos avant de se rendre vers un autre bateau arrivant. C’est un photographe (Yacht spotter) qui nous vend les photos aux prix très européen ! Elles étaient très jolies, mais ce n’était pas dans notre budget.
Bequia
A peine l’ancre posée, me voilà à prendre les jumelles pour voir qui est là ! Et surprise, KISU, un couple suisse est devant nous ainsi que d’autres bateaux que nous connaissons. Nous savions que PARTY OF FIVE, ROAM et CLARITY devaient arriver dans les heures suivantes, notre escale dans cette île allait être prometteuse ! De plus nous savions que OUT OF AFRICA allait arriver dans les jours suivants vu qu’il nous avait promis d’organiser un BBQ vendredi !
Il y a des boat boys, mais ils ne sont pas comparables à ceux, parfois agressifs, de Sainte-Lucie. Ils se promènent entre les bateaux, se faisant remarquer et les pêcheurs tendant leur poisson à vendre. On les interpelle si on veut quelque chose et c’est avec grand plaisir que nous avons acheté une Bonite ! Ça faisait des mois qu’on en avait plus mangé. Je me suis régalée avec un bon tartare et le reste a été fait en steak sur 2 soirs. Tous les matins, c’est Bread Man qui passe à la rame, vendant ses baguettes, viennoiseries et pain à la banane (un genre de cake). On a pris des baguettes pour faire nos sandwiches pour les marches, mais elles étaient bien chères ! Le pain à la banane n’était pas bon marché non plus, mais excellent.
Le village de Port Elisabeth n’est pas très grand, les gens sont sympathiques. Nous étions en pleine période de Carnaval (fin juin)! Nous avons pris part au cortège des enfants. Le wagon du cortège est arrivé bien ½ heure en retard, puis le départ fut encore retardé de 30-40 minutes dû à une forte pluie. Les loulous ont attendu patiemment, sous un arbre qui n’abritait pas très bien des gouttes de pluie.
Puis enfin ce fut le départ. Le wagon à l’avant crachait avec ses immenses haut-parleurs une musique forte à nous faire mal aux oreilles. Les parents et enfants suivaient en marchant et en dansant parfois. Plusieurs fois j’ai demandé aux loulous si on pouvait faire demi-tour, tant c’était fort et la musique pas vraiment super. Non, ils voulaient à tout prix faire tout le cortège.
1h15 plus tard, nous étions de retour au point de départ et les enfants ont reçu une collation. Une boîte contenant 2 pièces de poulet, de la sauce, 2 mini-sandwiches, 1 cookie (trempant dans la sauce pour poulet) et 2 bonbons puis une bouteille de cola. Ils étaient heureux !
Le jour du BBQ, nous étions énormément de monde. Nous étions 10 kid-boats, plus tous les autres bateaux qui se sont joint à nous. Car comme à son habitude, John de OUT OF AFRICA informe le BBQ à la VHF lors du cruisers net (j’ai fait une page Cruiser info dans la partie Links où j’informe des canaux et heures de ces cruisers net pour les plaisanciers que ça intéresse). C’est super sympa de faire connaissance de plein de gens. Et la bonne surprise de ce BBQ était d’enfin pouvoir mettre des visages aux équipages de PEACE et BLUE MOON. Nous étions aux mêmes mouillages qu’eux à de nombreuses places (Guadeloupe, Antigua et j’en passe), nous les entendions régulièrement s’appeler à la VHF et par conséquent, savions qu’ils voyageaient ensemble.
Les enfants qui jouent souvent à imiter les adultes, aiment jouer à la VHF, et depuis des mois nous les entendons répéter « PEACE, PEACE, PEACE, BLUE MOON…. ». Les deux couples ont bien rigolé quand nous leur avons raconté cela.
Un jour, nous avons fait une marche à travers l’île avec Annick et ses deux garçons du bateau SUNSPLASH pour aller voir le sanctuaire de tortues. 3.9km par chemin et aucun bus ! C’est un octogénaire, ancien pêcheur qui ramasse les bébés tortues pour les élever pendant 5 ans avant de les remettre en liberté. Car très peu de bébés tortues survivent jusqu’à l’âge adulte. Le sanctuaire était petit, mais ce fut très intéressant de discuter avec lui et de voir des tortues bien plus âgées, qu’il n’a pas pu libérer pour diverses raisons.
A mi-chemin au retour, nous avons visité une plantation. Un guide nous montrait plein d’arbres fruitiers et on pouvait goûter certains fruits et ramasser des mangues. Ils avaient même un arbre à cannelle. Contrairement à ce que je pensais, l’arbre (dévêtu de son écorce) ne sent pas la cannelle. Par contre la feuille oui ! Mais je dirais qu’à l’odeur, c’est un mélange entre la cannelle et la noix de muscade.
Aaron de CLARITY est plongeur et cherche depuis longtemps quelqu’un pour plonger. RDV fut pris et je suis allée avec lui. L’endroit était joli, plein de petits poissons, tortues… Aaron avait pris son harpon avec si jamais il trouvait le poisson pour leur repas. La pêche au harpon en plongée bouteille, ce n’est pas très juste pour le poisson qui n’a aucune chance et c’est interdit dans certains pays. Je ne sais pas pour St-Vincent et les Grenadines, mais j’espérais fort qu’il ne pêcherait rien. Mon vœu fut exaucé.
Super Awesome Kid-Boats
Juste après le BBQ, un groupe de chat Facebook a été créé avec les membres des 10 Kid-boats se trouvant à Bequia. Du coup, j’ai installé Messenger ! L’organisation d’activités en commun s’est fait très facilement par ce biais.
Un jour nous avons fait une longue ballade sur le plus haut point de l’île, Peggy’s Rocks. 12 adultes et 16 enfants de 4-13 ans en partance pour quelques heures de marche. Nous avons traversé l’île, pu admirer Friendship Bay, puis longé la route jusqu’à trouver un des trail montant aux rochers. Arrivés en haut, ce fut une magnifique vue à 360° ! Par contre, coincés entre quelques rochers, nous n’avons pas pu faire une photo de groupe.
Après un petit repas, nous sommes redescendus. Certains ont pris un chemin en direction de notre baie, d’autres ont préféré descendre un autre trail en direction de Friendship. Mes enfants ont suivi cette voie et nous avons suivi également, même si j’aurais préféré le chemin le plus court.
Arrivés à la route, certains voulaient prendre le bus (ce sont des mini-vans). Quand les derniers sont arrivés (dont nous), le bus était déjà bien plein et je pensais y aller à pied ou prendre le prochain. Et voilà qu’un jeune nous dit non, il y a assez de place ! Il commence à empiler les enfants sur les genoux des adultes, à placer les gens, comme on joue au Tetris. On repart, entassés dans ce van. Prochain arrêt, 2 personnes qui attendent et croyez-vous pas qu’il s’arrête ! Le jeune recommence son empilage, ils sont 2 à présent, debout contre la porte, dos contre le plafond, la tête au-dessus des gens assis. A l’arrêt d’après, le jeune qui empilait les gens est sorti, c’était un client.
Nous étions à 30 dans un Toyota Hiace ! A notre arrivée, je suis sortie en première pour filmer la sortie des 19 autres passagers des kid-boats. Un moment mémorable !
Nous nous sommes tous retrouvés pour un verre au resto où nous avions parqué nos annexes au ponton. Les enfants ont profité de la plage et de sauter depuis le ponton.
Un jour une chasse au trésor fut organisée. A la place d’aller cacher des trésors, c’était les déchets plastiques et autres que les enfants pêchaient. L’endroit de la chasse était un peu profond pour mes deux petits ainsi que ceux de SUNSPLASH. J’ai bien essayé de les aider à aller chercher ce qu’ils voyaient depuis la surface, mais vu que j’avais fait une plongée bouteille le matin, les apnées répétitives à 4-5 mètres n’étaient pas super. Aux endroits peu profonds, il n’y avait pas de déchets. Nous sommes donc allés continuer notre chasse sur la plage. Nous n’avons même pas couvert 10 mètres que nos deux sacs poubelles débordaient ! C’est triste.
La chasse s’est terminée par un feu sur la plage, des guimauves grillées et des bières pour les papas.
La plupart des bateaux ont quitté Bequia sur 3 jours. Nous sommes partis ce 3ème jour, derrière SUNSPLASH au bout de 8 jours passé vers cette magnifique île.
L’alimentation sur le bateau
Le début de notre voyage fut prometteur. Nous avons mangé nos meilleurs légumes au sud de l’Espagne grâce à notre ami Miguel. La viande était bonne et peu chère, nous pêchions bien. Depuis notre arrivée aux Caraïbes, c’est un peu la déception.
Niveau pêche, de la Martinique et plus au nord, il faut faire attention à cause de la ciguatera (maladie qu’ont les poissons à cause d’une algue), puis la pêche avec les sargasses qui tirent sur les leurres ou les arrachent, ce n’est pas drôle. Donc on pêche quasi plus.
Niveau viande, à part le poulet congelé, on ne trouve rien de bon. Stéphane avait trouvé de jolis steaks de bœuf en Martinique et en Guadeloupe, les deux fois, on s’est retrouvé à manger de la semelle ! Du côté français, on trouvait encore de bonnes saucisses et hamburgers, mais du côté anglophone, ce n’est pas ça. Nous avons testé différentes saucisses, et souvent, nous avions l’impression de manger du pain. Nous rêvons d’un bon steak de viande rouge ! Pour ça, nous risquons d’attendre encore un bout de temps.
Niveau fruits et légumes, le choix est assez petit. Du côté français, le choix est bien plus grand, mais tout est importé de France/Espagne, les prix sont souvent en conséquence, et les fruits et légumes traités. Par exemple, les pommes sont superbes rouges et bien brillantes, car elles ont une couche de paraffine. Il faudrait les peler. Du côté anglophone, les prix flambent et le choix est très réduit. On essaye de manger du local, mangues, fruits de la passion, pommes d’eau, bananes, dachine, patate douce… Nous avons essayé les fruits Jaque, corossol, pomme-cannelle… mais on en trouve pas souvent à acheter.
C’est un thème qu’on discute souvent entre plaisanciers. Comme nous avons tous un petit budget (car nous vivons sans salaire), nous sommes tous à la même enseigne. On se refile des tuyaux, recettes etc… J’ai commencé à acheter des légumes congelés pour la consommation le même jour ou le lendemain. Mais en pays anglophone, là aussi, le choix est petit et hors de prix.
Pour l’instant, j’apprends à cuisiner des boîtes de conserve !!! Moi qui n’étais pas fane de boîtes, dès notre arrivée à la Barbade j’étais heureuse d’avoir un bon approvisionnement en boîtes ! J’en fais de bonnes paëlas, lasagnes … Même la viande, nous en avions acheté en boîte pour la transat. Certaines, comme le jambon, c’est mangeable. Mais d’autres, comme le corned beef, c’est infect. Quand on ouvre une boîte, l’odeur est la même que les boîtes de bouffe pour chats ! Et franchement, visuellement c’est pareil ! La seule manière de les « cuisiner » pour que ça passe, c’est en lasagne avec beaucoup de sauce et d’autres choses.
Nous avons découvert les cassoulets (en boîte, achetés en pays français), à ma grande surprise, les enfants en raffolent et nous aimons bien aussi.
Je commence également à cuisiner des lentilles, pois et haricots secs. Surtout pour en faire des salades pour midi. Je les cuis dans la marmite pression afin d’économiser du gaz.
Les supermarchés en pays anglophones sont généralement assez spéciaux. En rayon conserves de fruit on y trouvera parfois des huiles moteurs. Certains n’ont aucun produit frais, les fruits & légumes se trouvent au marché. Et au marché, on ne paye pas le même prix qu’un local ! La viande se trouve dans les congélateurs, il est rare de trouver du frais.
Nous avons visité un magasin très sympa à Bequia, où la chambre arrière contenait plein de frigos et congélateurs bahut sans porte transparente. Il faut tout ouvrir et chercher ce qu’ils contiennent.
Stéphane y a même trouvé de la fondue suisse fabriquée par Emmi !
Les questions surprenantes des enfants
Les journées passent vite et il est assez rare que nous ayons le temps d’allumer la télévision. De toute manière, on n’a pas de câble ou satellite, on regarde des DVD’s que j’ai digitalisé avant le voyage. Nous passons donc beaucoup plus de temps à discuter entre nous et avec les autres bateaux. Les enfants murissent différemment, ils vivent beaucoup de choses que d’autres doivent apprendre dans les livres.
C’est comme ça qu’on se retrouve tout étonnés des questions que nous posent nos enfants lors des repas. Ils veulent savoir des choses qu’en Suisse, ça ne les auraient pas intéressés le moins du monde et encore moins à leur âge.
J’ai plus trop de souvenir concret de ces questions, à part la fois où Timeo, du haut de ses 6 ans nous posait je ne sais quelle question sur la lune, le soleil... La table s’est transformée en système solaire, un gobelet (la lune) tournait autour d’une assiette (terre) qui tournait autour de la casserole (soleil) etc…
C’est aussi surprenant de voir Elina prendre et lire des livres de notre bibliothèque comme la médecine à bord, l’approvisionnement à bord… et me faire la leçon si je n’ai pas fais comme dans le livre. J’ai même déjà surpris Cyliane en train de feuilleter certains de nos livres. Je ne crois pas qu’elles auraient fait chose pareille en Suisse.