Je voulais faire un petit saut à Fort-de-France avant de rejoindre Le Marin, où de tas de réparations nous y attendent. Stéphane, en apprenant qu’un shipchandler y était 20 pourcent moins cher qu’au Marin, était de suite d’accord.
Arrivés le soir de la
fête des mères, nous sommes restés en ville pour se manger un petit quelque
chose. Les enfants passant devant le Mac Donald savaient déjà ce qu’ils
voulaient. On est allés plus loin et avons trouvé de la concurrence, BKB. Nous
ne connaissions pas, et ce fut une super bonne surprise. Les burgers y étaient
plus grands et excellents, la viande très bonne et bien épaisse. Et les frites
à la patate douce, un délice !
Nous avons enfin pu
ressortir nos trottinettes, qui n’avaient plus vu le jour depuis
Tenerife ! Elles ont un peu rouillé, mais sont fonctionnelles. Alors que
Stéph faisait les magasins de bateaux, les enfants et moi avons passé
l’après-midi à la bibliothèque. Nous adorons cet endroit. Le bâtiment est
superbe (construit par G. Eiffel), et l’espace jeunesse est sympa. J’ai lu
plein de livres aux petits pendant qu’Elina lisait à gauche et à droite,
magazines, livres et fouillait dans les Harry Potter et autres livres.
Nous avons aussi enfin
trouvé un magasin de tissus ! Depuis la France, je n’en avais pas trouvé.
On trouve des tissus aux couleurs des Antilles, mais moi je cherchais des
couleurs unies pour faire les pavillons de courtoisie. C’est les drapeaux du
pays dans lequel nous nous trouvons que nous devons monter au mat. Nous en
avons déjà pas mal reçu de la marraine d’OLENA, qui a voyagé autour du monde à
bord de MABUHAY, mais on visitera des pays qu’ils n’auront pas forcément visités.
Certains de ces pavillons sont assez cher, par exemple celui de la Barbade,
c’était 30€ ! Ça fait une occupation sympa à faire avec les enfants, cours
de couture ! Par contre, je n’ai pas trouvé d’autres tissus que j’aurais
bien pu utiliser pour protéger notre canapé en cuir.
Le gréeur qui était
passé faire des corrections sur le bateau de nos amis SINA est passé contrôler
notre gréement. Tout est OK, rien n’a bougé. Par contre on a du travail, il a
vu plein de choses à faire, dont des travaux pas agréable, comme le remplacement
des billes des chariots de la grand-voile. Lui a compris pourquoi les cordes de
nos ris se cassent, vu comment c’est fait, ça ne peut que se casser. Il nous a
expliqué comment remédier au problème, c’est pas si facile d’utilisation !
On a du boulot sur la planche en plus de tout ce qu’on avait déjà. Mais c’est
important de faire ces choses avant de passer dans le Pacifique, car là-bas, ce
sera encore pire pour trouver le matériel nécessaire.
Martinique, Fort-de-France
– Le Marin
Nous
quittons Fort-de-France dans l’après-midi avec l’idée d’aller passer la nuit
dans une des Anses (baies). Nous sommes allés voir l’Anse Noire et l’Anse
Dufour, deux baies l’une à côté de l’autre. L’une avec une plage de sable noir,
l’autre de sable beige. Il n’y avait pas beaucoup de bateaux à l’ancre là-bas,
mais ils étaient placés de sorte, qu’on pouvait mal aller ancrer à moins
d’aller où c’est plus profond. Mais plus c’est profond, plus on doit mettre de
chaîne (3-5x la profondeur, notre ancre est fiable avec 5x la profondeur) et de
ce fait, notre rayon quand le bateau tourne est plus grand. Ces endroits sont
connus pour avoir des vents tournants dans tous les sens, il aurait été
possible qu’avec tant de chaîne, qu’on touche un autre bateau ou un rocher.
Nous sommes repartis.
Nous avons
fini par ancrer à la petite Anse d’Arlet. Un bateau ancré près de la plage
était en train de partir à notre arrivée, nous avons attendu et pris leur
place. Nous étions bien placés, nous pouvions nager à la plage et vers les
cailloux pour faire du snorkeling avec les enfants. Cyliane faisant un peu de
snorkeling autour du bateau, remonte à bord et me raconte « j’ai vu une
raie avec une sale gueule, je suis ressortie ». Peu après, nous sommes
tous partis et nous avons vu la fameuse raie, c’était une petite raie
torpille !
C’était un endroit bien sympa. Un nageur est venu nous faire coucou, c’était un
Martiniquais habitant à Genève depuis son enfance qui était là en
vacances !
C’est après
l’école et une bonne baignade que nous avons levé l’ancre, pour nous rendre au
moteur à cause du contre-vent, au Marin. Nous avons passé entre le rocher du
Diamant et la Martinique. C’est sympa d’avoir vu ce rocher sous tous ses
angles. Mais ça porte aussi à se poser des questions du pourquoi les français
et les anglais se sont battus pour ce rocher, et comment les anglais ont pu y
monter des canons ! Aucun moyen d’accoster, pour y grimper c’est de
l’escalade !
L’eau si chère
La
consommation d’eau est un grand sujet sur les bateaux de plaisanciers. En
Europe, vu qu’on est beaucoup dans les ports où l’eau coule à flots, un peu
moins. Mais ici, on évite les ports au maximum pour des questions de budget, et
franchement, c’est bien plus sympa de pouvoir se baigner autour de son bateau
quand on est ancré dans une belle baie, et de voir les tortues alors qu’on est
en train de déjeuner. Quant aux ports, faut les chercher, car aux Caraïbes, il
n’y en a pas beaucoup et ils sont souvent pleins.
Nous avions
remarqué que notre consommation doublait dès que nous avions 2 personnes en
visite à bord. Nous consommions donc à 5 ce que consomment 2 personnes pas
habituées à économiser l’eau, ce qui nous faisait penser que nous gérions bien
notre consommation d’eau. Mais depuis notre transat, la quasi-totalité de notre
eau provenait de notre dessalinateur, ce qui lui fait beaucoup d’heures !
Notre
dessalinateur est une machine, qui demande de l’entretien, et surtout, un
changement de filtres régulièrement. Toutes les 40 heures, nous en avons pour 65€
de filtres (2 pré-filtres + 1 filtre charbon actif). Ces prix sont le coût des
filtres en Europe, mais il ne faut pas oublier que le réapprovisionnement de
ces filtres n’est pas toujours si facile que ça. Nous ne sommes plus en Europe,
tout est plus difficile et plus cher à trouver.
Le dessal
est une machine électrique, pour la faire fonctionner, il nous faut faire
tourner la génératrice. La génératrice est un moteur qui utilise du diesel et
qui nécessite des services et un entretien, tout comme un moteur de voiture.
Donc un certain coût également.
Notre
dessal a un débit d’environ 120 litres par heure. C’est pas mal pour un dessal,
mais quand on remplit nos bouteilles de boisson, il faut de la patience, le
débit est lent ! Il faut environ 4 minutes pour remplir une de nos
bouteilles de 8 litres ! Rien à avoir avec les robinets de la maison, ni
avec nos robinets sur le bateau. On peut vider bien plus vite qu’on peut
remplir.
Nous avons
fait le calcul du coût de l’eau et avons été surpris du prix obtenu. Le mètre
cube qui coûte 5€ en Suisse nous coûte 180€ ! Ou 18€ les 100 litres
d’eau !
Nous avons
commencé à avoir l’œil ouvert quand on trouve de l’eau pour pas cher, ainsi
nous avons acheté 300 litres d’eau aux Saintes pour le prix de 3€, et pris 300
litres à St. Pierre au seul prix du transport de nos bouteilles et l’aller-et-venue
avec notre dinghy. Depuis l’installation des rebords sur notre toit, nous
récupérons également une partie de l’eau de pluie.
Malheureusement,
nous pouvons remplir qu’un seul de nos réservoirs avec ces eaux. Le 2ème
peut contenir uniquement l’eau de notre dessal, car on doit le rincer avec sa
propre eau, et s’il y a du chlore ou autre produit chimique dedans, ça casse
les membranes.
Nous avons
commencé à suivre l’exemple des autres plaisanciers qui lavent leur vaisselle à
l’eau de mer. Nous avions avant ça, essayé à l’eau froide pour économiser du
gaz (car nous avons de l’eau chaude qu’après avoir navigué au moteur ou fait
tourner la génératrice), mais ça nettoyait pas le gras. Par contre, avec l’eau
de mer froide, ça fonctionne ! Il suffit en plus d’un peu d’eau douce pour
bien rincer le tout.
Nous avons
investi à Fort-de-France dans une pompe à pied pour l’eau de mer à la cuisine.
Plusieurs plaisanciers nous ont dit utiliser la moitié moins d’eau depuis son
installation. Nous n’en avions pas encore installée, car nos amis de MABUHAY
nous avaient dit que si on ne l’utilise pas quotidiennement, ça pue !
Stéphane
l’a montée le soir même et le lendemain, elle était fonctionnelle. Depuis, on
peut utiliser cette eau sans modération, c’est bien pratique pour rincer la
vaisselle, nettoyer quelque chose, se laver les mains… Ça a l’air de rien, mais
ça nous change la vie ! Plus de sceaux d’eau de mer dégoulinants à ramener
à l’intérieur pour remplir le lavabo, plus de mauvaise conscience quand on
utilise de l’eau douce alors que l’eau salée irait aussi mais qu’on a la flemme
d’aller chercher de l’eau à l’arrière du bateau…