Il y a plusieurs centres de plongée le long du port, de notre côté de la rive. On tente notre chance.
Stéphane contacte le plus proche. Il tombe sur une personne qui n’arrive pas à nous donner les prix ni les informations souhaitées. Il nous renvoie sur leur site, où il faut commander les plongées en ligne pour avoir plus d’informations. Après coup, on apprendra qu’on a dû tomber sur le nouveau propriétaire, qui n’est pas encore au courant de tout.
Et comme le hasard fait bien les choses, c’est à cause de ce manque d’informations qu’on se rend au club « Réunion Formation Plongée ». Il est à peine un peu plus loin, facilement accessible à pied depuis le bateau.
C’est un club, pas un centre
À peine arrivés pour notre première plongée, on se rend tout de suite compte de la différence : ici, l’ambiance est celle d’un club, pas d’un centre qui enchaîne les touristes.
L’ambiance est différente, plus amicale. Dans les centres de plongée, les clients changent tout le temps et beaucoup sont de passage. Ici, c’est plutôt des locaux qui se connaissent, des amis qui se donnent rendez-vous pour aller plonger.
Le club est ouvert aux plongeurs de passage qui veulent bien se joindre à eux. Nous sommes accueillis chaleureusement.
Après leur avoir montré nos certifications CMAS et Tech 50 pour Jost, tout est bon pour nous joindre à eux pour la plongée profonde prévue aujourd’hui.
Après avoir capelé nos bouteilles, c’est à nous d’amener le matériel, bouteille comprise, sur le bateau de plongée.
Plongées à décompression
Quelques infos, sans vouloir donner un cours de plongée : les formations de plongée loisir, comme PADI ou SSI, permettent généralement de rester dans les limites des plongées sans décompression obligatoire. Le fameux palier de sécurité qu’on fait en fin de plongée n’est donc pas la même chose qu’un palier de décompression. Le premier est une précaution supplémentaire, le second est un arrêt obligatoire.
Avec la plongée technique, on va plus loin, avec des profondeurs et des temps d’immersion qui peuvent imposer des paliers obligatoires. Stéphane et moi avons des brevets nous limitant à 60 mètres, Jost à 50.
Avec la profondeur, mais aussi en restant suffisamment longtemps même à des profondeurs moindres, on peut entrer dans les paliers obligatoires. On ne peut alors plus remonter directement en surface : il faut faire des arrêts à certaines profondeurs afin de laisser le temps au corps d’éliminer l’azote dissous dans les tissus.
Le club fait les paliers de décompression avec un mélange enrichi en oxygène, ce qui permet d’accélérer l’élimination des gaz et donc de réduire la durée des paliers. Certains plongent avec une bouteille de décompression supplémentaire, d’autres utilisent une bouteille pendue sous le bateau, avec plein de détendeurs branchés dessus.
Seulement, Stéphane et moi n’avons pas d’ordinateur de plongée permettant de programmer un changement de gaz en cours de plongée. Nous ferons donc nos paliers à l’air, comme nous l’avons toujours fait auparavant.
On part faire des bulles
Jean-Patrice, un jeune plongeur qui va commencer sa formation de moniteur, est notre guide pour cette première plongée. Le but est aussi de vérifier notre niveau. Nouvellement arrivé à La Réunion, il ne connaît pas encore le site, alors un autre plongeur nous accompagne.
Temps de remontée maximale : 15 minutes ! C’est-à-dire que, depuis le fond, avec tous les paliers obligatoires et le palier de sécurité, nous ne devons pas dépasser les 15 minutes. À nous de remonter si nos calculs commencent à nous annoncer trop de paliers.
Voilà longtemps qu’on n’avait plus fait de plongée à paliers et, en plus, l’eau à 25 °C nous paraît froide. On ne s’est toujours pas habitués !
On se promène par 46 mètres de profondeur. Il y a pas mal de vie, mais ce ne sont pas les coraux des Maldives.
Étonnamment, malgré les dix minutes de paliers obligatoires à rester dans le bleu à attendre, on n’a pas trop froid.
Visite de dauphins pendant les paliers
On retourne le lendemain. Cette fois, on plonge sur le Sea Venture, une épave retournée posée sur un fond de 48 mètres. On ne voit plus que la coque, les hélices étant l’endroit le plus intéressant de l’épave.
Alors qu’on arrive aux premiers paliers à 6 mètres, voici que trois dauphins arrivent ! Ils restent autour de nous.
On voit un peu plus loin plusieurs bateaux entourés de nageurs : ce sont les sorties dauphins. Mais les cétacés ont l’air plus intéressés par nos bulles que par les gens qui barbotent en surface pour les regarder.
Les dix minutes de paliers obligatoires passent très rapidement. Le palier de sécurité est rallongé, car chacun profite au maximum de ce temps pour admirer les dauphins.
La plupart des gens du club sont sur la bouteille sous le bateau, ils sont donc scotchés sur place. Il m’est facile de partir un peu sur le côté pour pouvoir cadrer uniquement les dauphins.
Puis voilà qu’ils passent tout près de moi, si près que j’espère les avoir capturés en entier. Heureusement, mon appareil filme en grand angle !
On est encore là, on revient !
Contrairement à ce qu’on pensait, nous sommes encore là le week-end suivant. C’est avec joie qu’on rejoint le club pour de nouvelles plongées.
À cause de la température de l’eau et de nos combinaisons, que nous trouvons un peu fines pour ces températures – certains du club plongent en shorty et l’un même sans combinaison –, nous prenons part uniquement aux plongées du matin.
Mais dimanche, une sortie avec deux plongées est prévue !
Nous plongeons tous trois le samedi. Le site est intéressant, accessible depuis la terre et peu profond. Nous n’avons aucun palier et faisons une belle plongée d’une heure.
Si on avait su qu’on n’avait aucune limite de temps, on serait bien restés un peu plus longtemps, Jost et moi. Par contre, Stéphane est frigorifié.
Sortie plongées sans Stéphane
Stéphane a mis tant de temps à se réchauffer qu’il passe son tour pour la sortie à deux plongées. Ça ne vaut pas la peine de prendre une place sur le bateau pour n’en faire qu’une. Autant laisser la place aux autres plutôt que de grelotter, mouillé, sur le bateau pendant que les autres font leur seconde plongée.
Il n’est pas le seul à annuler sa place : le bateau sort avec quelques places de libres.
Jost m’a prêté un t-shirt néoprène que j’enfile sous ma combinaison. J’espère que ça m’aidera.
On visite le Hai Siang, une jolie épave posée à 54 mètres. On n’ira pas tout à fait jusqu’au fond à cause de la limitation de Jost. La visibilité est superbe !
Cette fois, je me ramasse un peu plus de paliers et aucun dauphin ne vient nous tenir compagnie.
La seconde plongée est bien moins profonde, sans paliers et très jolie. On voit un coquillage qu’on ne connaissait pas : il s’appelle Ovula ovula. Le coquillage est tout blanc, mais l’animal le recouvre presque entièrement avec son manteau charnu.
Le froid se fait ressentir, mais ça va encore.
Soirées sur OLENA avec le club
Nous invitons les gens du club à venir pour un apéro sur OLENA. On passe une superbe soirée avec les quatre qui se déplacent. Je regrette, personne n’a pensé à prendre de photos.
On réitère une nouvelle soirée. Cette fois, seuls deux du club se déplacent : Solange et Jean-Pat, plus le compagnon de JP. On passe à nouveau une chouette soirée.
Jean-Patrice, ex-mixologue – métier qu’on ne connaissait pas et qui consiste à créer et travailler des cocktails – nous amène des rhums arrangés qu’il vient d’inventer pour l’occasion.
C’est ce genre de soirée où on a envie d’arrêter le temps pour pouvoir rester ensemble encore un peu plus longtemps.







