Comme toujours, un bateau demande beaucoup d’entretien. J’écris sur les gros travaux que nous effectuons, mais pas sur les petits que nous faisons quasiment quotidiennement. Les gens à terre nous imaginent en vacances toute l’année et souvent nous sommes irrités par les petites vannes dans ce sens. C’est une discussion régulière chez les plaisanciers, les questions des connaissances « tu fous quoi toute la journée » etc… On y passe tous.
La réponse
à cette question est « la même chose que vous à la maison ».
Nous avons la lessive, le ménage, les commissions. En plus nous avons 3 enfants
à donner l’école et un bateau à entretenir et souvent des choses à réparer. Si
vous voulez comprendre pourquoi un bateau nécessite énormément plus d’entretien
qu’un autre véhicule, je vous conseille de lire ce que Stéphane a écrit dans
son blog.
Ne comparez
pas des vacances de quelques semaines sur un bateau charter à la vie à bord,
c’est tellement différent. Il nous arrive de vivre quelques jours comme des
charters, càd en vacances. En faisant ça, nous accumulons nos travaux. En charter,
on dépose le bateau à la fin des vacances et voilà !
Comme l’a
écrit Annick, une copine plaisancière, sur sa page Facebook « La vie est
plus simple, mais les tâches quotidiennes sont plus compliquées. Même si nous
avons un décor paradisiaque devant nous quotidiennement, nous ne sommes jamais
en vacances bien longtemps ! ». C’est bien écrit et ça résume tout.
Je
m’imaginais avoir plus de temps pour moi, de pouvoir lire, étudier certaines
langues plus en profondeur… Je n’ai encore jamais eu le temps de sortir mes
bouquins d’école, quant à la lecture, après des mois sans avoir ouvert un
livre, c’est la nuit que je lis.
Par contre,
la qualité de vie est bien meilleure, nous avons plus de temps pour les
enfants, et quand nous croisons des gens intéressent, nous pouvons prendre le
temps d’en passer avec eux. J’ai plus de vie sociale depuis que je vis sur le
bateau que ce que j’avais à la maison ! La vie est différente.
J’ai une
machine à laver à bord. Mais sachant à combien revient l’eau et le courant
utilisé, je m’en sors nettement moins cher à aller à la laverie quand j’en
trouve. Comme j’en profite pour laver tout ce qu’il y a à laver, j’en ai pour
2-4 heures suivant où.
Les achats
sont souvent à faire en gros, car il nous arrive souvent d’être plusieurs jours
d’affilées à des endroits où l’on ne peut pas s’approvisionner car paumés au
milieu d’îles désertes ou à des endroits où il n’y a pas grand-chose à des prix
exorbitants. A chaque fois nous sommes dans de nouveaux magasins, avec de
nouveaux produits, il faut chercher ce qu’on a besoin. Les supermarchés sont
rarement près du dinghy dock, on s’y rend à pied, il faut tout porter ou louer
une voiture ou un taxi. Là aussi, on s’en sort rarement à moins de 2-3 heures
si pas plus. Ensuite faut tout amener sur le bateau, puis conditionner et
ranger les choses. Parfois je rêve de mon étagère à la cave, où il était si
simple d’y empiler mes achats, de mon grand frigo… Sur le bateau, nous avons
peu de place, on empile tout, dessus, devant, à divers endroits. On a
l’impression de jouer au Tetris. On tient des listes pour savoir ce qu’il y a,
car on se voit mal tout sortir pour voir ce qu’il reste ou ce qu’on voudrait
cuisiner.
La farine
et autres choses dans des emballages carton ou papier, on doit les
reconditionner dans des boîtes étanches. Si on ne le fait pas, l’humidité aura
vite détruit la nourriture. Les paquets comme les pâtes, le riz etc… on les
emballe dans un sachet zip, pour éviter la contamination des autres aliments
dans le cas où l’un aurait des petites bêtes. Ça arrive malheureusement qu’on
n’ait pas vu de petits œufs de cafards ou autres. Pour l’instant – touchons du
bois – ça ne nous est pas encore arrivé. Mais j’ai souvent vu des gros cafards
se promenant dans des beaux magasins bien propres, même des chaînes françaises
bien connues. On est dans les tropiques, c’est normal, ça n’a rien à avoir avec
la propreté.
Les légumes
ne se conservent plus aussi bien qu’en Europe. Notre filet à légumes ne sert
plus qu’aux oignons et aux agrumes. Le reste pourrit très rapidement, malgré
qu’on est en hiver et que la nuit les températures peuvent tomber jusqu’à 16°.
Nous avons converti notre congélateur en réfrigérateur avant le départ. En plus
du chocolat et autres aliments, nous y entassons nos légumes. Il se remplit
depuis le haut, souvent, il faut quasiment tout sortir pour prendre ce qu’il y
a au-dessous et tout remettre.
L’entretien
du bateau, en plus de la mécanique et réparations, c’est aussi de chercher les
pièces et outils qu’il nous faut. C’est bien connu, on a plein de pièces de
rechange mais c’est toujours ce qu’on n’a pas qui est à remplacer. Puis il faut
aussi remplacer ce qu’on a utilisé ! Stéphane passe des jours entiers à
parcourir les îles, à pied, en bus et en taxi parfois, pour se rendre d’un
endroit à un autre, suivre les conseils des gens sur l’endroit où trouver les
choses et revenir le soir bredouille.
