Nous voilà en train de poser l’ancre dans la grande baie du Marin. En attendant que la chaîne se tende, je regarde les bateaux aux alentours et je vois PERCEPTION, j’entends la voix de la marraine d’OLENA me dire « ils ont rebaptisé MABUHAY, il s’appelle PERCEPTION », je regarde le modèle du bateau et n’en crois pas mes yeux. Ce n’est pas possible d’avoir 2 mêmes modèles de bateaux qui ont le même nom. Je cours à l’arrière et crie à Stéph « il y a MABUHAY juste à côté de nous !!! ». Sur le coup, il a cru que je me fichais de lui, mais il a vite du reconnaitre, que j’avais raison !
MABUHAY était le bateau de nos amis Marie-Thérèse et Paul, qui ont fait le tour du monde pendant 11 ans. Nous voulions nous croiser aux Caraïbes, mais lors du départ de leur transat au printemps dernier, ils ont eu un problème avec l’auto-pilote et ont dû faire demi-tour. Ils étaient pris par l’échéance des visas et comme la vente du bateau était prévue aux Caraïbes, ils ont décidé de le vendre sur-place, en Namibie. Et voilà qu’on ancre à côté de « leur » bateau, dont on n’avait aucune idée où il pouvait bien se trouver !
Le Marin est une immense baie, qui peut contenir jusqu’à près de 3000 bateaux (2 marinas, plusieurs mouillages), et le hasard fait qu’on pose l’ancre juste à côté. Nous aurions dû jouer au loto je crois, avec une chance pareille!
Nous devions aller leur faire coucou et avons ainsi fait la connaissance de Meg & Brad, un jeune couple australien fort sympathique, qui était tout heureux de nous recevoir et de pouvoir discuter avec quelqu’un qui connaissait leur bateau. Paul & Marie-Thérèse se sont donnés beaucoup de peine et ont laissé beaucoup d’informations pour les futurs propriétaires. Ils ont remis les clefs et expliqué les choses à leur vendeur qui a remis les clefs à une autre personne, qui a remis les clefs au jeune couple en disant « voilà les clefs, si vous avez des questions… vous vous débrouillerez » et il est parti ! Heureusement, Marie-Thérèse avait fait plusieurs notes, collées par-ci par-là (on en a encore vues!) avec des explications ainsi qu’une lettre. Et ce jeune couple, sans expérience de voilier s’est retrouvée à devoir tout expérimenter seuls ou avec l’aide des gens qu’ils croisaient. Au début ils ont eu quelques couacs, du genre d’oublier d’ouvrir les vannes de gasoil, et se sont trouvés en panne moteur. Bah oui, c’est logique, à présent ils en rient. Paul avait bien écrit d’ouvrir les vannes ! Mais eux n’avaient pas encore trouvées celles-ci.
Ce qui nous a vraiment impressionné, c’est d’avoir retrouvé ce bateau dans l’état que nous le connaissions. Ils ont tout laissé comme c’était. Brad nous a raconté avoir vidé chaque compartiment, fait une photo du contenu afin de savoir où se trouvent les choses, et d’avoir tout remis en place, car si Paul rangeait ça là, il y a une raison ! Même la literie, c’était celle dans laquelle nous avions dormi lors de nos vacances ! Normalement, des nouveaux propriétaires de bateaux commencent par le transformer selon leur nécessité et leurs goûts. Mais eux, c’était différent, quand on discutait avec Brad, on avait l’impression qu’il avait mis Paul sur un pied d’escale, alors qu’il ne le connait même pas ! Mais en l’écoutant discuter, nous avons dû reconnaitre qu’il avait bien perçu le caractère de Paul, un homme sérieux et pointilleux qui bichonnait son bateau.
Escale technique
Notre escale au Marin, endroit pas très joli avec une eau qui donne pas envie de s’y baigner, était, mis à part le cas de garantie de notre annexe, une escale technique. Car au Marin, on y trouve presque tout ce qu’il faut. Et s’il n’y a pas, ça se commande en France et ça arrive dans la semaine (en général).
Eric, le gréeur qui était passé à Fort-de-France est passé pour nous montrer les échantillons pour un nouveau lazy-jack (un gros sac, dans lequel la grand-voile se range sur la bôme). L’ancien lazy était en toile avec PVC à l’intérieur, c’était étanche et la voile baignait dans l’eau après chaque pluie. La toile sur le dessus était cuite, bien trop pour la réparer.
Nous pensions le faire changer à Trinidad, mais Eric, un régatier, savait de quoi il parlait et nous avons décidé de peut-être payer un peu plus en Martinique mais d’avoir un meilleur produit. La commande a été passée, nous allons avoir un lazy en PVC (bâche de camion). J’aurais voulu un peu de couleur, mais nous avons choisi en fonction du facteur solaire et avons opté pour le beige. Ça ne sert à rien d’avoir un joli bleu marine comme l’anti-UV de la voile avant, pour que la voile à l’intérieur se retrouve dans un four et que nous nous brûlons à la bâche lorsqu’on ouvre ou ferme le lazy. Peu après, nous avons commandé des cagnards dans la même étoffe, ce sont des bâches pour fermer les côtés, dans l’espoir que les vagues entrent moins dans le cockpit, puis des poches pour mettre les écoutes (cordages).
J’en ai profité pour refaire un gros service au winch de l’écoute de la grand-voile, qui commençait à faire des bruits suspects. J’avais commencé les services de winch par celui-ci, c’était en été 2016, et comme ils ne sont pas couverts/protégés, il était temps de le refaire.
Stéphane a tiré des câbles électriques entre les moteurs et le tableau de commande. C’est notre petit moussaillon qui a été tout heureux de l’aider. Ce fut une joie pour lui de se faufiler dans des trous et de tirer sur des câbles.
Notre rail auto-vireur de la trinquette (petite voile avant) n’était toujours pas étanche, malgré que Stéph et Paul l’ont démonté et recollé l’été dernier. Cette-fois, Stéph a fait des chanfreins dans les trous des vis afin que le joint y pénètre bien. On croise que ce soit étanche à présent.
Stéph s’est encore attelé à notre système de récupération d’eau. Nous avions prévu des ouvertures à l’arrière, mais avons réalisé que la plus grosse partie de l’eau s’écoule à l’avant. Il a donc transformé des entonnoirs afin de les fixer sur les coins du toit. Pour l’instant on a 2 systèmes différents et tous deux fonctionnent à merveille !
J’ai aussi fait pas mal de couture, j’ai trouvé du tissus Madras et j’en ai fait des protections pour nos sièges en cuir. Les enfants sont souvent à genoux sur le canapé, et ils y font des petites coupures avec leurs ongles d’orteils ! De plus, comme ils sont en maillot de bain la plupart du temps, c’est plus agréable pour la peau et le canapé, d’avoir un tissus entre-deux.
Alors que j’amène nos déchets, je découvre un filet de trampoline. J’entends un ami plaisancier me dire « si j’étais au Marin, je ferais les poubelles tous les jours, on y trouve plein de choses utiles ». Là j’hésite, j’ose ou pas ? Je regarde, personne et j’ai un grand sac vide. Hop, dans mon sac, ni vu, ni connu. Ça fait un moment que je lorgne notre filet que je devrais remplacer, pour le transformer. Mais devant l’énorme travail pénible que ça va être, j’attends. Et là, j’avais la matière première sans devoir m’attaquer au notre. Il me fallait 2 bouts que j’ai transformé, après les avoir passés en machine, en poches à gants/lignes de vies sous le siège pilote et en gros hamac sous la table du cockpit.
Jardinage
Eric (le gréeur) nous raconte qu’il a un gros manguier qui vient de perdre une grosse branche qu’il doit couper et débarrasser lors du week-end. Il a tant de mangues qu’il ne sait qu’en faire. Rendez-vous est pris, il vient nous chercher, nous allons l’aider dans son jardin.
Ce fut une chouette après-midi dans un très bel endroit. Nous avons ramassé les mangues, coupé les branches, jeté les mangues fichues et j’avais même mis de côté celles qu’on pouvait encore manger de suite en enlevant un bout.
Quand Eric a vu ce tas, il a proposé d’en faire un smoothie. On adore les smoothie ! Nous avons donc fini la journée dans sa cuisine à couper les mangues et déguster son délicieux smoothie. Il nous a aussi fait découvrir des fruits et des jus inconnus.
A peine la nuit tombée, voilà qu’Elina nous appelle pour aller voir des lucioles. Je pensais qu’elle disait n’importe quoi, mais oui, c’était bien des lucioles ! Je n’en avais jamais vu, c’était magnifique.
Eric nous a ramené au Marin avec un gros sac de 14.9kg de mangues ! Une petite partie a fini en confiture que nous avons partagée avec Eric. Il a adoré et nous aussi.
Réveillés par un fou furieux
Nous étions ancrés au coin de 2 chenaux, et lors du départ de notre voisin qui était au bord, nous avons trouvé utile de sortir notre lampe flash pour se faire voir. Car un bateau à l’ancre de nuit, il y a juste une petite lumière blanche tout en haut du mat. Quand on est devant une ville, le bateau n’est pas très visible. MABUHAY nous avait remis une lampe flash blanc/rouge, lampe qui ne peut se confondre avec aucun signe maritime, c’est ce que nous utilisons.
Quelques nuits plus tard, à 1h du matin, voilà que quelque chose tape notre coque. On se réveille, on écoute. Ça recommence. Direct, on saute du lit et allons voir. Il y a un type sur son annexe qui cogne sur notre coque et se met à hurler en anglais « d’enlever notre *** de lampe flash ou il va l’arracher lui-même ». Ouh-là, sur ce ton-là mon coco, avec moi tu n’arriveras à rien ! Je sors comme une furie sur notre jupe arrière (escaliers) et lui tiens-tête. La conversation s’envenime un peu, je lui dis d’aller continuer de picoler et de nous ficher la paix. Stéphane se tenait à l’intérieur du carré avec un outil à la main, au cas où un autre arriverait par l’autre côté et essayerait d’entrer.
Le type me prend de haut, j’en fais pareil. Il me dit « t’es allemande » et moi le rabaisse, car il ne sait même pas reconnaître un pavillon (drapeau à l’arrière du bateau qui indique dans quel pays est immatriculé le navire). Bref, pour finir, la conversation a continué en allemand, car lui était allemand et je lui explique comme à un gosse que quand on voudrait quelque chose il y a la manière de demander et des mots magiques à utiliser. Le type me regarde bouche-bée quelques secondes, s’excuse, se présente et me demande poliment d’enlever ma lampe flash, qui selon lui dérange la navigation car pourrait être confondue à une bouée cardinal nord (heu…. c’est blanc et non blanc/rouge). Il argumentait en racontant tout ce qu’il a fait et qu’il aurait été un des développeurs du Parasailor (voile). Quand je lui ai dit qu’on en avait un à bord et qu’on l’avait déchiré en transat, du coup j’étais sa copine et il voulait venir nous apprendre à naviguer au Parasailor le lendemain.
Pour finir, on a enlevé notre flash, qui après renseignements ne peut vraiment pas être confondue avec un signe maritime, pour ne plus être dérangé, mais nous n’étions plus très tranquilles de nuit, jusqu’à ce qu’on ait eu de nouveaux voisins côté chenal. Et lui, n’est jamais repassé pour nous apprendre l’utilisation du Parasailor.
Samedi, jour d’échouages de bateaux
Les chenaux maritimes sont marqués par des bouées rouges et vertes. En Europe et dans le monde elles sont dans un sens, mais sur le continent américain, elles sont dans le sens inverse. En Martinique, elles sont à l’inverse de l’Europe, càd pour entrer dans un port ou chenal, le vert est à bâbord (gauche) et le rouge à tribord (droite).
Quand on sort du port du Marin, le chenal va d’abord tout droit, puis on doit contourner un récif en allant à gauche qui est indiqué par une bouée verte, qui doit rester sur notre côté tribord (droite) vu qu’on sort.
Le samedi, c’est le jour du changement d’équipage des bateaux de charter (location). En France, le permis n’est pas obligatoire, donc certains bateaux se retrouvent avec des capitaines qui n’y connaissent pas grand-chose. Il y en a certainement aussi des capitaines distraits, mais le résultat est pareil, malgré les cartes maritimes (certainement électroniques) qui sont obligatoirement à bord, ils sortent tout droit.
Notre premier samedi au Marin, voilà 2 charters qui s’échouent sur le récif ! Nous étions aux premières loges, car à côté de la dernière bouée verte avant le contour. Le deuxième est resté planté sur le récif plusieurs heures. Eric et Stéph ont appris qu’il avait eu pas mal de casse.
Le samedi d’après, voilà encore un charter sur le récif. Au bout d’une heure, il a pu ressortir, grâce à un autre bateau qui tirait sur une de ses drisses (corde montant tout en haut du mat pour monter une voile) afin de coucher un peu le monocoque pour qu’il puisse se faire tirer en arrière par un autre bateau.
On retrouve MALOYA !
Lors de notre escale à Teneriffe, nous avions fait la connaissance de la famille du bateau MALOYA. Les deux plus grandes filles étaient venues jouer à bord, puis nous avions été invités chez eux. Le jour du départ du rallye, alors qu’on montait notre grand-voile dans l’avant-port, c’est Hervé de MALOYA qui était venu en annexe nous dire au revoir, ce qui avait comblé mon émotion.
Nous avions gardé quelques contacts et voilà que quelques jours après notre arrivée au Marin, nous recevons un mail où ils disent être arrivés au Marin et demandent où nous sommes. Nous étions en ballade au port, nous avons fait le tour des pontons, les enfants cherchant le « bateau aux petites mains ». En revenant vers notre bateau on voit MALOYA à une bouée, juste en diagonale à 300m de nous ! Les loulous ont voulu aller contrôler si leurs petites mains étaient toujours encore collées sur la coque. Car les visites de MALOYA dessinent une de leur main sur un autocollant bleu qu’ils découpent, la signent et la collent sur la coque.
Depuis que nous nous sommes retrouvés, presque chaque soir, nous nous retrouvions sur la place du port, nos enfants en trottinette avec leur cadette, leur deux grandes en roller, et les parents à chatter. Ensuite, nous nous rendions aux sanitaires. Vous ne pouvez pas imaginer quel luxe il nous a été de pouvoir profiter des douches pendant 2-3 semaines. De pouvoir laisser couler l’eau chaude sur la tête. C’était un régal pour chacun d’entre nous.
Nous avons également partagé quelques repas et beaucoup de bons moments ensemble. Nos 6 loulous s’accordent parfaitement. Que ce soit 3 groupes de 2 (selon l’âge) ou tous les 6 ! Régulièrement, alors que les 4 grands avaient école, les 2 petits jouaient ensemble sur l’un ou l’autre bateau. Ca arrangeait tout le monde, car il est pénible pour les petits de ne pas déranger les grands quand ils ont école.
Chacco de GRAN LARGO est enfin arrivé
Depuis les temps que les loulous attendent leur copain préféré, un gros berger allemand répondant au nom de Chacco, le grand jour est enfin arrivé ! Mais nous sommes toujours encore bloqués au Marin et eux sont à Sainte-Anne, jolie baie juste à l’avant du Marin.
Parfois ils passent nous faire coucou lors de leurs passages au Marin et nous faisons pareil quand nous nous rendons à Sainte-Anne. Un dimanche, nous sommes allés nous promener ensemble sur les hauteurs du Marin et avons fini la soirée devant une fondue au fromage chez nous.
Patrice et moi discutons beaucoup de météo cyclonique. Je regrettais n’avoir pas suivi cette météo l’an dernier afin d’apprendre à prévoir les cyclones et tempêtes tropicales (les prévisions cycloniques ne sont pas toujours fiables, il faut savoir se renseigner aux bons endroits). Il y a quelques semaines, Patrice s’est mis à me donner des « cours » par mail. Ce fut super intéressant et il a une manière d’expliquer qui rend le tout facile à comprendre.
Véronique et moi discutons beaucoup de couture, nous sommes toutes deux dans plein de projets de couture. Quant à Stéphane et Patrice, eux c’est la mécanique, gréement etc… Et comme c’est le cas entre plaisanciers, on se refile plein de tuyaux !
Tout ça pour dire, qu’on adore les moments que nous partageons avec nos nouveaux amis.
Le long cas de garantie de notre annexe
Notre annexe, une Highfield UL 340, que nous avions achetée neuve en France, a commencé à avoir des fissures dans le sol en aluminium, avec voie d’eau, quand nous étions en Guadeloupe. Le représentant le plus proche était au Marin, nous avions donc prévu nous y rendre pour réparation lors de notre retour. Entre-temps, il y a eu de plus en plus de fissures et de plus en plus d’eau qui y entrait. On a fini par remplir bien 3 litres en ½ heure sans charge ! On ne pouvait plus parler de réparation, mais d’échange, car fissures trop près des boudins et trop nombreuses.
Dès notre arrivée, nous nous rendons chez le représentant (17.05.18), qui franchement n’avait pas trop envie de s’occuper de notre cas. D’abord il demande si nous ne voulions pas retourner chez notre vendeur, ensuite il nous informe qu’à Grenade il y a aussi un représentant Highfield. Puis les questions de puissance du moteur, non, nous avons moins de puissance qu’autorisé pour ce modèle. Il a demandé à ce que nous contactions notre vendeur afin qu’il ouvre un dossier SAV. Stéphane a presque dû obliger le représentant de venir au moins faire quelques photos et le prier de les envoyer chez Highfield.
Nous avons contacté Canet Boat Plaisance (notre vendeur) par mail, puis sans réponse nous avons appelé le lundi. Le décalage horaire n’aidant pas, nous avons perdu plusieurs jours afin d’avoir des nouvelles qu’un dossier a été ouvert chez Highfield France.
Entre-temps, nous avons vu plein d’autres annexes ayant le même problème. Le sol alu de la version UL (ultra léger) est bien trop fin pour la longueur de l’annexe et avec les torsions, les soudures se fissurent. Pour nous c’est clair, on veut l’autre modèle, celui à double fond. Nous utilisons notre annexe presque quotidiennement depuis notre arrivée aux Caraïbes fin janvier, 4 mois plus tard, elle prend beaucoup d’eau. En reprenant un même modèle, on en sera au même point dans 4 mois. Quand on pense que ce modèle est certifié pour transporter 660kg et naviguer sur des vagues de 2m ! Nous n’avons jamais transporté tant de poids, ni navigué avec dans de si grosses vagues.
Le 28 mai, nous avions l’information qu’Highfield France nous échangeait l’annexe et si nous voulions changer de modèle, nous n’avions qu’à payer la différence de prix. Le représentant, lui n’était pas du même avis et voulait plus d’argent. Selon lui, en tant que représentant il doit nous échanger ce modèle, mais comme il n’a pas le même en stock, c’était à nous de chercher un autre représentant qui aurait ce modèle en stock, que son travail s’arrêtait là.
Il n’avait pas le modèle double-fond que nous voulions en 3.4 mètres en stock, mais en 3.6 mètres. Nous avons mesuré, ça passerait entre les coques, on prend ce modèle ! Mais impossible de s’entendre sur un prix, car le représentant se dit lésé, car ce n’est pas lui qui nous a vendu le vieux, son container en France est en partance, donc impossible d’y rajouter quelque chose et que le prochain container serait prévu pour le printemps prochain !
On recontacte Canet Boat Service, qui contacte Highfield France qui fait pression sur le représentant. Caraïbe Marine est enfin OK de nous faire payer la différence, mais la différence du prix catalogue, alors qu’ils proposent exactement ce modèle avec 15% de remise de fin de saison ! On paye et rdv est pris le lendemain pour la livraison.
Lors de la livraison, voilà le représentant qui vient informer Stéphane qu’en déballant l’annexe, un employé a mis un coup de cutter de 3cm dans un boudin. C’était le dernier de ce modèle en stock. Ils vont la faire réparer, et il nous laisse le choix, soit on la prend, soit il nous rembourse la différence payée et on doit aller ailleurs se faire échanger notre annexe.
Nous savions par d’autres plaisanciers dans le même cas, qui ont dû faire valoir leur garantie chez un représentant qui ne dépendait pas du même fournisseur, qu’ils ont eu 5 mois de problèmes avant de recevoir la nouvelle, sans parler des taxes ! Le seul représentant de Highfield France par ici c’est Caraïbe Marine, nous n’avions donc pas vraiment le choix. Mais la coupure est sur le dessous, à un endroit qui est toujours à l’eau.
C’est ce jour qu’Eric, notre gréeur, est de passage et on lui raconte l’histoire. Il connait le patron de Caraïbe Marine et l’appelle, il nous demande de lui envoyer un mail, ce qu’on a fait le soir-même. Le lendemain un employé puis une secrétaire nous appelle, mais nous n’avons toujours pas de nouvelles du patron quant à la garantie des travaux. Car si problème il y a, nous n’allons pas pouvoir repasser par la Martinique. C’est une semaine plus tard que nous recevons notre nouvelle annexe réparée ainsi que les 15% de remise avant-saison que le patron nous a accordée. Nous avons payé le même prix qu’un autre qui aurait acheté une annexe neuve pour avoir une réparée, mais au moins, on a une annexe qui prend plus l’eau et nous pouvons enfin quitter le Marin.
Merci à Canet Boat Plaisance (Canet-en-Roussillon) pour leur soutient, ils ont été formidables !
Les « pot-luck » ou BBQ des plaisanciers
En février nous avions assisté à un BBQ des plaisanciers sur l’une des plages de Sainte-Anne. On nous avait dit qu’il y en avait un chaque vendredi 12h30. Arrivés un jeudi, le lendemain nous nous y rendions et il n’y avait personne. C’est après que nous avons appris qu’en fait, 3 fois par semaine, il y avait des infos pour plaisanciers sur un canal de la VHF où chacun informe des activités sociales qu’ils organisent. Et au bout de 2 semaines, on entend OUT OF AFRICA annoncer le BBQ !
Nous avons assisté à 3 BBQ, retrouvé des gens connus en février, connus de nouvelles personnes. Chaque fois il y a plusieurs familles et donc plein d’enfants. Parfois, les enfants font groupe selon la langue, mais quand ils ne sont pas trop nombreux, ils jouent tous ensemble. J’ai eu très plaisir d’arriver à la plage et de voir Cyliane perchée sur les épaules d’une ado en train de jouer une bataille contre 2 autres enfants perchés eux aussi sur des plus grands. Tous parlaient l’anglais, sauf Cyliane ! Alors que c’est elle, qui est le plus réticente à apprendre cette langue. En fait elle se gêne de parler faux.
Quant à Elina, je m’étonne de son niveau d’anglais. Elle se débrouille très bien ! Elle est très motivée, a lu un petit livre en anglais, elle écoute les livres audios Harry Potter en anglais (après avoir lu 5 ou 6 fois les livres), regarde des films en anglais… A ces BBQ, je la vois papoter à l’aise en anglais avec d’autres enfants ou des adultes. Quant à Timeo, lui, il a l’accent. Il comprend casi rien mais répond toujours « yes » !
Ces rencontres entre plaisanciers c’est très important pour nous et pour les enfants. Nous avons un mode de vie « à part » et c’est toujours bien de rencontrer d’autres personnes dans le même cas. Surtout pour les enfants. Etonnamment, nous sommes beaucoup de familles en route ! On en croise de plus en plus et nous sommes dans 2 groupes Facebook pour familles à bord. Ainsi on peut se retrouver ou on reconnaît des noms de bateaux et savons qu’il s’agit d’un « kid-boat ».
Pour les navigateurs que ça intéresserait, voilà les groupes Facebook que j’ai trouvés:
Martinique Cruisers Informations
Grenada Cruisers Informations
Grenada Cruisers Kids 2018
Kids4Sail
Pour la météo
Mike’s Weather Page
Météo Tropicale
L’anniversaire d’Elina
Manque de pot, nous étions encore bloqués au Marin. Ca stressait un peu Stéphane, qui n’y pouvait rien le pauvre. Mais il y avait un avantage de se trouver là, l’avantage de connaître du monde.
MALOYA prévoyait de partir au nord, mais Inaya, leur ainée, ne voulait pas partir avant l’anniversaire d’Elina, qui était un lundi. J’ai proposé de fêter le dimanche, comme ça MALOYA gagnaient un jour et ça ferait moins de stress pour Stéphane qui courait les shipchandlers et pour la garantie de l’annexe.
Nous avons pris gâteau, boissons et nos affaires de plage et sommes allés à la plage de Sainte-Anne pour y passer un chouette après-midi. Véro & Patrice de GRAN LARGO nous y ont rejoints avec Chacco, mais les plages sont interdites aux chiens et la plupart des Martiniquais détestant les chiens, il n’a fallu que quelques minutes pour qu’un garde vienne les faire partir. Ils sont revenus un peu plus tard sans Chacco.
Après ça, nous nous sommes rendus de l’autre côté de la plage, OUT OF AFRICA organisait un pot dans l’eau. FALKOR, une famille canado-allemande que nous avions connus en février à Sainte-Anne puis croisé à divers endroits nous y a rejoints.
Le soir, après la bonne douche, MALOYA est venu manger au bateau avant de partir le lendemain.
Le jour même de l’anniversaire, c’était école et un jour ordinaire. J’ai fait des crêpes pendant plus de ¾ d’heure pour le souper (l’avantage de la chaleur ici, ça ne refroidit pas vraiment), en grande quantité pensant avoir des restes pour le lendemain matin. Il n’en a rien été. Par contre on s’est tant goinfré de crêpes qu’on avait plus de place pour le gâteau qui a dû attendre le lendemain.
Mon anniversaire
4 jours après Elina c’est mon tour, et ça tombait sur un jour de BBQ des plaisanciers et le jour où nous pouvions partir du Marin !
En fait, nous avions reçu l’annexe le jour d’avant, mais on devait encore organiser de nouveaux tuyaux d’essence pour la nouvelle annexe (car le réservoir est à l’avant), faire le plein de l’annexe, faire la clearance (douane de sortie de Martinique) etc… On n’a pas voulu stresser et nous sommes sortis le vendredi matin après avoir tout réglé.
Nous avons ancré à Sainte-Anne, tout près de GRAN LARGO et sommes partis au BBQ. Stéphane avait organisé un fût de 5 litres de bière, car je n’avais pas envie de refaire un gâteau. Les gens ont bien apprécié et on est rentré avec le fût vide!
Le soir, nous sommes allés manger dans un resto local avec nos amis de GRAN LARGO. C’était soirée karaoké, c’était super sympa et très bon.