J’ai égaré les papiers du bateau

Après un mois sans bouger, à faire plein de réparations et de couture, je ne vous dit pas l’état du bateau. Je voulais avoir le bateau en ordre pour prendre la mer et partir dans les Grenadines. Affairés à faire du rangement, nous n’étions toujours pas prêts au départ peu avant midi. Je propose à Stéphane de repousser le départ de 24 heures, vu que j’avais fait la clearance (douane) avec la date du samedi, nous pouvions rester encore un jour de plus (on dispose de 24 heures). Stéphane était d’accord de suite, sachant qu’on devait compter 6 heures de navigation jusqu'à la prochaine escale.

Le soir, je me rends compte que la sacoche contenant tous les papiers officiels du bateau et les passeports est manquante. Ce sont les documents que j’ai pris pour la clearance et après on s’est rendus dans un shipchandler (magasin d’accastillage de bateau) et je l’ai posé pour prendre des choses et j’ai certainement dû l’oublier là-bas. Nous avons passé une très mauvaise nuit à nous faire beaucoup de soucis, car ce ne serait pas facile de faire remplacer tous ces documents.

C’est là que nous réalisons également qu’en étant partis le samedi comme prévu, nous nous serions rendus compte de ce manque seulement le lundi à Saint-Vincent lorsqu’on aurait voulu aller faire la clearance ! On aurait pu refaire 16 heures de navigation retour !

Le dimanche matin, Stéphane ne tenant plus, a sauté dans l’annexe et est parti voir au Shipchandler. Il a vu le sac par la vitrine ! La nuit suivante, nous avons pu dormir sur nos deux oreilles. Le lundi matin, Stéphane était devant la porte avant l’heure d’ouverture et est revenu au bateau avec tous nos documents.

Du coup, on va commander un sac à dos étanche pour ces documents. Car au dos, le sac nous laisse les mains vides quand on fait des choses, contrairement à ce sac en bandoulière qui m’a toujours dérangé.


Martinique – Sainte-Lucie

Papiers à bords, nous levons l’ancre et quittons nos amis GRAN LARGO, direction Sainte-Lucie, où nous ancrerons pour une nuit d’escale.

Le passage entre les deux îles se passe bien, les vagues ne sont pas désagréables, vent force 5, nous avançons bien. Quand on navigue avec la nature, ça va beaucoup mieux. Notre passage dans le sens inverse n’était pas pareil, ayant des gens à bord qui repartaient de Martinique, une fenêtre météo défavorable se mettant en place pour un certain nombre de temps et notre départ retardé par les autorités douanières, nous avions tout contre nous, vent et vagues. Ce n’était pas agréable ni pour les gens, ni pour le matériel (dont le bateau) qui souffre. Donc là, que du bonheur, une traversée comme je les aime !

Du coup, on ne peut pas vraiment tester nos nouveaux cagnards (bâches de côté pour protéger les projections des vagues). On ne s’en plaint pas !

Peu après notre passage au large de Rodney Bay, je vois PARTY OF FIVE (une famille canadienne connus au BBQ) sur l’AIS et selon leur tracé, on se rend au même endroit ! Stéphane les appelle par VHF et ils prévoient se faire un pot ensemble le soir.

Nous ancrons à l’arrière d’eux et au moment d’ancrer, voilà ROAM (famille australienne connus au BBQ) qui arrive à côté de nous.

Nous avons passé un chouette moment ensemble, 6 adultes, 9 enfants sur OLENA. C’est après leur départ que je vois une jolie photo sur Facebook de nos bateaux avec le coucher de soleil. Le bateau à l’avant de PARTY OF FIVE était CLARITY, une autre famille connue au BBQ ! Dommage, si j’avais su, on leur aurait dit de venir aussi !

Les 3 bateaux avaient prévu du rester une nuit de plus à Marigot, de se mettre à une bouée du port afin de pouvoir profiter de la piscine de l’hôtel. L’idée était alléchante, mais pour cela, nous aurions dû faire la clearance et payer les frais qui vont avec. Nous n’avons pas changé notre projet, malgré que Travis (PARTY OF FIVE) nous ait annoncé du contre-courant.


Sainte-Lucie – Saint-Vincent

C’est à peine le soleil levé que nous levons l’ancre, une longue route nous attend. Nous longeons le bord de l’île jusqu’à Soufrière sous moteur, car l’île nous prenait le vent. Puis nous quittons l’île pour une nouvelle traversée. Niveau vagues et vent, ce fut un bonheur ! Encore plus agréable que le jour d’avant. Par contre Travis avait raison, nous luttons contre 2 nœuds de contre-courant. Au début, impossible d’avancer qu’à la voile. Au milieu du chenal, le vent a fraîchi et les voiles suffisent, mais nous continuons d’être freinés de 2 nœuds.

Puis je vois un avion qui passe très près de l’eau à côté d’un bateau qui nous croise au loin, avant de faire demi-tour et de venir tourner autour de nous, tout près, à la hauteur de notre mât. Cette fois-ci, nous n’avons pas sursauté comme c’était le cas lors de notre passage Antigua-Guadeloupe, car nous l’avions vu arriver. Mais c’est quand même impressionnant d’avoir un avion qui nous rase en tournant autour. On voyait le pilote ainsi que le passager qui nous regardaient. C’était un avion français, sachant que c’est eux qui gèrent le CROSS (les relais VHF pour les aides en mer) de toutes les Antilles, nous supposons que c’était un contrôle.

Arrivés sous le vent de Saint-Vincent, voilà une mer d’huile ! Pas un pet de vent. Nous longeons l’île au moteur jusqu’au sud, où nous avions décidé de faire escale.


Saint-Vincent

Nous avions d’abord décidé de ne pas y faire d’escale, car dernièrement il y a eu plusieurs vols de nuit sur les bateaux lorsque les gens dormaient. Nous savons que nous ne sommes jamais à l’abri de ce genre de vol, mais nous ne voulions pas non plus nous rendre à un endroit où c’est d’actualité. 

C’est fort dommage, car il parait que l’île est magnifique ! Mais comme le dit un ami plaisancier « on ne peut pas embrasser toutes les filles ! »

GRAN LARGO nous a informé qu’à Calliaqua, c’était le centre des gardes-côtes du pays, donc un endroit où ce genre de vols ne devrait pas avoir lieu. Nous nous y rendons et posons l’ancre selon leur recommandation, devant le Blue Lagoon.

Le lendemain nous faisons la clearance d’entrée avant d’aller nous balader un peu. Nous sommes à nouveau en pays anglophone roulant à gauche. Quant aux magasins, c’est à nouveau super cher.

Puis nous nous rendons sur le rocher du Fort Duvernette. C’est un rocher, non loin d’une île privée (hôtel) dans la baie de Calliaqua, qui ressemble beaucoup au Rocher du Diamant en plus petit. Nous amarrons à la plate-forme, discutons avec les pêcheurs locaux en train de préparer leur sortie en mer puis faisons ascension des 255 marches qui montent jusqu’au sommet. La vue là-haut fut superbe, il y avait des canons et une grande table de pique-nique sous un toit. Si j’avais su, j’aurais pris à manger !


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